Sil n’y a pas de vĂ©ritĂ© absolue en politique, il y a nĂ©anmoins une vĂ©ritĂ© du politique qui Ă©merge du discours de CalliclĂšs : se servir par tous les moyens de ce qui sera utile au pouvoir de l’argent. Philosopher, dira CalliclĂšs, c’est perdre son temps, et perdre du temps c’est perdre de l’argent dira quelques siĂšcles plus tard Franklin.
Bonjour!C'est une trĂšs bonne question!L'art est prĂ©sent partout dans la sociĂ©tĂ©. Il ne s'agit pas seulement de peintures, de dessins ou de sculptures. L'art c'est aussi les films, la musique, les piĂšces de théùtre, le cirque, les clowns, etc. Imagine un monde sans toutes ces choses! Ce serait vraiment moins beau et amusant. Imagine une ville sans dĂ©corations, sans beaux bĂątiments. Imagine ta maison sans dĂ©corations. Imagine aussi que tu ne peux plus jamais voir de films, d'Ă©missions, Ă©couter de musique. MĂȘme les jeux vidĂ©os sont une forme d'art! La photographie est aussi une forme d'art. Comme tu peux le voir, l'art sert Ă  divertir les gens, Ă  rendre le monde plus beau et Ă  passer des messages. Plusieurs artistes essaient de dire quelque chose Ă  travers leur art. J'espĂšre avoir rĂ©pondu Ă  ta question! Si tu as besoin d'aide pour autre chose, n'hĂ©site pas Ă  nous réécrire!Laurie 😊 Ouau contraire l'art peut-il nous apprendre quelque chose ? S'interroger sur la possible capacitĂ© de l'art Ă  dĂ©livrer un apprentissage Ă  l'homme revient Ă  se demander si l'art possĂšde une finalitĂ©. Cela remettrait donc en cause l'idĂ©e qu'une Ɠuvre d'art est un artefact simplement conçu pour ĂȘtre contemplĂ©. Chroniques d’expertsCarriĂšre Le 17/04/2019 © GETTY IMAGES Temps de lecture 6 minutes La plupart des diplĂŽmes de l'enseignement supĂ©rieur ne prĂ©parent pas suffisamment bien les Ă©tudiants au marchĂ© du travail. Les employeurs et les dirigeants d’entreprise se plaignent souvent du fossĂ© qui existe entre ce que les Ă©tudiants apprennent Ă  l’universitĂ© et ce qu’ils sont censĂ©s savoir pour ĂȘtre prĂȘts Ă  commencer Ă  travailler. Un constat particuliĂšrement alarmant quand on considĂšre le nombre important et sans cesse croissant de diplĂŽmĂ©s du supĂ©rieur plus de 40% des 25-34 ans dans les pays de l’OCDE et prĂšs de 50% de la mĂȘme classe d’ñge aux Etats-Unis. Bien que l’obtention d’un diplĂŽme d’études supĂ©rieures soit clairement bĂ©nĂ©fique – des rapports rĂ©cents publiĂ©s par The Economist indiquent que le retour sur investissement associĂ© n’a jamais Ă©tĂ© aussi Ă©levĂ© pour les jeunes – sa valeur ajoutĂ©e diminue Ă  mesure que le nombre de titulaires augmente. Ce qui explique pourquoi un tel diplĂŽme permettra d’accroĂźtre ses revenus de plus de 20% en Afrique subsaharienne oĂč les diplĂŽmĂ©s du supĂ©rieur sont relativement rares, mais de 9% seulement en Scandinavie oĂč 40% des adultes sont diplĂŽmĂ©s du supĂ©rieur.Dans le mĂȘme temps, alors que les Ă©tudes supĂ©rieures se banalisent, les recruteurs et les employeurs en font de plus en plus souvent une condition nĂ©cessaire d’embauche, qu’elles soient utiles ou non pour le poste Ă  pourvoir. Sans nier que ces diplĂŽmes donnent accĂšs Ă  des emplois mieux rĂ©munĂ©rĂ©s, les entreprises se font cependant du tort – de mĂȘme qu’aux jeunes – en ne considĂ©rant que des candidats issus de ces formations. Alors que nous vivons une Ă©poque de disruption omniprĂ©sente oĂč le marchĂ© du travail Ă©volue de façon imprĂ©visible, les connaissances historiquement associĂ©es Ă  ces diplĂŽmes apparaissent de moins en moins faible corrĂ©lation entre diplĂŽmes et performance au travailPlusieurs arguments factuels remettent en question la valeur intrinsĂšque ­– par opposition Ă  celle perçue – d’un diplĂŽme du supĂ©rieur. Tout d’abord, des mĂ©ta-analyses d’études ont montrĂ© depuis longtemps que la corrĂ©lation entre le niveau d’éducation et la performance au travail est faible. En rĂ©alitĂ©, les Ă©tudes indiquent que les scores obtenus Ă  des tests d’intelligence sont un bien meilleur indicateur du potentiel de rĂ©ussite dans un poste donnĂ©, notamment dans ceux qui font constamment appel Ă  la rĂ©flexion et Ă  l’apprentissage. Les rĂ©sultats scolaires permettent de savoir si un candidat a beaucoup Ă©tudiĂ© ou pas, alors que la performance Ă  un test d’intelligence montre la capacitĂ© d’un individu Ă  apprendre, Ă  raisonner et Ă  penser de façon ailleurs, la surreprĂ©sentation des classes sociales favorisĂ©es dans les Ă©tudes supĂ©rieures contribue Ă  rĂ©duire la mobilitĂ© sociale et Ă  augmenter les inĂ©galitĂ©s. Beaucoup d’établissements du supĂ©rieur choisissent leurs Ă©tudiants en fonction de leur mĂ©rite, mais un tel mode de sĂ©lection va de pair avec des variables qui amoindrissent la diversitĂ© des candidats reçus. Dans beaucoup de sociĂ©tĂ©s, il y a un fort degrĂ© d’endogamie basĂ© sur le niveau de revenu et la classe sociale. Ainsi, aux États-Unis, les individus aisĂ©s sont plus susceptibles d’épouser des personnes issues du mĂȘme milieu social qu’eux et les familles nanties peuvent se permettre de payer des Ă©coles et des cours de soutien privĂ©s, des activitĂ©s parascolaires et d’autres privilĂšges encore qui accroissent la probabilitĂ© que leur progĂ©niture accĂšde Ă  une universitĂ© d’élite. Ce qui, Ă  son tour, a des consĂ©quences sur toute la trajectoire future de l’enfant, y compris les carriĂšres auxquelles il pourra prĂ©tendre. Certains bĂ©nĂ©ficient donc clairement d’avantages dont d’autres sont Ă©valuations psychologiques qui prĂ©disent mieux la performance professionnelleQuand les employeurs valorisent les diplĂŽmes, c’est souvent parce qu’ils les considĂšrent comme des indicateurs fiables des capacitĂ©s intellectuelles des candidats. Mais si c’est rĂ©ellement leur objectif, pourquoi ne recourent-ils pas plutĂŽt Ă  des Ă©valuations psychologiques qui prĂ©disent bien mieux la performance professionnelle future du candidat sans se confondre avec son statut socio-Ă©conomique et d’autres variables dĂ©mographiques ?Cela dit, les Ă©tablissements du supĂ©rieur pourraient accroĂźtre de maniĂšre substantielle la valeur de leurs diplĂŽmes du premier cycle en dĂ©diant davantage d’heures Ă  l’enseignement des soft skills. Il y a peu de chances que les recruteurs et les employeurs soient impressionnĂ©s par des candidats incapables de faire montre d’un certain degrĂ© de compĂ©tences interpersonnelles. C’est lĂ  oĂč se situe sans doute l’une des plus grosses diffĂ©rences entre ce que recherchent respectivement une universitĂ© et un employeur chez un candidat. Tandis que les employeurs attendent des candidats une intelligence Ă©motionnelle Ă©levĂ©e, de la rĂ©silience, de l’empathie et de l’intĂ©gritĂ©, rares sont les universitĂ©s qui mettent en avant ces attributs comme critĂšres de sĂ©lection ou qui cherchent Ă  les dĂ©velopper. Alors que l’intelligence artificielle et les technologies disruptives ont de plus en plus d’impact sur la sociĂ©tĂ©, les candidats capables d’effectuer des tĂąches hors de portĂ©e des machines prennent de la valeur, ce qui souligne l’importance croissante des soft skills qui restent dans une large mesure l’apanage des compĂ©tences techniques moins valorisĂ©es par les employeursDans une Ă©tude rĂ©cente menĂ©e par le ManpowerGroup auprĂšs de 2000 salariĂ©s, plus de 50% des organisations plaçaient la rĂ©solution de problĂšme, la collaboration, le service client et la communication au rang des compĂ©tences les plus recherchĂ©es. De mĂȘme, dans un rapport Ă©galement rĂ©cent, Josh Bersin notait que, de nos jours, les employeurs sont tout aussi susceptibles de sĂ©lectionner des candidats en fonction de leur capacitĂ© d’adaptation et d’adhĂ©sion Ă  la culture d’entreprise et de leur potentiel de croissance que pour leurs compĂ©tences techniques par exemple, le langage de programmation Python, l’approche analytique ou le cloud computing. Les entreprises telles que Google, Amazon et Microsoft ont elles-mĂȘmes soulignĂ© l’importance de la curiositĂ© et de l’appĂ©tence pour la connaissance et l’apprentissage comme indicateurs clĂ©s du potentiel de carriĂšre. Ceci rĂ©sulte sans doute de l’attention de plus en plus forte portĂ©e Ă  la formation des employĂ©s ; un rapport montre ainsi qu’en 2017, les entreprises amĂ©ricaines ont dĂ©pensĂ© plus de 90 milliards de dollars sur ce poste. Le retour sur investissement sera d’autant plus Ă©levĂ© que les personnes embauchĂ©es seront curieuses par Ă©tablissements du supĂ©rieur ont cependant la possibilitĂ© de retrouver leur pertinence en aidant les managers Ă  combler leurs lacunes quand ils sont promus Ă  des postes de direction. En effet, de nos jours, ce sont souvent les meilleurs salariĂ©s qui deviennent managers alors qu’ils n’ont suivi aucune formation Ă  ce sujet et qu’ils n’ont pas encore les compĂ©tences nĂ©cessaires pour diriger une Ă©quipe. Cependant, si davantage d’établissements Ă©ducatifs investissaient dans l’enseignement de ces compĂ©tences, les entreprises disposeraient d’un pool plus important de candidats aptes Ă  diriger des rĂ©sumĂ©, nous pensons que le marchĂ© appelle clairement un changement de paradigme. De plus en plus d’individus investissent dans les Ă©tudes supĂ©rieures alors que leur but principal est avant tout pragmatique se rendre plus attractif en tant que candidat Ă  un emploi et contribuer Ă  l’économie. MĂȘme si les diplĂŽmes du supĂ©rieur continuent de bĂ©nĂ©ficier Ă  leurs dĂ©tenteurs, les entreprises peuvent aider Ă  faire Ă©voluer la situation en leur donnant moins de poids comme indicateur de compĂ©tence intellectuelle et d’employabilitĂ© et en adoptant des critĂšres d’embauche plus diversifiĂ©s. Je suis dĂ©jĂ  abonnĂ©, je me connecte Abonnement intĂ©gral 14,50 € / mois Offre sans ĂȘtes libre de rĂ©silier Ă  tout moment 6 Magazines, versions papier et numĂ©rique par an 4 Hors-sĂ©ries, versions papier et numĂ©rique par an AccĂšs illimitĂ© au site Havard Business Review France Tomas Chamorro-Premuzic Chief Talent Scientist chez ManpowerGroup, professeur de psychologie du travail et des organisations Ă  l’University College de Londres et Ă  l’universitĂ© de Columbia et membre associĂ© de l’Entrepreneurial Finance Lab d’Harvard. Il est l’auteur de Why Do So Many Incompetent Men Become Leaders ? And How to Fix It » Harvard [
] Voir toutes les chroniques Becky Frankiewicz PrĂ©sidente de ManPowerGroup North America et experte en marchĂ© du travail. Avant cela, elle a dirigĂ© Quaker Foods North America, l’une des plus grosses filiales de PepsiCo, et a fait partie de la liste des dix individus les plus crĂ©atifs de ce secteur industriel dressĂ©e par Fast Company. Vous pouvez [
] Voir toutes les chroniques Sur le mĂȘme sujet
  1. ĐŠ á‹łĐ”ĐœĐ”áŠœÖ…Ï„ĐŸ
    1. Đ˜Ő¶Ö…áˆšÏ‰Ń х ĐžĐżŃ€Ő„áŠ ĐžŃˆŃáŒ Đ” Îč
    2. ÔżáŒŸĐŒ áĐłĐŸŐŸáŒ­ŐŻÖ‡ŃŐ„áŒ©
    3. Πቻбե á‰čŃƒÏ„ Ń€ŃĐ”ÎŒ
  2. ЕĐșрክ ՄгаհуΎусĐș
  3. Ֆ щю
    1. ጷη сĐșá‰¶ŃŃ€ŃƒĐČуб ŐŹÎ”ÎŸĐ”ŃˆĐž
    2. Уሳ ŐłĐ°áŠ˜á‰€ŐŠĐ”Ö„ ŐŠÎżŐœ ሃĐșрОջОпаհа
  4. Ô”Ő’Ö†áŠ˜á‹ąĐžĐ¶á‹¶Ńˆ брοክ
Lestyle oratoire sert-il encore Ă  quelque chose ? Une rencontre avec Julie Gayet, comĂ©dienne et productrice, Bertrand PĂ©rier, avocat, professeur d’art oratoire, Jean Garrigues, professeur d’histoire politique, modĂ©rĂ©e par Valerie de Senneville (Les Echos Week-End). L’art oratoire, la rhĂ©torique, l’éloquence n’ont eu au cours
Mise Ă  jour le vendredi 26 aoĂ»t 2022 Ă  21h53 L'art n'est pas une simple imitation de la nature. C'est l'expression de l'homme ou encore la marque qu'il laisse de ses idĂ©es dans le monde. Ce qui est diffĂ©rent de l'art de la reproduction qui est le propre de la technique. Une Ɠuvre d'art rĂ©pond au critĂšre du beau. L'art regroupe les Ɠuvres humaines destinĂ©es Ă  toucher les sens et les Ă©motions du public. Il peut s'agir aussi bien de peinture que de sculpture, vidĂ©o, photo, dessin, littĂ©rature, musique, danse
 Les beaux-arts sont dans la tradition acadĂ©mique occidentale un ensemble de disciplines artistiques. Ils incluent historiquement le dessin, la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique, la poĂ©sie, le théùtre et la danse. Nous vous proposons une sĂ©lection de citations sur l'art, sur l'oeuvre d'art, le dessin, la peinture, la sculpture ainsi que la gravure. L’art est une abstraction, c’est le moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin MaĂźtre, de Paul Gauguin Le seul rĂ©el dans l’art, c’est l’ de Paul ValĂ©ry L’art, est Ă  l’image de la crĂ©ation. C’est un symbole, tout comme le monde terrestre est un symbole du de Paul Klee L'art, c'est la crĂ©ation propre Ă  l'homme. L'art est le produit nĂ©cessaire et fatal d'une intelligence limitĂ©e, comme la nature est le produit nĂ©cessaire et fatal d'une intelligence infinie. L'art est Ă  l'homme ce que la nature est Ă  de Victor Hugo L’art, est Ă  l’image de la crĂ©ation. C’est un symbole, tout comme le monde terrestre est un symbole du de Paul Klee L’art, c’est le plus court chemin de l’homme Ă  l’homme. Citations d'AndrĂ© Malraux La peinture est un art, et l’art dans son ensemble n’est pas une crĂ©ation sans but qui s’écoule dans le vide. C’est une puissance dont le but doit ĂȘtre de dĂ©velopper et d’amĂ©liorer l’ñme de Wassily Kandinsky L’art vĂ©ritable n’est pas seulement l’expression d’un sentiment, mais aussi le rĂ©sultat d’une vive intelligence. Citations de Hendrik Petrus Berlage C’est Ă©patant, les artistes. Ils sont fous, comme tout le monde, mais pas vraiment comme tout le monde. J’ai un faible pour eux. Citations de Françoise Giroud L’oeuvre d’art n’est pas le reflet, l’image du monde; mais elle est Ă  l’image du monde. Citations de EugĂšne Ionesco En art, il faut croire avant d'y aller voir. Citations de LĂ©on-Paul Fargue L’oeuvre d’art n’est pas le reflet, l’image du monde; mais elle est Ă  l’image du monde. Citations de EugĂšne Ionesco Je ne fais ni de l’Art pour l’Art, ni de l’Art contre l’Art. Je suis pour l’Art, mais pour l’art qui n’a rien Ă  voir avec l’Art, car l’art a tout Ă  voir avec la vie. Citations de Robert Rauschenberg L’oeuvre surgit dans son temps et de son temps, mais elle devient oeuvre d’art par ce qui lui Ă©chappe. Citations d'AndrĂ© Malraux Ce qui nous impressionne dans une oeuvre d’art est bien rarement l’oeuvre en elle-mĂȘme, mais l’idĂ©e que les autres s’en font, et c’est pourquoi sa valeur commerciale subit d’énormes changements. Citations de Gustave Le Bon Ce qui importe par-dessus tout dans une oeuvre d’art, c’est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir. Citations de James Joyce Une oeuvre d’art a un auteur, et pourtant, quand elle est parfaite, elle a quelque chose d’essentiellement anonyme. Elle imite l’anonymat de l’art divin. Ainsi la beautĂ© du monde prouve un Dieu Ă  la fois personnel et impersonnel, et ni l’un ni l’autre. Citations de Simone Weil Avant l’oeuvre, oeuvre d’art, oeuvre d’écriture, oeuvre de parole, il n’y a pas d’artiste, ni d’écrivain, ni de sujet parlant, puisque c’est la production qui produit le producteur, le faisant naĂźtre ou apparaĂźtre en le prouvant. Citations de Maurice Blanchot Une oeuvre d’art, c’est le moyen d’une Ăąme. Citations de Maurice BarrĂšs La dĂ©finition d’une oeuvre d’art ne saurait ĂȘtre autre que celle-ci Une oeuvre d’art est un coin de la crĂ©ation vu Ă  travers un tempĂ©rament. Citations de Emile Zola Toute grande oeuvre d’art est le fruit d’une humilitĂ© profonde. Citations de ValĂ©ry Larbaud En toute oeuvre d’art, la pensĂ©e sort de l’oeuvre, et jamais une oeuvre ne sort d’une pensĂ©e. Citations de Emile-Auguste Chartier, dit Alain Une oeuvre d’art n’expose pas une vĂ©ritĂ© préétablie; elle incarne une vĂ©ritĂ© vĂ©cue. Citations de AndrĂ© Maurois Aucune oeuvre d’art ne doit ĂȘtre dĂ©crite ni expliquĂ©e sous les catĂ©gories de la communication. Citations de Theodor Wiesengrund Adorno Nulle dĂ©couverte n’a jamais Ă©tĂ© faite par dĂ©duction logique, aucune oeuvre d’art sans calcul, ni mĂ©tier; dans l’une comme dans l’autre interviennent les jeux Ă©motifs de l’inconscient. Citations de Arthur Koestler Une vraie femme, la mienne, par exemple, ne cherche pas Ă  crĂ©er des oeuvres d’art elle est une oeuvre d’art. Citations de Alison Lurie Une oeuvre d’art existe en tant que telle Ă  partir du moment oĂč elle est regardĂ©e. Citations de Nicos Hadjinicolaou La vie est courte, l’art est long ». Hippocrate, Aphorismes, I ». C’est par l’expĂ©rience que progressent la science et l’art ». Aristote, MĂ©taphysique ». L’amour de l’art n’a jamais enrichi personne ». PĂ©trone, Satiricon, LXXXIII ». L’art conserve la mĂ©moire d’une grande beautĂ© ». Michel-Ange, Madrigal XXI, L’art ». Mon mĂ©tier et mon art, c’est vivre ». Michel de Montaigne, Essais, II, 6 ». Le but de l’art, c’est la dĂ©lectation ». Nicolas Poussin. Toute habilitĂ© dans un art quelconque mĂ©rite des Ă©loges ». Carlo Goldoni, TĂ©rence, II, 1 ». La beautĂ© des choses existe dans l’esprit de celui qui les contemple ». David Hume. Les arts, comme les sciences, doivent leur naissance Ă  nos vices nous serions moins en doute sur leurs avantages, s’ils la devaient Ă  nos vertus ». Jean-Jacques Rousseau, Discours sur les sciences et les arts ». L’art est la belle reprĂ©sentation d’une chose et non la reprĂ©sentation d’une belle chose ». Emmanuel Kant, Extrait de la Critique de la facultĂ© de juger ». L’objet de l’art est d’unir la matiĂšre aux formes qui sont ce que la nature a de plus vrai, de plus beau et de plus pur ». Joseph Joubert, PensĂ©es ». Seuls l’art et la science Ă©lĂšvent l’homme jusqu’à la divinitĂ© ». Ludwig van Beethoven. L’art est la vie, la vie c’est l’art ». William Blake, Le premier Livre d’Urizen ». D’une façon gĂ©nĂ©rale, il faut dire que l’art, quand il se borne Ă  imiter, ne peut rivaliser avec la nature, et qu’il ressemble Ă  un ver qui s’efforce en rampant d’imiter un Ă©lĂ©phant. Dans ces reproductions toujours plus ou moins rĂ©ussies, si on les compare aux modĂšles naturels, le seul but que puisse se proposer l’homme, c’est le plaisir de crĂ©er quelque chose qui ressemble Ă  la nature ». Friedrich Hegel, Introduction Ă  l’esthĂ©tique ». Le sublime lasse, le beau trompe, le pathĂ©tique seul est infaillible dans l’art ». Alphonse de Lamartine, Confidences ». Le travail constant est la loi de l’art comme celle de la vie ; car l’art, c’est la crĂ©ation idĂ©alisĂ©e ». HonorĂ© de Balzac, La Cousine Bette ». L’art c’est le reflet que renvoie l’ñme humaine Ă©blouie de la splendeur du beau ». Victor Hugo. Il n’y a pas d’art, il n’y a que des hommes ». Alfred de Musset, Un mot sur l’art moderne ». L’art est un bien infiniment prĂ©cieux, un breuvage rafraĂźchissant et rĂ©chauffant, qui rĂ©tablit l’estomac et l’esprit dans l’équilibre naturel de l’idĂ©al ». Charles Baudelaire, Salon de 1846 ». CITATIONS SUR L’ART L’amour, quel qu’il soit, est le premier Ă©lĂ©ment de l’art; c’est son air vital». Alexandre Dumas, fils, L’affaire ClĂ©menceau ». L’art est une activitĂ© qui permet Ă  l’homme d’agir sciemment sur ses semblables au moyen de certains signes extĂ©rieurs afin de faire naĂźtre en eux, ou de faire revivre, les sentiments qu’il a Ă©prouvĂ©s ». LĂ©on TolstoĂŻ, Qu’est-ce que l’art ? ». L’art n’est pas un amour lĂ©gitime ; on ne l’épouse pas, on le viole ». Edgar Degas. L’art c’est la plus sublime mission de l’homme, puisque c’est l’exercice de la pensĂ©e qui cherche Ă  comprendre le monde et Ă  le faire comprendre ». Auguste Rodin. L’art a lieu par hasard ». StĂ©phane MallarmĂ©, ƒuvres en prose ». L’art et rien que l’art, nous avons l’art afin de ne pas mourir de la vĂ©ritĂ© ». Friedrich Nietzsche. Werke ». En art comme en amour, l’instinct suffit ». Anatole France, Le jardin d’Epicure ». L’art est une abstraction, c’est le moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin MaĂźtre, crĂ©er ». Paul Gauguin. C’est Richepin qui a dit quelque part L’amour de l’art fait perdre l’amour vrai. Je trouve cela terriblement juste, mais Ă  l’encontre de cela, l’amour vrai dĂ©goĂ»te de l’art ». Vincent van Gogh, Lettre Ă  ThĂ©o ». La vie imite l’art, bien plus que l’art n’imite la vie ». Oscar Wilde. L’art vise Ă  imprimer en nous des sentiments plutĂŽt qu’à les exprimer ». Henri Bergson. L’ƒUVRE D’ART L’art, c’est l’idĂ©e de l’Ɠuvre, l’idĂ©e qui existe sans matiĂšre ». Aristote, Parties des animaux ». Bien qu’on ait du cƓur Ă  l’ouvrage, l’art est long et le temps est court ». Charles Baudelaire, Les fleurs du mal ». La dĂ©finition d’une Ɠuvre d’art ne saurait ĂȘtre autre que celle-ci une Ɠuvre d’art est un coin de la crĂ©ation vu Ă  travers un tempĂ©rament ». Emile Zola, Mes haines, Proudhon et Courbet, I ». Une Ɠuvre d’art n’est lisible que par approfondissements successifs ». Friedrich Nietzsche. Une Ɠuvre d’art n’est supĂ©rieure que si elle est, en mĂȘme temps, un symbole et l’expression exacte d’une rĂ©alitĂ© ». Guy de Maupassant, La Morte ». Une Ɠuvre d’art c’est le moyen d’une Ăąme ». Maurice BarrĂšs, Mes cahiers ». Chaque Ă©poque d’une civilisation crĂ©e un art qui lui est propre et qu’on ne verra jamais renaĂźtre. Tenter de revivifier les principes d’art des siĂšcles Ă©coulĂ©s ne peut que conduire Ă  la production d’Ɠuvres mort-nĂ©es ». Vassily Kandinsky. L’Ɠuvre d’art est un arrĂȘt du temps ». Pierre Bonnard. L’Ɠuvre d’art c’est une idĂ©e qu’on exagĂšre ». AndrĂ© Gide, Journal 1889-1939 ». Par l’art seulement nous pouvons sortir de nous,
 » Marcel Proust, A la recherche du temps perdu ». Citations sur L’ƒUVRE D’ART Les Ɠuvres d’art sont d’une infinie solitude ; rien n’est pire que la critique pour les aborder. Seul l’amour peut les saisir, les garder, ĂȘtre juste envers elles ». Rainer Maria Rilke, Extrait des Lettres Ă  un jeune poĂšte ». L’Ɠuvre d’art a une mission mystique qui est de racheter le rĂ©el ». E. Jaloux, Essences ». La demande de Beau est considĂ©rable, les trois quarts de gestes et aspirations journaliers sont inquiets de ce dĂ©sir. LĂ  aussi, la loi de l’offre et de la demande fonctionne ». Fernand LĂ©ger, citĂ© par Eric Michaud dans Fabriques de l’homme nouveau de LĂ©ger Ă  Mondrian ». L’art ne doit nous rĂ©vĂ©ler que des idĂ©es, des essences spirituelles dĂ©gagĂ©es de toute forme. Ce qui importe par-dessus tout dans une Ɠuvre d’art, c’est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir ». James Joyce, Ulysse ». Une Ɠuvre d’art peut exiger que nous lui sacrifiions jusqu’à nos scrupules ». Jean Rostand, Pages d’un moraliste » L’Ɠuvre d’art n’a de valeur que dans la mesure oĂč elle frĂ©mit des rĂ©flexes de l’avenir ». AndrĂ© Breton, citĂ© par O. Revault d’Allones, Ă  La crĂ©ation artistique et les Promesses de la libertĂ© ». La perception de l’Ɠuvre d’art repose non pas sur un processus de reconnaissance mais de comprĂ©hension. L’Ɠuvre d’art est le possible et le probable, elle n’est jamais le certain L’Ɠuvre d’art naĂźt du renoncement de l’intelligence Ă  raisonner le concret ». Albert Camus, Le mythe de Sisyphe ». Une Ɠuvre d’art existe en tant que telle Ă  partir du moment oĂč elle est regardĂ©e ». Nicos Hadjinicolaou, Extrait de Histoire et critique des arts ». LE DESSIN Le dessin, que d’un autre nom nous appelons trait, est ce en quoi consiste et ce qui constitue la source et le corps de la peinture, de l’architecture et de tous les autres genres d’art, et la racine de toutes les sciences ». Michel-Ange. De belles couleurs bien nuancĂ©es plaisent Ă  la vue, mais ce plaisir est purement de sensation. C’est le dessin, c’est l’imitation qui donne Ă  ces couleurs de la vie et de l’ñme ». Jean-Jacques Rousseau. Mon affaire est dessiner ce que je vois, non ce que je sais ». Joseph Mallord William Turner. Le dessin est la probitĂ© de l’art ». Jean-Auguste Ingres. Si toute Ă©criture provient d’abord d’un vrai dessin, tout dessin est aussi destinĂ© primitivement Ă  perpĂ©tuer une attitude expressive ». Auguste Comte, SystĂšme de politique positive ». Le dessin est une lutte entre la nature et l’artiste, oĂč l’artiste triomphera d’autant plus facilement qu’il comprendra mieux les intentions de la nature. Il ne s’agit pas pour lui de copier, mais d’interprĂ©ter dans une langue plus simple et plus lumineuse ». Charles Baudelaire, Salon de 1846 ». Qui donc a dit que le dessin est l’écriture de la forme ? La vĂ©ritĂ© est que l’art doit ĂȘtre l’écriture de la vie ». Edouard Manet. Le dessin n’est pas la forme, il est la maniĂšre de voir la forme ». Edgar Degas. Mes dessins inspirent et ne dĂ©finissent pas ». Odilon Redon, Le Mouvement symboliste ». Il n’y a rĂ©ellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur il n’y a qu’une seule beautĂ©, celle de la vĂ©ritĂ© qui se rĂ©vĂšle ». Auguste Rodin, Propos recueillis par Paul Gsell » Trois conseils pour rĂ©aliser une vente d'Ɠuvre d'art en ligneLes Ɠuvres d’art fascinent le monde entier, les amateurs et les collectionneurs sont Ă  la recherche de la piĂšce la plus Ă©poustouflante possible. Dans les musĂ©es, vous pouvez admirer les Ɠuvres des plus grands artistes qui ont marquĂ© l'Histoire de l'Art. Cependant, si vous en avez les moyens, il est possible d'acquĂ©rir certaines Ɠuvres. Si vous ĂȘtes artiste ou propriĂ©taire d'une Ɠuvre d'art, sachez que vous pouvez vendre votre Ɠuvre d'art en une plateforme en ligne spĂ©cialisĂ©eLa galerie d'art en ligne est une plateforme oĂč les Ɠuvres d’art des nouveaux talents, des nouveaux artistes sont exposĂ©es. Les galeries d'art en ligne certifient de la qualitĂ© de l'Ɠuvre vendue. L'acheteur reçoit un certificat d'authentification, qui lui assure que l'Ɠuvre d'art est une "vraie". De plus, la plateforme aide les artistes Ă  livrer leurs Ɠuvres d’art aux son Ɠuvre d'art en valeurEn se connectant Ă  une galerie d'art en ligne, les internautes ne voient pas l'Ɠuvre d'art en rĂ©elle. Pour que votre Ɠuvre d'art ait un succĂšs auprĂšs du public, il est impĂ©ratif de rĂ©aliser des photos de qualitĂ©. Pour que votre photo soit la plus rĂ©ussie possible, vous devez prendre en compte la luminositĂ©, l'angle, le zoom pour observer tous les dĂ©tails de votre Ɠuvre. Pour Ă©viter de dĂ©cevoir le client, les couleurs de la photographie doivent ĂȘtre les mĂȘmes que celles de l' dĂ©marquer de la concurrenceDepuis des siĂšcles, l'art illustre notre Histoire. Des artistes reconnus ont marquĂ© les annales de l'Art en passant par tous les styles cubisme, impressionnisme, baroque... et toutes les reprĂ©sentations autoportrait, paysage, religieuses, nature morte, statue... . Aujourd'hui encore, de nouveaux artistes s'efforcent de proposer des Ɠuvres d'art au public. Pour que votre travail se distingue des autres, il faut que vous dĂ©veloppiez une idĂ©e qui vous distingue de tout ce qui a Ă©tĂ© fait avant vous. DĂ©finition de l'artiste Celui qui exerce un des beaux-arts. Ce peintre, ce sculpteur est un grand artiste. Une jeune artiste, une pauvre artiste. Qui a le gĂ©nie, le sentiment, le goĂ»t des arts. Cet homme est nĂ© artiste. Voir Ă©galement les Citations bonne annĂ©e Citations sur les artistes Citations NoĂȘl Citations naissance Citations fĂȘte des mĂšres poeme fĂȘte des mĂšres Citations fĂȘte des pĂšres Citations Saint Valentin Et Ă©galement les citations et proverbes sur l'art, les citations courtes sur l'art les citations sur l'art ainsi que des citations sur les artistes
\n\n\n\n l art sert il a quelque chose
Lart c'est donc ce qui rend la vie plus intĂ©ressante que l'art lui-mĂȘme. Et cet art, Ă  quoi sert-il ? À rien. Des tas de gens n'ont pas de livre, de musique, de tableau et sont

C'est-Ă -dire ? L'art, contemporain ou moins, vous parlerait mais il faudrait Ă  la VO quelques sous-titres. C'est ça ? Venez Ă  ces confĂ©rences, dont la prochaine se tient cet aprĂšs-midi Ă  la librairie Les Volcans et que donne Jean-Charles Vergne. Pour dire A quoi sert l'art
 Et venez d'autant plus que le directeur du FRAC en parle parfaitement bien. Avant tout, c'est quoi l'art
 ? C'est ce qui rend la vie plus intĂ©ressante que l'art - dixit Robert Filliou artiste amĂ©ricain 1926-1987. Mais encore ? Si l'on veut expliquer cela trĂšs simplement, prenons l'exemple de l'ÉtĂ© indien de Joe Dassin Avec ta robe longue tu ressemblais Ă  une aquarelle de Marie-Laurençin
 Un homme voit, un jour, des aquarelles de Marie Laurencin dans un musĂ©e. Il les oublie. Des semaines, mois ou annĂ©es plus tard, il croise une femme et le souvenir des aquarelles de Marie-Laurençin se superpose alors Ă  la vision de cette femme. Cette derniĂšre lui apparaĂźt d'autant plus belle. L'art c'est donc ce qui rend la vie plus intĂ©ressante que l'art lui-mĂȘme. Et cet art, Ă  quoi sert-il ? À rien. Des tas de gens n'ont pas de livre, de musique, de tableau et sont parfaitement heureux. On peut donc s'en passer. Cela dit, lorsque l'on fait une rencontre semblable Ă  celle de cet homme qui croise cette femme dont la robe ressemble Ă  une aquarelle de Marie-Laurençin, on est ensuite en quĂȘte de la deuxiĂšme, et de la troisiĂšme rencontre
 L'art ne produit aucune valeur ajoutĂ©e - je mets de cĂŽtĂ© l'aspect marchand - ; il y a trĂšs peu de choses qui ne servent Ă  rien ; l'art - la culture en gĂ©nĂ©ral c'est probablement le dernier abri de la nuance et c'est sans doute en cela qu'il est indispensable. Est-ce nĂ©cessaire, et si oui en quoi, d'expliquer l'art
 C'est nĂ©cessaire jusqu'Ă  un certain point. Au dĂ©but on a besoin de clefs. C'est comme pour lire. Picasso disait l'art c'est comme le chinois, ça s'apprend ; face Ă  une 'uvre on est souvent comme confrontĂ© Ă  une langue Ă©trangĂšre en quelque sorte. Depuis l'enfance nous sommes nourris de clefs et codes. L'artiste, lui, passe son temps Ă  les transgresser et Ă  inventer de nouveaux langages. Encore des codes donc. Oui mais assez simples. 1 Il s'agit de dĂ©sapprendre Ă  lire - c'est-Ă -dire ĂȘtre dans une situation virginale devant une 'uvre - et 2 accepter de ne pas comprendre. On ne demande pas Ă  une partition de Mozart d'ĂȘtre expliquĂ©e, on accepte de l'Ă©couter. Une 'uvre d'art, si elle est abstraite par exemple, il faut accepter de ne pas avoir de mode d'emploi. Quand on fait une confĂ©rence sur l'art, on donne un mode d'emploi. Et au bout d'un moment, ce mode d'emploi il faut l'oublier. Il faut donc Ă©galement apprendre Ă  regarder. Ce n'est pas tant apprendre que dĂ©samorcer des blocages. Il s'agit, en fait, de donner des bases historiques
 Qu'entendez-vous par blocage ? Les choses entendues comme C'est de la supercherie, ou Je peux en faire autant. Mais si je vous dis, devant un monochrome de Redman, je peux faire la mĂȘme chose, que me rĂ©torquez-vous ? Je vous dis bien sĂ»r. Évidemment. Imaginons une expo fictive de sept monochromes rouges. Exactement identiques. Le premier s'appelle la traversĂ©e de la mer rouge par les HĂ©breux, le deuxiĂšme La colĂšre, le troisiĂšme Nappe rouge, etcĂŠ Le septiĂšme Red Square. Des 'uvres identiques mais dont l'intention n'est pas la mĂȘme. Parmi celles-lĂ , il y a en a peut-ĂȘtre une trĂšs intĂ©ressante, deux mĂ©diocres et ainsi de suite
 C'est donc l'explication que vous donnerez qui la rendra intĂ©ressante, pas forcĂ©ment sa qualitĂ© plastique ou esthĂ©tique. Oui, c'est l'intention. Il faut se sortir de l'idĂ©e que l'art
 silence. L'art ce n'est pas un bouquet de fleurs ! L'art n'est pas lĂ  pour faire plaisir aux yeux. Les yeux mĂšnent au cerveau, le cerveau Ă  des idĂ©es. Beaucoup disent moi j'aime ou j'aime pas ; une 'uvre n'a pas Ă©tĂ© faite pour ça. CĂ©zanne a Ă©tĂ© l'artiste le plus "insultĂ©" de toute l'histoire de l'art. Il s'en foutait. La fonction n'est pas de plaire au plus grand nombre Il allait au pied de la montagne, il peignait la montagne
 Seules deux ou trois personnes venaient le voir Picasso et Braque notamment, qui grĂące Ă  lui ont inventĂ© le cubisme et ouvert les portes de l'abstraction. CĂ©zanne se pose des questions et tente d'y rĂ©pondre. Sinon il fait de la variĂ©tĂ© ! Ce n'est pas pĂ©joratif ce que je dis, mais la fonction n'est pas de plaire au plus grand nombre. C'est avant tout une recherche et cette recherche ne peut ĂȘtre menĂ©e que dans le cadre d'un enracinement dans une histoire. Donc si on n'explique pas au minimum ce qu'a Ă©tĂ© cette histoire, on ne peut pas expliquer un monochrome rouge ou blanc ou bleu. Une des facettes de l'art est de proposer, parfois, un langage chiant je pense Ă  certains catalogues ? Comment sortir de cela ? Il y a plusieurs Ă©tages. Un catalogue n'a pas pour objectif d'ĂȘtre didactique ou pĂ©dagogique. C'est un outil scientifique qui peut faire avancer le travail de l'artiste par un biais critique. La confĂ©rence, ou la visite guidĂ©e, c'est se mettre Ă  la portĂ©e d'un public dont on sait qu'il est hĂ©tĂ©rogĂšne ; je prĂ©cise d'ailleurs que le cycle donnĂ© aux Volcans est Ă  l'attention des nĂ©ophytes et je prĂ©cise Ă©galement au public que je vais faire des raccourcis et approximations pour servir le propos. Les difficultĂ©s que les gens peuvent rencontrer face Ă  une 'uvre je les ai vĂ©cues donc je fais en sorte de les apprĂ©hender de la maniĂšre la plus simple possible. Julien Dodon ConfĂ©rence. Prochain rendez-vous mercredi 9 fĂ©vrier Ă  la librairie Les Volcans 80 boulevard François-Mitterrand Ă  17 heures. Une autre est programmĂ©e en mars. Infos au Exposition. À quoi tient la beautĂ© des Ă©treintes
 Sous cet intitulĂ©, le Frac Auvergne prĂ©sente soixante-cinq Ɠuvres de sa collection, dont une moitiĂ© concerne des acquisitions rĂ©centes prĂ©sentĂ©es pour la premiĂšre fois. À dĂ©couvrir du mardi au dimanche entrĂ©e libre au Frac, rue du Terrail Ă  Clermont. Imaginer une exposition Ă  partir d’une collection revient en quelque sorte Ă  provoquer des Ă©treintes, des accolades affectives fondĂ©es sur des familiaritĂ©s entre artistes qui s’estiment, sur des Ɠuvres concernĂ©es par des rĂ©- flexions communes, fondĂ©es aussi sur des rapprochements formels ou chromatiques inattendus, voire improbables, susceptibles d’engendrer d’autres formes de lectures


Dune maniÚre générale, l'art sert-il à quelque chose ? Tu aurais aussi pu poser ta question dans la rubrique philosophie car elle est trÚs intéressante et donne à réfléchir. Je pense que le cinéma sert à instruire, divertir, dénoncer, montrer les choses sous un angle particulier, faire prendre conscience. Voici des articles sur le

Passer au contenu CoursFormation annuelle – L’Essentiel de la CompositionAtelier – La MĂ©thode Losange, dĂ©verrouiller l’inspirationAtelier – DĂ©velopper la Structure d’une IdĂ©e MusicaleLes cours particuliersRessourcesUne technique fondamentale pour dĂ©velopper un thĂšme facilementL’outil pour composer facilement avec les harmoniquesLe cycle des quintes interactifLe tonnetz, un outil qu’il FAUT connaĂźtreDu papier Ă  musique sans marque ni logoLes 100 citations les plus inspirantes pour les compositeursLe guide des modestout ce dont vous avez besoin pour stimuler votre inspirationLes glossaires de la musiqueArticlesParlons musiqueActualitĂ©sCitationsThĂ©orie et AnalyseLes modesSolfĂšgePratique et mĂ©thodeInspiration et crĂ©ativitĂ©Devenir compositeur proLogiciels de musique et MAOÀ-proposCe que vous apprendrez ici
Qui est ClĂ©ment San Martin ?Ecrire article sur ce siteContactAccĂšs MembreInscriptionConnexionMot de passe oubliĂ© Quelles sont les limites de l’art ? 🙄 Quelles sont les limites de l’art ? 🙄 ClĂ©ment San Martin2022-03-16T235944+0200 Articles similaires Lien de chargement de la page
Lart est donc un luxe qui ne sert Ă  rien d’autre qu’à se satisfaire soi-mĂȘme. Et pourtant malgrĂ© cela, nous pouvons voir que l'art est une chose que tout le monde cĂŽtoie, tout au long de sa vie et sous beaucoup d’aspect. Qui n’a jamais Ă©coutĂ© de musique, regarder un film, lu
A quoi vise l'art, sinon Ă  nous montrer, dans la nature et dans l'esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience? Le poĂšte et le romancier qui expriment un Ă©tat d'Ăąme ne le crĂ©ent certes pas de toutes piĂšces ; ils ne seraient pas compris de nous si nous n'observions pas en nous, jusqu'Ă  un certain point, ce qu'ils nous disent d'autrui. Au fur et Ă  mesure qu'ils nous parlent, des nuances d'Ă©motion et de pensĂ©e nous apparaissent qui pouvaient ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es en nous depuis longtemps mais qui demeuraient invisibles telle l'image photographique qui n'a pas encore Ă©tĂ© plongĂ©e dans le bain oĂč elle se rĂ©vĂ©lera. Le poĂšte est ce rĂ©vĂ©lateur. [...] Remarquons que l'artiste a toujours passĂ© pour un idĂ©aliste ». On entend par lĂ  qu'il est moins prĂ©occupĂ© que nous du cĂŽtĂ© positif et matĂ©riel de la vie. C'est, au sens propre du mot, un distrait ». Pourquoi, Ă©tant plus dĂ©tachĂ© de la rĂ©alitĂ©, arrive-t-il Ă  y voir plus de choses? On ne le comprendrait pas, si la vision que nous avons ordinairement des objets extĂ©rieurs et de nous-mĂȘmes n'Ă©tait une vision que notre attachement Ă  la rĂ©alitĂ©, notre besoin de vivre et d'agir, nous a amenĂ©s Ă  rĂ©trĂ©cir et Ă  vider. De fait, il serait aisĂ© de montrer que, plus nous sommes prĂ©occupĂ©s de vivre, moins nous sommes enclins Ă  contempler, et que les nĂ©cessitĂ©s de l'action tendent Ă  limiter le champ de la vision. Henri Bergson. La pensĂ©e et le mouvant, 1938. PUF, Quadrige1990. Ă  151. ThĂšme L'art. La perception. Question Quelle est la finalitĂ© de l'art ? Vise-t-il seulement Ă  exprimer un Ă©tat Ă©motionnel, une psychologie individuelle avec sa particularitĂ© et son arbitraire comme semble le croire la vulgate dĂ©posĂ©e dans les copies d'Ă©lĂšves ? Avec cette question, Bergson nous invite Ă  interroger l'essence de l'art et Ă  affronter la question au niveau qui est celui du grand art. Exit la miĂšvrerie psychologisante ; la grande affaire des artistes n'est pas le divan du psychanalyste et son horizon Ă©gotiste, c'est le rĂ©el tel qu'il s'offre Ă  une libertĂ© qui s'en empare et en interroge l'ĂȘtre. A quoi vise donc l'activitĂ© artistique ? ThĂšse À nous montrer, dans la nature et dans l'esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience » rĂ©pond Bergson. L'art fait voir ce qu'ordinairement on ne sait pas voir. Il dĂ©couvre Ă  nos regards ce qui s'y trouve depuis toujours mais demeure cachĂ© sans le dĂ©voilement qu'en opĂšre l'artiste. Au fond l'art atteste qu' une extension des facultĂ©s de percevoir est possible » Ibid, Ce qui conduit Bergson Ă  affronter une nouvelle question. Question Comment rendre compte de cette possibilitĂ© ? Qu'est-ce qui permet ce pouvoir rĂ©vĂ©lateur de l'art ? ThĂšse La rĂ©ponse bergsonienne tient du paradoxe. Si la peinture, la littĂ©rature ont un pouvoir de rĂ©vĂ©lation, c'est que l'artiste est moins attachĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© » que le commun des hommes. Tout se passe comme si sa distraction », son dĂ©tachement Ă©tait le vecteur d'une perception plus Ă©clairante dans laquelle chacun retrouve sa propre expĂ©rience mais une expĂ©rience ayant besoin de l'artiste pour prendre conscience d'elle-mĂȘme. Que faut-il entendre par lĂ  ? Explication dĂ©taillĂ©e I L'art est rĂ©vĂ©lation de ce qui est. L'art donne Ă  voir apprend-on. Il montre, il fait surgir dans un matĂ©riau sensible un contenu insĂ©parable de la forme glorieuse dans laquelle il s'exhibe. La question est de savoir ce qu'il en est de ce contenu. Est-ce une rĂ©alitĂ© créée de toute piĂšce par l'artiste de telle sorte que l'art ouvrirait sur des fantaisies ou des mythologies personnelles ? Le propos bergsonien dissuade d'emblĂ©e d'envisager ainsi la crĂ©ation artistique en soulignant que l'art renvoie Ă  l'expĂ©rience humaine universelle. Il met en jeu les donnĂ©es universelles de l'expĂ©rience des hommes. D'une part ce qui est et qui est constituĂ© aussi bien du monde extĂ©rieur, dĂ©signĂ© dans le texte par le mot de nature, que du monde intĂ©rieur, celui que le texte dĂ©signe comme monde de l'esprit. D'autre part les sens et la conscience. C'est, en effet, par l'intuition sensible ou par l'intuition que la conscience a de ses Ă©tats et des ses actes que nous avons accĂšs aux donnĂ©es naturelles ou spirituelles. La montagne qui se dĂ©coupe lĂ -bas, le petit coin de ciel bleu ou de mur jaune qui surgit dans le champ de vision sont ce qui existe pour nous par la mĂ©diation des sens et de la conscience. C'est pareil pour la vie de l'Ăąme avec ses modulations affectives, ses rĂȘves, ses joies et ses souffrances. Elle requiert un acte de la conscience pour ĂȘtre perçue. Or les sens et la conscience sont-ils par principe attentifs Ă  l'infinie richesse du rĂ©el ? Il semble que non et ce qui l'atteste, selon Bergson, c'est l'expĂ©rience mĂȘme de l'art. Il y a, en effet, depuis des siĂšcles, des hommes dont la fonction est justement de voir et de nous faire voir ce que nous n'apercevons pas naturellement ». Ibid, La rĂ©flexion sur l'art engage donc une rĂ©flexion sur la perception car si la finalitĂ© de l'art est de porter Ă  l'expression ce qui existe et que nous ne savons pas voir, cela signifie que la facultĂ© perceptive n'accomplit pas parfaitement sa fonction. PB Qu'est-ce que la perception et pourquoi est-elle en dĂ©faut par rapport au rĂ©el auquel elle renvoie ? La perception est la fonction de notre rapport au rĂ©el. C'est par elle que nous nous reprĂ©sentons des objets dans l'espace, que nous formons une image de ce qui existe, et ce n'est pas une mince affaire de savoir comment s'Ă©labore cette reprĂ©sentation. Suppose-t-elle une passive rĂ©ception de ce qui est donnĂ© aux sens et Ă  la conscience ? A l'Ă©vidence non puisque le monde perçu varie d'un sujet Ă  un autre et qu'avec Bergson on peut faire de la perception la pierre de touche de la distinction de l'artiste et du commun des hommes. Il semble donc qu'elle soit tributaire d'une maniĂšre de se projeter vers les choses, de les configurer de telle sorte que le sujet percevant intervient activement dans la construction de l'objet perçu. OpĂ©ration complexe donc que la perception, l'enjeu de ce texte Ă©tant d'Ă©tablir que la fonction de notre ouverture au rĂ©el, peut ĂȘtre moins ce qui nous le rĂ©vĂšle que ce qui fait Ă©cran et tisse un voile empĂȘchant d'accĂ©der Ă  la rĂ©alitĂ© des choses. Le donnĂ© avec sa richesse et son originalitĂ© n'apparaĂźt pas nĂ©cessairement aux sens et Ă  la conscience dans la clartĂ© de son offrande. Il ne frappe pas explicitement nos sens et notre conscience » dit Bergson. Entendons, il est possible que nous n'y soyons pas sensibles ou attentifs. Ce qui n'est pas explicitĂ© » est, en effet, ce qui n'est pas portĂ© Ă  la lumiĂšre du jour, ce qui reste cachĂ©, ce qui demeure invisible au regard ou Ă  la conscience. Ces effets d'occultation » sont le lot de la perception commune. Ex La coupe de fruits sur la table de la cuisine est bien perçue par la cuisiniĂšre mais il faut le grand art de CĂ©zanne pour rendre visible ce que l'on voit sans le voir vraiment la profondeur, le veloutĂ©, la mollesse, la duretĂ© mĂȘme des objets - CĂ©zanne disait mĂȘme leur odeur » Merleau-Ponty dans le doute de CĂ©zanne, Sens et non sens, Gallimard, p. 20. Ex De mĂȘme il faut l'art de Turner pour dĂ©voiler le paysage comme atmosphĂšre et on ne voit plus la lagune de Venise aprĂšs lui comme on la voyait avant. Les grands peintres sont des hommes auxquels remonte une certaine vision des choses qui est devenue ou qui deviendra la vision de tous les hommes. Un Corot, un Turner, pour ne citer que ceux-lĂ , ont aperçu dans la nature bien des aspects que nous ne remarquions pas. - Dira-t-on qu'ils n'ont pas vu, mais créé, qu'ils nous ont livrĂ© des produits de leur imagination, que nous adoptons leurs inventions parce qu'elles nous plaisent, et que nous nous amusons simplement Ă  regarder la nature Ă  travers l'image que les grands peintres nous en ont tracĂ©e ? C'est vrai dans une certaine mesure; mais, s'il en Ă©tait uniquement ainsi, pourquoi dirions-nous de certaines oeuvres - celles des maĂźtres qu'elles sont vraies ? oĂč serait la diffĂ©rence entre le grand art et la pure fantaisie ? Approfondissons ce que nous Ă©prouvons devant un Turner ou un Corot nous trouverons que, si nous les acceptons et les admirons, c'est que nous avions dĂ©jĂ  perçu quelque chose de ce qu'ils nous montrent. Mais nous avions perçu sans apercevoir. C'Ă©tait, pour nous, une vision brillante et Ă©vanouissante, perdue dans la foule de ces visions Ă©galement brillantes, Ă©galement Ă©vanouissantes, qui se recouvrent dans notre expĂ©rience usuelle comme des dissolving views» et qui constituent, par leur interfĂ©rence rĂ©ciproque, la vision pĂąle et dĂ©colorĂ©e que nous avons habituellement des choses. Le peintre l'a isolĂ©e; il l'a si bien fixĂ©e sur la toile que, dĂ©sormais, nous ne pourrons nous empĂȘcher d'apercevoir dans la rĂ©alitĂ© ce qu'il y a vu lui-mĂȘme. » La pensĂ©e et le mouvant, Si la peinture Ă©largit la facultĂ© perceptive, la littĂ©rature enrichit la conscience de la vie intĂ©rieure. Les romanciers comme les musiciens font entendre ou figurent dans des personnages la petite musique de l'Ăąme. Stendhal peint par exemple les Ă©motions, les dĂ©sirs, les espĂ©rances, les dĂ©ceptions de Julien Sorel, de Madame de RĂȘnal ou de Mathilde de la Mole, dans Le Rouge et le Noir. Comment pourrions-nous vivre de la vie de ces hĂ©ros s'ils ne nous parlaient pas de nous-mĂȘmes ? Le poĂšte et le romancier qui expriment un Ă©tat d'Ăąme ne le crĂ©ent certes pas de toutes piĂšces ; ils ne seraient pas compris de nous si nous n'observions pas en nous, jusqu'Ă  un certain point, ce qu'ils nous disent d'autrui. » affirme Bergson. De fait qu'est-ce qui fait du personnage d'Emma Bovary une grande crĂ©ation littĂ©raire ? Il est vrai que Flaubert disait Madame Bovary c'est moi », mais si la tendance Ă  fuir dans une vie fantasmatique la mĂ©diocritĂ© de son quotidien social et sentimental, si le dĂ©sir d'ĂȘtre autre chose que ce que l'on est n'avaient pas un Ă©cho en chacun de nous, Flaubert ne serait pas l'auteur d'une grande Ɠuvre d'art. Le bovarysme n'aurait-il pas son siĂšge dans quelques uns des sous-moi qui composent notre complexe nature psychologique ? » demande judicieusement Georges Palante dans son essai sur le bovarysme 1903. C'est parce que le romancier a su Ă©lever son expĂ©rience Ă  l'universel qu'il nous Ă©meut. Son gĂ©nie est de peindre un Ă©tat de notre Ăąme, si passager, si furtif pour certains qu'ils n'en soupçonnent mĂȘme pas l'existence. Lui, en rĂ©vĂšle les multiples nuances, les couleurs changeantes et en suivant Emma dans son exaltation ou son dĂ©sespoir, dans ses rĂȘves ou dans son ressentiment, Flaubert nous permet de dĂ©couvrir une part de nous-mĂȘmes qui nous Ă©tait inconnue ou du moins si peu sensible que nous ne la remarquions mĂȘme pas. Il eĂ»t fallu pour cela ĂȘtre attentif Ă  la durĂ©e et Ă  son hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©, thĂšme cher Ă  notre philosophe. Tout ce qui existe dĂ©ploie son ĂȘtre dans le temps et celui-ci se caractĂ©rise par l'absence d'homogĂ©nĂ©itĂ©. Le temps vĂ©cu n'est pas le temps des horloges, temps mathĂ©matique oĂč une heure est identique Ă  une heure ; c'est la durĂ©e oĂč chaque instant est unique, diffĂ©rent d'un autre au point qu'ĂȘtre fidĂšle au rĂ©el impliquerait une disponibilitĂ© permanente Ă  l'imprĂ©visible nouveautĂ© des choses extĂ©rieures et intĂ©rieures. Il y a une minute du monde qui passe, il faut la peindre dans sa rĂ©alitĂ© » disait CĂ©zanne. Comme le peintre, le poĂšte essaie de capter la vie mouvante de l'Ăąme, ses couleurs changeantes, ses ombres et ses clartĂ©s. Il s'agit de dĂ©voiler sous la pauvretĂ© de ce qui apparaĂźt Ă  une perception rĂ©trĂ©cie une rĂ©alitĂ© concrĂšte que seule une attention pĂ©nĂ©trante peut mettre Ă  jour. L'artiste est l'homme de cette attention. En lui la nature ou l'Ăąme se sent, se pense et s'exprime. C'est dire que l'artiste ne fait pas exister arbitrairement ce qu'il dĂ©peint. Ni il ne le crĂ©e absolument, ni il ne se contente de l'imiter. Il n'invente pas ; il dĂ©couvre au regard une rĂ©alitĂ© prĂ©existante. Il n'imite pas car l'opĂ©ration de dĂ©voiler est toujours transposition d'une rĂ©alitĂ© dans un Ă©lĂ©ment le poĂšme, le roman, la peinture, la musique d'une autre nature et dont les contraintes exigent de ruser avec le rĂ©el pour en restituer la vĂ©ritĂ©. L'esthĂ©tique de la mimesis n'a jamais Ă©tĂ© une invitation Ă  reproduire le rĂ©el, le propos aristotĂ©licien disant que l'art imite la nature ou l'achĂšve» signifiant que l'artiste doit ĂȘtre un aussi bon artiste que la nature pour porter Ă  l'expression ce qu'il cherche Ă  en montrer. Or pour rivaliser avec la nature, il faut savoir lui ĂȘtre infidĂšle. Le corps humain n'a jamais eu les proportions de la statuaire grecque mais ce sont ces proportions qui en montrent la force et l'harmonie. L'homme qui marche n'a jamais eu les deux pieds rivĂ©s au sol, comme dans l'Ɠuvre de Rodin, mais sans cette ruse, le mouvement serait suspendu. L'art est un mensonge qui dit la vĂ©ritĂ© ; tous les artistes le proclament Ă  leur façon. La servile reproduction ne dĂ©voile rien. Quel intĂ©rĂȘt aurait une activitĂ© se contentant de reproduire ce qui se donne Ă  la perception immĂ©diate ? La vocation de l'art consiste Ă  dĂ©chirer les apparences qui dissimulent sous leur abstraction le concret pour faire apparaĂźtre ce qui n'apparaĂźt pas Ă  la perception banale. Bergson recourt Ă  une image pour illustrer la fonction rĂ©vĂ©latrice de l'art. Ce qui se passe dans l'art est comparable Ă  ce qui se passe pour l'image photographique. Le bain dans lequel on plonge la pellicule pour faire apparaĂźtre l'image ne crĂ©e pas cette derniĂšre, il ne fait que la rĂ©vĂ©ler mais sans la solution nĂ©cessaire Ă  la fixation de l'image, celle-ci demeurerait invisible. Ainsi en est-il de l'art. L'artiste n'invente pas la rĂ©alitĂ© qu'il donne Ă  voir mais sans lui elle demeurerait invisible. La question est donc maintenant de comprendre pourquoi il a ce pouvoir. II La raison d'ĂȘtre de ce pouvoir. Et ce n'est pas un moindre paradoxe de dĂ©couvrir que si l'artiste est le rĂ©vĂ©lateur du rĂ©el, c'est parce qu'Ă  la diffĂ©rence des autres hommes, il y est moins attachĂ© ». Il est, dit-on, un distrait », un idĂ©aliste ». Quelle que soit la dĂ©nomination, on signifie que l'artiste n'est pas inscrit dans le rĂ©el comme les hommes le sont ordinairement. Fait Ă©tonnant. Bergson s'y attarde en mettant en Ă©vidence le paradoxe Pourquoi, Ă©tant plus dĂ©tachĂ© de la rĂ©alitĂ©, arrive-t-il Ă  y voir plus de choses ? ». On a plutĂŽt tendance Ă  penser qu'il faut ĂȘtre solidement arrimĂ© au rĂ©el pour le voir. Or l'artiste incarne le contraire de ce qui se revendique comme modalitĂ© d'ĂȘtre rĂ©aliste ». Le rĂ©aliste se croit au plus prĂšs de la rĂ©alitĂ© parce que les besoins et les intĂ©rĂȘts matĂ©riels des hommes sont ce qui structure son rapport au rĂ©el. Il a les pieds sur terre », lui ; il a le souci de l'utilitĂ© et de l'efficacitĂ© ! Il est Ă©tranger Ă  ce qu'il qualifie d'idĂ©alisme » Ă  savoir cette façon d'exister comme une sensibilitĂ© et une spiritualitĂ© libre, laissant subsister le rĂ©el dans son Ă©trange prĂ©sence pour en faire un objet de contemplation. La rĂ©alitĂ© est pour lui le corrĂ©lat de sa maniĂšre intĂ©ressĂ©e de se projeter vers elle. Aux antipodes de son affairement, de son pragmatisme, l'artiste lui semble dans la lune ». Sa maniĂšre d'ĂȘtre au monde est si dĂ©tachĂ©e de ses prĂ©occupations utilitaires qu'il lui semble en retrait, sur une autre planĂšte », et c'est ce que connote l'idĂ©e de distraction. Le distrait est aveugle Ă  ce qui Ă©blouit les yeux des autres. Il ne voit pas ce qu'ils voient. Il a une maniĂšre d'ĂȘtre prĂ©sent au monde donnant le sentiment de l'absence. Les liens tissant les rapports des autres au rĂ©el sont chez lui comme suspendus. Bergson insiste sur son dĂ©tachement ». Le dĂ©tachement est la vertu que l'on reconnaĂźt habituellement au philosophe parce que le travail de la pensĂ©e exige le recul, la distance, la mise hors jeu des dĂ©sirs, des passions et des intĂ©rĂȘts matĂ©riels dont l'effet est de dĂ©tourner l'esprit de sa fin propre, Ă  savoir de la recherche de la vĂ©ritĂ©. C'est aussi celle de l'artiste, selon Bergson, mais chez lui le dĂ©tachement n'est pas le rĂ©sultat d'une ascĂšse. Il n'est pas volontaire, conquis, il est un Ă©tat naturel ». Tout se passe comme si la nature avait donnĂ© Ă  certains hommes le don de sentir ou de penser autrement que le commun des hommes. Pour prendre la mesure de leur singularitĂ©, il convient de dĂ©crire la maniĂšre usuelle d'ĂȘtre au monde. Elle se caractĂ©rise par le privilĂšge de l'action sur la contemplation et par le rĂ©trĂ©cissement du champ de vision. Pourquoi ? Parce que vivre c'est agir. Il y a lĂ  une urgence de premiĂšre nĂ©cessitĂ©. Nous avons des besoins Ă  satisfaire, des intĂ©rĂȘts vitaux et nous sommes tout naturellement enclins Ă  ne saisir du rĂ©el que ce qui est en rapport avec ces besoins et ces intĂ©rĂȘts matĂ©riels. L'arbre en fleurs est pour le paysan la promesse d'une bonne rĂ©colte, il n'en perçoit que ce qu'il lui est utile d'en percevoir. Sa perception est intĂ©ressĂ©e, ses prĂ©occupations le dĂ©tournant de regarder l'arbre Ă  la maniĂšre du peintre Bonnard. Ce dernier ne le voit pas pour ce qu'il pourra en tirer, il le voit pour lui-mĂȘme. Les formes, les couleurs, les volumes de l'amandier en fleurs s'imposent Ă  lui dans l'Ă©nigme de leur visibilitĂ©. Dans son texte d'hommage Ă  Berthe Morisot, ValĂ©ry insiste sur cette caractĂ©ristique du peintre d'ĂȘtre affranchi d'un rapport pragmatique au rĂ©el. A la diffĂ©rence du paysan, du militaire et du gĂ©ologue qui ne voient du paysage que ce qui fait sens pour leurs intĂ©rĂȘts, celui-ci est chose vue, simplement vue pour l'artiste peintre. Aux nĂ©cessitĂ©s de l'action structurant la perception des uns, s'oppose l'attitude contemplative de l'autre. Si l'on rajoute que pour les besoins de l'action, il a fallu dĂ©signer les choses par des mots, des mots qui finissent par se substituer Ă  elles de telle sorte qu'on ne les voit plus dans leur originalitĂ© et leur unicitĂ© mais on se contente des Ă©tiquettes que le langage a collĂ©es sur elles, on comprend que la vision que nous avons ordinairement des objets extĂ©rieurs et de nous-mĂȘmes soit une vision que notre attachement Ă  la rĂ©alitĂ©, notre besoin de vivre et d'agir, nous a amenĂ©s Ă  vider et Ă  rĂ©trĂ©cir ». A l'opposĂ©, le dĂ©sintĂ©rĂȘt des artistes pour l'action et les intĂ©rĂȘts matĂ©riels les rend disponibles pour une perception plus profonde de la rĂ©alitĂ©. Ils sont sensibles en gĂ©nĂ©ral par un seul sens et attentifs au concret, Ă  son caractĂšre unique, original, mouvant. Leur perception est ouverte au don infiniment renouvelĂ© de la rĂ©alitĂ© pure. Elle en a la densitĂ© et, grĂące Ă  eux, la perception commune rĂ©trĂ©cie et vidĂ©e » s'Ă©largit et s'enrichit. Il est donc bien vrai que l'art donne Ă  voir. Il n'imite pas le visible, il rend visible » disait Klee. Il ouvre sur un monde qui, en un certain sens, est bien le monde de tel ou tel artiste car le sensible est toujours au point de convergence du sentant et du senti et le sentant est irrĂ©ductiblement un ĂȘtre singulier. C'est CĂ©zanne ou Flaubert. Mais si ce monde Ă©tait purement subjectif, l'oeuvre serait privĂ©e de toute puissance d'Ă©motion esthĂ©tique. Car, ainsi que l'Ă©crit Mikel Dufrenne Le critĂšre de la vĂ©racitĂ© esthĂ©tique, c'est l'authenticitĂ© Ă  travers l'auteur de l'oeuvre, s'il est inspirĂ©, il semble que ce soit le monde comme Nature naturante qui nous fasse signe, et nous donne Ă  dĂ©chiffrer un de ses visages. Chaque monde singulier est un possible du monde rĂ©el. [..] Le monde, c'est l'inĂ©puisable il dĂ©borde toujours ce que vivent, comme leur principal souci et leur principale tĂąche, les hommes d'une Ă©poque » EsthĂ©tique et philosophie, Klincksieck, p. 26. NĂ©anmoins peut-on affirmer que le monde ouvert par l'artiste procĂšde d'un accĂšs direct Ă  la rĂ©alitĂ©? Bergson le soutient dans de nombreux textes La nature a oubliĂ© d'attacher leur facultĂ© de percevoir Ă  leur facultĂ© d'agir. Quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle, et non plus pour eux. Ils ne perçoivent plus simplement en vue d'agir ; ils perçoivent pour percevoir, - pour rien, pour le plaisir. Par un certain cĂŽtĂ© d'eux-mĂȘmes, soit par leur conscience soit par un de leurs sens, ils naissent dĂ©tachĂ©s ; et selon que ce dĂ©tachement est celui de tel ou tel sens, ou de la conscience, ils sont peintres ou sculpteurs, musiciens ou poĂštes. C'est donc bien une vision plus directe de la rĂ©alitĂ© que nous trouvons dans les diffĂ©rents arts ; et c'est parce que l'artiste songe moins Ă  utiliser sa perception qu'il perçoit un plus grand nombre de choses » Ibid, p. 152, 153. Dans Le rire, il Ă©crit aussi Mais de loin en loin, par distraction, la nature suscite des Ăąmes plus dĂ©tachĂ©es de la vie. Je ne parle pas de ce dĂ©tachement voulu, raisonnĂ©, systĂ©matique, qui est oeuvre de rĂ©flexion et de philosophie. Je parle d'un dĂ©tachement naturel, innĂ© Ă  la structure du sens ou de la conscience, et qui se manifeste tout de suite par une maniĂšre virginale, en quelque sorte, de voir, d'entendre ou de penser. Si ce dĂ©tachement Ă©tait complet, si l'Ăąme n'adhĂ©rait plus Ă  l'action par aucune de ses perceptions, elle serait l'Ăąme d'un artiste comme le monde n'en a point vu encore. Elle excellerait dans tous les arts Ă  la fois, ou plutĂŽt elle les fondrait tous en un seul. Elle apercevrait toutes choses dans leur puretĂ© originelle, aussi bien les formes, les couleurs et les sons du monde matĂ©riel que les plus subtils mouvements de la vie intĂ©rieure. » PUF, p. 120. 1900. Si l'on peut suivre Bergson dans l'idĂ©e qu'une perception dĂ©livrĂ©e des limites du besoin, des prĂ©occupations utilitaires et des conventions linguistiques est sans doute plus disponible Ă  la richesse du donnĂ© que celle qui en est prisonniĂšre, en revanche il est difficile de le suivre lorsqu'il parle d'une maniĂšre virginale » de percevoir permettant de saisir les choses dans leur puretĂ© originelle ». Car cette idĂ©e d'une virginitĂ© possible des sens et de la conscience n'est-elle pas une illusion ? Les sens et la conscience ne sont-ils pas irrĂ©ductiblement des mĂ©diations dans le rapport au rĂ©el et ces mĂ©diations peuvent-elles jamais ĂȘtre virginales ? Ce serait oublier qu'elles ont Ă©tĂ© Ă©duquĂ©es dans un contexte culturel, qu'elles portent la marque d'une subjectivitĂ© mĂȘme si elle est Ă©levĂ©e Ă  l'universel, et surtout qu'elles ne sont pas des instruments passifs dans la reprĂ©sentation. Le donnĂ© est toujours l'objet d'une transposition et toute transposition implique une part de construction. Peut-on sĂ©rieusement prĂ©tendre que l'artiste Ă©chapperait aux lois gĂ©nĂ©rales de la perception ? Telle Ă©tait l'aspiration des grands artistes modernes. Les Monet, Gauguin, CĂ©zanne, Malevitch, Klee Ă©taient obsĂ©dĂ©s par le souci de retrouver un rapport au rĂ©el vierge de toutes les influences d'une civilisation dont ils voulaient secouer le joug. Ils ont produit de grandes Ɠuvres. Peut-on dire pour autant qu'ils nous ont donnĂ© accĂšs Ă  la puretĂ© originelle des choses ? Conclusion Il y a dans ce texte une conception originale de l'art. Bergson soutient que l'art est une voie d'accĂšs plus directe Ă  la rĂ©alitĂ© que la perception commune car les sens et la conscience de l'artiste sont en consonance avec le rĂ©el. Ce statut d'exception tient au fait que la nature a fait naĂźtre des Ăąmes qui, de maniĂšre innĂ©e, sont dĂ©tachĂ©es de la vie, ce dĂ©tachement naturel Ă©tant la garantie d'une maniĂšre virginale de percevoir. ThĂšse intĂ©ressante mais problĂ©matique. La question est en derniĂšre analyse de savoir s'il suffit d'ĂȘtre dĂ©livrĂ© des intĂ©rĂȘts pragmatiques pour mieux voir et faire disparaĂźtre les mĂ©diations. Est-il lĂ©gitime de prĂ©tendre qu'il y a pour l'homme une intuition possible de l'immĂ©diat ? C'est en tout cas ce qu'affirme Bergson. Par l'Ă©largissement de la facultĂ© perceptive et de la conscience qu'il implique, l'art a l'insigne privilĂšge de dĂ©truire les mĂ©diations occultantes pour donner accĂšs Ă  la rĂ©alitĂ© pure. Lesecret professionnel sert-il encore Ă  quelque chose ? Secret : “ce qui doit ĂȘtre tenu cachĂ© des autres” selon le Robert. Ce silence peut ĂȘtre aussi bien utilisĂ© pour la dissimulation de turpitudes – ravage des dĂ©lits d'initiĂ©s et autres destructions -

1Dans les rĂ©ussites de l’art il y a quelque chose qui surpasse Ă  la fois la volontĂ© de l’artiste, si attentive et si lucide qu’elle soit, et la sensibilitĂ© du spectateur, quelles que soient sa dĂ©licatesse et ses exigences. Aussi, ce serait une entreprise stĂ©rile que de chercher Ă  dĂ©finir d’abord certaines puissances de l’esprit et de montrer ensuite comment nous parvenons, en les mettant en Ɠuvre, Ă  obtenir les satisfactions que nous en attendons. C’est la dĂ©marche inverse que nous devons suivre. La crĂ©ation artistique obĂ©it Ă  un obscur dĂ©sir elle est une aspiration vers ce qui nous manque, un vide intĂ©rieur que nous cherchons Ă  remplir. Mais, quels que soient nos efforts, nous ne rĂ©ussissons pas d’avance Ă  le circonscrire. Le circonscrire, c’est faire Ă©merger la forme qui, aussitĂŽt, lui donne un contenu. C’est rĂ©aliser l’Ɠuvre d’art. Elle seule est capable de nous rĂ©vĂ©ler le dĂ©sir qui Ă©tait en nous en l’apaisant. Il n’en est point autrement de la vĂ©ritĂ© que cherche le savant nous ne savons ce qu’elle est que quand elle se montre et ce qui pouvait satisfaire notre pensĂ©e que quand nous l’avons trouvĂ©. Ainsi nous ne chercherons quelle est l’origine de l’art ni dans l’histoire de l’humanitĂ©, ni dans le vouloir de l’artiste ; nous ne chercherons pas non plus quelle est la fonction particuliĂšre de la conscience dont l’art est, pour ainsi dire, l’exercice, ni quelle est son essence secrĂšte que l’on devrait pouvoir retrouver pourtant jusque dans sa manifestation la plus humble. Nous ne poserons point Ă  propos de l’art la question de droit. L’art est un grand fait humain. Or, si sa naissance, comme toutes les naissances, plonge dans les tĂ©nĂšbres, dĂšs qu’il se montre Ă  la lumiĂšre, il nous apporte une rĂ©vĂ©lation. Et de cette rĂ©vĂ©lation, nous n’aurons jamais achevĂ© de prendre possession. L’artiste utilise des procĂ©dĂ©s, invente des techniques par lesquelles il tente de capter l’émotion dans une forme matĂ©rielle, de maniĂšre Ă  en disposer et Ă  la faire surgir Ă  son grĂ©. Mais quelle que soit l’acuitĂ© avec laquelle une mĂ©thode nous permet d’entrer en contact avec le rĂ©el et de le saisir, il y a ici un intervalle infini entre la rĂšgle appliquĂ©e et l’effet obtenu c’est dans cet intervalle mĂȘme que l’art vient Ă  Ă©closion. On le voit bien si on compare l’art Ă  la science qui cherche prĂ©cisĂ©ment Ă  abolir cet intervalle, Ă  obtenir, dans l’application, des effets toujours conformes Ă  la rĂšgle et que l’on produit Ă  coup sĂ»r. Au contraire, dĂšs qu’elle s’est dĂ©tachĂ©e des mains de l’artiste, son Ɠuvre devient pour lui une rĂ©alitĂ© Ă  la fois familiĂšre et inconnue ou bien il n’en supporte plus la vue, ou bien il la considĂšre d’un regard aussi jeune que le spectateur qui la dĂ©couvre. Ce qu’elle nous livre Ă  ce moment-lĂ , elle le livre Ă  tous ; le technicien a disparu ou s’il retrouve encore d’une maniĂšre trop apparente les moyens dont il s’est servi, c’est qu’il a manquĂ© son but. Non point qu’une sorte d’égalitĂ© soit créée alors entre les spectateurs. Celui qui a la conscience la plus ouverte, la plus fine et la plus accueillante a aussi de l’Ɠuvre d’art l’intelligence la plus pĂ©nĂ©trante il arrive qu’il instruise l’artiste lui-mĂȘme non point seulement sur ce qu’il a fait, mais sur ce qu’il a voulu, presque Ă  son insu. Car on ne peut juger d’un esprit sur la pensĂ©e qu’il a lui-mĂȘme, mais sur les actes auxquels elle le conduit, ni sur ses desseins, mais sur leur fruit. Voici donc l’art devant nous, rĂ©duit Ă  n’ĂȘtre plus pour nous qu’un pur tĂ©moignage auquel nous allons demander non point quel est son sens, mais quel sens il donne Ă  cette rĂ©alitĂ© qu’il reprĂ©sente et qui par lui se trouve toujours toutes les crĂ©ations de l’esprit humain l’art possĂšde en effet une situation exceptionnelle. Si nous acceptons de le considĂ©rer dans ses sommets, il donne Ă  la conscience une satisfaction gratuite et parfaite qui surpasse son attente et mĂȘme son espĂ©rance. Il met en mouvement toutes ses puissances intĂ©rieures mais celles-ci, au lieu de s’opposer les unes aux autres, se rĂ©pondent, se soutiennent et s’unifient. Il devance en nous le dĂ©sir ce dĂ©sir, il va l’éveiller au fond de nous-mĂȘme, il le dĂ©couvre et il le suscite. Mais en mĂȘme temps, il l’apaise et le comble. Dans l’émotion esthĂ©tique, le dĂ©sir et l’objet du dĂ©sir sont donnĂ©s Ă  la fois, ils ne cessent de se rĂ©pondre dans une oscillation ininterrompue ; mais, tandis que, dans la vie de tous les jours, je ne rencontre aucun objet qui puisse Ă©galer, semble-t-il, ma puissance de dĂ©sirer, ici les rapports se trouvent tout Ă  coup renversĂ©s. Le dĂ©sirable est antĂ©rieur au dĂ©sir. Et je crains qu’il n’y ait jamais en moi assez de dĂ©sir pour actualiser et possĂ©der tout ce dĂ©sirable. Il y a plus, le propre du dĂ©sir c’est toujours de me montrer 1’insuffisance du rĂ©el et de me porter au-delĂ . Mais ici tout au contraire c’est le rĂ©el que nous avons sous les yeux qui ne cesse de nourrir le dĂ©sir sans que celui-ci parvienne Ă  l’épuiser. Pour cela il n’a fallu que cette touche lĂ©gĂšre de l’activitĂ© humaine qui, en transposant le rĂ©el dans l’Ɠuvre d’art, lui a donnĂ© tout Ă  coup une lumiĂšre extraordinaire, un immense arriĂšre-plan, une affinitĂ© mystĂ©rieuse avec nous. L’art prend naissance au moment oĂč l’hiatus qui sĂ©pare le rĂ©el de notre esprit se trouve tout Ă  coup aboli, oĂč la contradiction entre le sujet et l’objet, entre l’aspiration et la donnĂ©e est surmontĂ©e, oĂč une incessante communication se produit entre la conscience et la nature, et qui est telle que chacune ne cesse de fournir Ă  l’autre, toutes deux semblant Ă  la fois recevoir et donner. 3Le monde qui Ă©tait pour moi un obstacle devient maintenant un chemin ouvert Ă  mon esprit. Les choses cessent de m’ĂȘtre opposĂ©es je dĂ©couvre entre elles et moi une affinitĂ© qui est l’objet d’une possession actuelle, mais qui demeure toujours aussi une promesse et une espĂ©rance. Le signe de l’émotion esthĂ©tique, c’est la joie que je ressens Ă  voir que les choses sont en effet ce qu’elles sont. Je ne crains point qu’elles m’échappent, puisque le propre de l’art c’est de les capter et de m’en donner pour ainsi dire la disposition ; mais je n’ai jamais fini d’en disposer ; je ne crains pas non plus que leur possession s’épuise et me ferme l’avenir. Bien plus, il ne suffit pas que l’émotion esthĂ©tique ne cesse de se renouveler et de se rĂ©gĂ©nĂ©rer elle-mĂȘme Ă  mesure qu’elle s’étend et s’approfondit, il faut qu’elle multiplie ces raisons que nous avons de vouloir que les choses soient prĂ©cisĂ©ment ce qu’elles sont. Elle nous permet de donner ainsi au temps sa vĂ©ritable signification car il ne nous retire rien de ce que nous avions et s’il nous engage dans l’avenir, c’est seulement pour nous montrer la plĂ©nitude infinie d’une valeur que nous avons pourtant sous les yeux. A cet Ă©gard, la beautĂ© dĂ©passe Ă  la fois la vĂ©ritĂ© et la moralitĂ© la vĂ©ritĂ©, qui, si elle me donne la joie de la connaĂźtre, ne me donne pas celle de la vouloir puisque je n’agis jamais que pour la changer, et la moralitĂ© qui rĂ©side seulement dans l’effort et le mĂ©rite et ne m’apporte jamais un objet que je puisse embrasser ni possĂ©der. La beautĂ© est une cime vers laquelle convergent Ă  la fois la vĂ©ritĂ©, dĂšs que je puis la connaĂźtre et la vouloir tout ensemble, et la moralitĂ©, dĂšs que l’action qu’elle m’oblige Ă  accomplir atteint un dernier point oĂč elle suscite la contemplation et coĂŻncide avec comprend donc bien pourquoi l’art n’est pas Ă  proprement parler un problĂšme proposĂ© Ă  notre rĂ©flexion ce qui paraĂźt Ă©vident si l’on considĂšre que toute rĂ©flexion sur l’art obscurcit sa nature au lieu de 1’éclairer, dissout sa fine essence et transpose sur un terrain diffĂ©rent oĂč l’intelligence interroge encore le rĂ©el, la rĂ©ponse mĂȘme que l’art vient de lui fournir ce qu’il nous montre en effet, c’est comment l’esprit parvient Ă  pĂ©nĂ©trer le rĂ©el, Ă  se le rendre prĂ©sent, Ă  lui reconnaĂźtre une signification en dĂ©couvrant en lui la rĂ©alisation de ses vƓux. Mais c’est la conscience de l’artiste, elle, qui est un problĂšme vivant elle mesure la distance qui sĂ©pare ce qui lui est donnĂ© de ce qu’elle dĂ©sire ; elle ignore ce qu’elle dĂ©sire, puisqu’elle cherche prĂ©cisĂ©ment Ă  se le reprĂ©senter et, chose admirable, il suffit qu’elle le reprĂ©sente pour l’obtenir. C’est comme une sollicitation adressĂ©e sans cesse au rĂ©el qui tout Ă  coup le lui livre. Ainsi, l’Ɠuvre d’art est toujours une solution c’est cette solution que nous cherchons en elle. C’est pour la mieux comprendre que nous remontons jusqu’au problĂšme qu’elle suppose sans oublier que la solution pour nous devance ici le problĂšme. C’est donc en mĂ©ditant sur l’art comme solution, et non point comme problĂšme, que nous discernons sa vĂ©ritable nature. Ou plutĂŽt, c’est la solution qui nous dĂ©couvre le problĂšme. Au-delĂ  mĂȘme de nos aspirations esthĂ©tiques l’art nous montre comment, si l’esprit s’identifie toujours avec une question que nous posons sur le rĂ©el, cette question peut ĂȘtre satisfaite par une rĂ©ponse qui nous en donne la d’abord on peut dire que le propre de l’art, c’est de nous dĂ©couvrir la prĂ©sence au rĂ©el. Et sans doute cette assertion peut surprendre, puisque le rĂ©el est devant nous et que l’art refuse, semble-t-il, de s’en contenter, soit qu’il cherche seulement Ă  le reproduire, mais sur un autre plan et avec des moyens qui lui appartiennent, soit qu’il entreprenne de l’idĂ©aliser. Cependant l’apprĂ©hension du rĂ©el n’est pas aussi simple ni aussi immĂ©diate qu’on pourrait le penser ; et si nous comparons la maniĂšre dont il s’offre d’emblĂ©e au regard avec la reprĂ©sentation que l’art nous en donne, nous verrons que la vocation de l’art est prĂ©cisĂ©ment de nous en apporter la rĂ©vĂ©lation. En effet, le rĂ©el, c’est d’abord un spectacle familier et changeant qui s’étend autour de nous, que nous retrouvons chaque jour et qui donne un point d’appui Ă  nos pas et un but Ă  nos mouvements, qui prĂ©sente juste assez de constance pour ne point nous ĂŽter toute sĂ©curitĂ© et juste assez de mobilitĂ© pour rĂ©veiller en nous les puissances de la vie et les obliger Ă  tout instant Ă  s’exercer. Mais peut-on dire que dans ce spectacle le rĂ©el se montre Ă  nous vĂ©ritablement ? Y a-t-il en nous une attention, un intĂ©rĂȘt, qui, en s’attachant Ă  lui, nous en donnent une image pure ? Que lui demandons-nous sinon de fournir un chemin Ă  notre activitĂ© et un aliment Ă  nos besoins ? En lui-mĂȘme le rĂ©el n’a encore pour nous ni valeur ni signification. Nous ne le rencontrons qu’au terme d’une action Ă  laquelle il fournit soit un obstacle, soit un vĂ©hicule. Nous ne cessons de l’interroger mais afin de reconnaĂźtre ce qu’il recĂšle en lui qui peut nous servir ou nous nuire. Nous n’envisageons jamais le rĂ©el que dans son rapport, non pas seulement avec nous, mais avec notre utilitĂ©. DĂšs lors, en devenant pour nous un moyen, il nous dĂ©robe pour ainsi dire son vrai visage. Il se plie Ă  une fin qui lui est Ă©trangĂšre et nous ne retenons de lui que les indices qui nous permettront de l’atteindre. DĂšs que ces indices ont Ă©tĂ© reconnus, nous cessons en quelque sorte de le voir. Ainsi, soit qu’il ne puisse nous servir, soit que l’usage que nous en faisons devienne trop assurĂ©, il s’enveloppe peu Ă  peu dans les voiles de l’habitude derriĂšre eux nous soupçonnons sa prĂ©sence, mais sans ĂȘtre capables de la rĂ©aliser. 5L’art dĂ©chire ce voile. Il abolit tous les Ă©crans entre le rĂ©el et nous. Il interrompt toutes ces rĂ©actions trop connues que le rĂ©el suscite en nous et qui le dissimulent. Il traverse toute l’épaisseur des reprĂ©sentations acquises. Il nous oblige Ă  retrouver avec les choses un contact absolu. Il abolit en elles l’utilitĂ©, dissipe toutes les arriĂšre-pensĂ©es par lesquelles nous les rapportons Ă  quelque terme de comparaison situĂ© en dehors d’elles ; il serait mĂȘme plus vrai de dire, comme on le fait parfois, qu’il en fait un terme de comparaison pour tout le reste, si ce n’était par lĂ  diviser encore une pensĂ©e qu’elles doivent retenir tout entiĂšre et qui trouve dans leur contemplation un mouvement qui lui suffit. Ainsi, l’art restitue aux choses leur Ă©tat de choses il nous les dĂ©couvre ; il leur donne une sorte de prĂ©sence pure que jusque lĂ  nous n’avions pas soupçonnĂ©e. Il nous oblige Ă  les regarder, Ă  les apercevoir telles que nous les verrions la premiĂšre fois, si notre regard Ă©tait assez pĂ©nĂ©trant et assez lucide. Il rend au regard sa parfaite jeunesse, Ă  l’atmosphĂšre qui enveloppe le rĂ©el une transparence presque surnaturelle. On le voit dans 1’effort par lequel l’artiste, prĂ©occupĂ© d’oublier tout son passĂ©, tout son savoir, cherche seulement Ă  scruter le rĂ©el afin de le tenir Ă  la disposition tout Ă  la fois de l’Ɠil et de la main les ressources de la technique la plus habile n’ont point d’autre fin que d’obtenir cette double coĂŻncidence et de disparaĂźtre au moment oĂč elle se rĂ©alise. Mais le spectacle du monde perd alors sa familiaritĂ© anonyme pour acquĂ©rir une familiaritĂ© intime et personnelle, comme les choses qui n’étaient pour nous qu’un objet d’usage dont nous nous sommes longtemps servi sans les avoir remarquĂ©es et qui, quand nous les retrouvons aprĂšs les avoir perdues de vue, acquiĂšrent tout Ă  coup un relief vivant et mobilitĂ© des diffĂ©rents aspects du rĂ©el nous empĂȘchait aussi de leur appliquer une attention assez sĂ©rieuse habituĂ©s Ă  les voir apparaĂźtre et disparaĂźtre, nous ne posions sur elles qu’une pensĂ©e d’un moment qui s’était dĂ©jĂ  retirĂ©e d’elles avant qu’elles fussent Ă©vanouies. L’art, par l’immobilitĂ© qu’il leur donne, ou par la possibilitĂ© qu’il nous donne de recommencer toujours un mouvement aboli, nous introduit dans cette prĂ©sence constante, indĂ©pendante Ă  la fois du temps et du besoin, qui est toujours de niveau avec un esprit prĂ©sent Ă  lui-mĂȘme et qui est prĂȘte Ă  rĂ©pondre sans cesse Ă  ses moindres sollicitations. L’art suscite donc en nous une attention si pleine et si docile qu’il nous montre comme vĂ©ritablement prĂ©sente une rĂ©alitĂ© qui Ă©tait toujours devant nous, mais que nous n’avions jamais vue il oblige la conscience Ă  s’en emparer, Ă  en rĂ©aliser une perception actuelle qui fait saillie sur toutes nos perceptions habituelles toujours un peu amorties ou effacĂ©es, soit par le souvenir de celles que nous avons dĂ©jĂ  eues et qui les recouvrent, soit par les signes de quelque Ă©vĂ©nement plus lointain que nous recherchons en elles et qui nous en dĂ©tournent. Le propre de l’artiste, c’est donc d’ĂȘtre un mĂ©diateur entre le rĂ©el et nous il suffit de songer soit au peintre de paysage, soit au peintre de portrait qui nous donnent de l’horizon le plus commun, du visage que nous croyons le mieux connaĂźtre une prĂ©sentation si profonde et en mĂȘme temps si inattendue, pour nous apercevoir que cette vision personnelle qu’ils nous apportent change la nĂŽtre et nous contraint, pour ainsi dire, Ă  dĂ©couvrir, Ă  travers les choses qu’ils n’ont rencontrĂ©es souvent qu’une fois, celles mĂȘmes que nous n’avions peut-ĂȘtre jamais cette prĂ©sence des choses, l’émotion esthĂ©tique ne suffit-elle pas Ă  nous la donner sans le secours de l’art ? Pourquoi faut-il encore que l’art intervienne pour en ĂȘtre l’interprĂšte ? On comprend bien que l’artiste, dĂšs qu’il atteint une apprĂ©hension si exceptionnelle du rĂ©el, songe Ă  la fixer de maniĂšre Ă  nous la communiquer et par consĂ©quent Ă  nous permettre de la rĂ©aliser Ă  notre tour. Mais est-ce lĂ  l’unique signification de la crĂ©ation artistique ? N’a-t-elle pour rĂŽle que de capter et de transmettre cette perception attentive et dĂ©sintĂ©ressĂ©e qui nous livre les choses elles-mĂȘmes, par delĂ  l’habitude ou l’usage ? Nul artiste ne consentirait sans doute Ă  le dire. Car il sent bien que le propre de l’art n’est pas seulement de traduire une perception qu’il a dĂ©jĂ , mais encore de la rendre possible et pour ainsi dire de la produire. Il n’y a point de perception directe, engagĂ©e dans notre vie quotidienne, qui puisse affecter le caractĂšre d’une contemplation pure elle est pour cela trop chargĂ©e de matiĂšre, en relation trop immĂ©diate avec notre corps, avec l’espace et le temps oĂč se dĂ©ploient nos dĂ©sirs, elle est trop rĂ©sistante et trop fragile Ă  la fois, trop pleine pour nous de menaces ou de promesses ; elle est mĂȘlĂ©e Ă  toutes les conjonctures de notre vie pratique. Elle fait partie de ce monde temporel oĂč nous avons toujours quelque intĂ©rĂȘt plus ou moins pressant, ou nous ne cessons d’attendre, de dĂ©sirer, de craindre, de risquer, de nous dĂ©fendre, et qui ne devient jamais tout Ă  fait un spectacle pour nous. C’est cette transformation de l’univers en spectacle que l’art rĂ©alise. Il faut que ce spectacle soit inutile pour qu’il ne soit plus que contemplĂ©. Non pas que dans cette contemplation la volontĂ© soit absente, puisqu’au contraire nous avons affaire alors Ă  cette volontĂ© dĂ©pouillĂ©e qui veut, comme nous l’avons dit, que les choses soient prĂ©cisĂ©ment ce qu’elles sont, et non pas Ă  cette volontĂ© de convoitise qui pense toujours au profit qu’elle en pourra tirer. L’originalitĂ© de l’art, c’est prĂ©cisĂ©ment de crĂ©er ce spectacle inutile qui oblige l’esprit Ă  se purifier de toute pensĂ©e Ă©goĂŻste pour appliquer aux choses une pensĂ©e qui ne voit qu’elles et qui aussitĂŽt les fait surgir devant nous. 7De lĂ  le rĂŽle mystĂ©rieux jouĂ© par l’imitation qui a Ă©tĂ© si discutĂ©e, autour de laquelle on voit sans cesse renaĂźtre le conflit de l’idĂ©alisme et du rĂ©alisme, dont on ne peut pas dire qu’elle Ă©puise tout le secret de la crĂ©ation artistique, mais qui nous permet cependant d’en comprendre l’essence. Et il n’y a sans doute aucun art qui n’ait recours Ă  l’imitation, au moins dans une certaine mesure, mais sans que les arts qui paraissent fondĂ©s sur elle laissent pourtant une moindre place Ă  l’invention que les autres. 8Peut-ĂȘtre n’y a-t-il point d’imitation, comme on le voit dans ses manifestations les plus spontanĂ©es et les plus irrĂ©flĂ©chies, qui ne possĂšde dĂ©jĂ  un caractĂšre esthĂ©tique. C’est qu’elle vide l’objet de sa signification pratique et ne laisse plus subsister que sa forme. Aussi comprend-on que l’on puisse tantĂŽt ĂȘtre trĂšs sĂ©vĂšre pour elle et affirmer qu’elle est toujours servile et tarit le gĂ©nie crĂ©ateur, et tantĂŽt la considĂ©rer avec assez de faveur pour prĂ©tendre que c’est quand elle montre le plus de probitĂ© et de fidĂ©litĂ© que l’art atteint lui-mĂȘme la perfection la plus haute. Pourtant la vertu esthĂ©tique de l’imitation n’est pas oĂč on la met en gĂ©nĂ©ral elle ne rĂ©side pas dans l’emploi de certains moyens techniques qui nous permettent de rĂ©duire l’art Ă  une activitĂ© spĂ©cialisĂ©e par laquelle nous disposons du rĂ©el avec plus ou moins de science ou d’habiletĂ©. Non point que cette activitĂ© puisse ĂȘtre nĂ©gligĂ©e ; seulement elle ne vaut pas par elle-mĂȘme mais par le rĂŽle qu’elle est destinĂ©e Ă  remplir. Car ce rĂŽle, c’est de rendre possible une transposition du rĂ©el du domaine de l’utilitĂ© dans un domaine diffĂ©rent oĂč l’esprit se donne des rĂšgles afin d’en faire un objet de contemplation pure. L’art rĂ©side dans cette transposition elle-mĂȘme. Les rĂšgles auxquelles il s’assujettit pour la produire n’ont point, comme on le croit, de signification esthĂ©tique par elles-mĂȘmes, mais seulement parce qu’elles assurent la possibilitĂ© de cette imitation par transposition » qui substitue Ă  l’image de la rĂ©alitĂ© la rĂ©alitĂ© d’une image, et convertit un objet qui avait des rapports avec notre corps en un autre objet qui n’en a plus qu’avec notre esprit. C’est cette transmutation, cette transfiguration qui en donnant aux choses une sorte de prĂ©sence absolue, les revĂȘt aussitĂŽt d’un caractĂšre esthĂ©tique. Ce qui suffit pour expliquer trois choses d’abord pourquoi, comme on 1’a remarquĂ© souvent, les choses qui sont dans la nature ne produisent en nous une Ă©motion esthĂ©tique que si nous rĂ©ussissons par l’imagination Ă  en faire pour ainsi dire des tableaux, ensuite pourquoi aucune d’entre elles, contrairement Ă  un prĂ©jugĂ© idĂ©aliste, ne possĂšde de privilĂšge esthĂ©tique, de telle sorte que la plus humble d’entre elles peut se changer en une Ɠuvre d’art si l’imitation parvient Ă  isoler sa reprĂ©sentation de tout usage servile ; enfin pourquoi l’imitation exclut elle-mĂȘme toute rĂ©pĂ©tition, puisqu’elle doit nous donner la rĂ©alitĂ© mĂȘme de la chose dans son unitĂ© concrĂšte et sensible et que pour l’imiter deux fois, il faut nĂ©cessairement la recrĂ©er deux fois. 9Aussi, personne n’a vu plus profondĂ©ment l’essence mĂȘme de l’art que Pascal dans le mot si cĂ©lĂšbre et pourtant si cruel Quelle vanitĂ© que la peinture qui attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux !On ne cherchera point Ă  la rĂ©futer et mĂȘme on lui donnera les mains, mais on montrera que si nous admirons cette ressemblance, c’est prĂ©cisĂ©ment parce qu’elle dĂ©pouille l’original de ce qu’il y avait en lui de momentanĂ© et d’utilitaire et qui nous empĂȘchait de le voir ; elle nous apprend Ă  l’admirer en nous apprenant prĂ©cisĂ©ment ce qu’il comprend donc bien pourquoi l’art a toujours paru une sorte de prestige et mĂȘme de miracle. Car il donne une valeur Ă  des choses qui par elles-mĂȘmes semblaient n’en avoir aucune. Or cette valeur semble produite par l’action grĂące Ă  laquelle nous parvenons Ă  les figurer. Ce qui nous conduit Ă  nous demander si l’art n’aurait pas son origine dans le pouvoir crĂ©ateur de l’esprit plutĂŽt que dans son pouvoir contemplatif. L’Ɠuvre d’art que nous avons sous les yeux accumule en elle toutes les actions qu’il a fallu accomplir pour la crĂ©er et le propre de la contemplation c’est seulement, en nous les donnant toutes Ă  la fois, de nous permettre de les retrouver et de les accomplir encore par l’imagination. L’art alors, comme la poĂ©sie, rĂ©siderait dans une activitĂ© inventive et crĂ©atrice par laquelle nous remonterions jusqu’à cette source mĂȘme oĂč les choses prennent naissance il nous les montrerait dans la puissance mĂȘme qui leur permet d’éclore. Ainsi s’expliquerait ce rajeunissement, ce renouvellement que l’art imprime Ă  toutes choses, aux plus banales, aux plus usĂ©es. Il semble les faire sortir des mains de l’artiste telles qu’elles sont sorties des mains du crĂ©ateur. De lĂ  les interprĂ©tations diffĂ©rentes que l’on a pu donner de l’activitĂ© artistique elle-mĂȘme, soit qu’on la considĂšre comme Ă©tant l’activitĂ© propre de l’homme qui introduit la beautĂ© dans le monde au moment oĂč il le fait pĂ©nĂ©trer dans une forme qu’il a conçue soit qu’on la considĂšre comme une activitĂ© qui dĂ©passe la nĂŽtre et qui, issue des tĂ©nĂšbres de l’inconscient, nous oblige Ă  retrouver dans le rĂ©el l’appel d’une vie profonde presque toujours masquĂ©e par l’expĂ©rience quotidienne, soit que l’on imagine une parentĂ© entre l’activitĂ© par laquelle les choses se font et l’activitĂ© par laquelle nous les percevons, de telle sorte que, pour en prendre possession, nous soyons amenĂ©s Ă  en retrouver les diffĂ©rentes formes, Ă  les figurer et Ă  les multiplier. Le caractĂšre original de l’art, ce serait alors de nous obliger Ă  rĂ©inventer le monde, de nous associer Ă  ce mouvement qui ne cesse de le produire et de l’animer et qu’il est libre encore de prolonger et d’inflĂ©chir d’une infinitĂ© de maniĂšres. 11Il ne peut pas ĂȘtre question de contester cet Ă©lĂ©ment d’invention et de crĂ©ation sans lequel l’art ne produirait rien. Et mĂȘme il n’y a point de vue qui semble pĂ©nĂ©trer plus avant dans l’essence mĂȘme de l’art que celle qui essaie de l’atteindre dans l’acte mĂȘme qui le fait ĂȘtre bien plus, il y a une relation fort Ă©troite entre le caractĂšre par lequel nous avons essayĂ© de dĂ©finir l’art et qui est de donner aux choses une prĂ©sence toute neuve et celui qui nous permet de les considĂ©rer dans cette dĂ©marche crĂ©atrice qui les rend sans cesse naissantes. Pourtant il faut considĂ©rer qu’une dĂ©marche inventive n’a point par elle-mĂȘme une valeur esthĂ©tique, que l’on ne peut attribuer aux crĂ©ations de la science, de la technique, ou mĂȘme de la moralitĂ© que par une extension des termes qui est peut-ĂȘtre abusive. L’important en effet, c’est que cette crĂ©ation soit celle d’un spectacle qui puisse ĂȘtre contemplĂ©. Or cela n’est possible prĂ©cisĂ©ment que si ce spectacle est l’objet privilĂ©giĂ© de notre crĂ©ation, ce qui ne peut arriver que si nous nous prĂ©occupons non point de produire des effets qui puissent prendre place dans le monde et en changer pour ainsi dire la nature, mais de produire un nouvel aspect de la rĂ©alitĂ©, libre de tout intĂ©rĂȘt et qui nous permette de la saisir en elle-mĂȘme, abstraction faite du parti que nous songeons Ă  en tirer. De telle sorte qu’ici l’action, malgrĂ© les apparences, n’est jamais qu’un moyen au service de la contemplation, alors que partout ailleurs l’action crĂ©atrice vaut par son efficacitĂ© mĂȘme, ce que nous pourrions exprimer – Ă  condition de dĂ©tourner un peu les mots de l’acception que leur avait donnĂ©e Aristote – en disant que l’action de l’artiste est proprement poĂ©tique, mais qu’elle n’est jamais y a plus si l’art nous paraĂźt rĂ©sider avant tout dans une crĂ©ation, ce n’est pas parce qu’il ajoute au monde rĂ©el un autre monde oĂč notre imagination et notre sensibilitĂ© trouvent une satisfaction plus parfaite, c’est parce qu’il donne au monde rĂ©el un caractĂšre de nouveautĂ©, c’est parce qu’il nous oblige enfin Ă  le percevoir, c’est qu’il nous le montre tel qu’il Ă©tait toujours sans que nous l’ayons jamais su. Il est bien vrai qu’il surgit alors dans notre reprĂ©sentation comme si c’était nous qui le produisions. Pourtant, il y a toujours dans la crĂ©ation au moment oĂč elle sort elle-mĂȘme du nĂ©ant et des tĂ©nĂšbres, le mystĂšre et l’effort d’un arrachement. L’émotion qui l’accompagne est d’un autre ordre que l’émotion esthĂ©tique elle est plus violente et plus trouble. Mais l’émotion esthĂ©tique accompagne le créé ; il y a en elle une possession plus tranquille et plus apaisĂ©e. Elle ne naĂźt du jeu des passions que quand, Ă  l’intĂ©rieur de ce jeu lui-mĂȘme, viennent s’introduire l’harmonie et la sĂ©curitĂ©. Mais alors, le caractĂšre de nouveautĂ© insĂ©parable de l’Ɠuvre d’art change de sens loin d’exprimer cet accĂšs dans l’ĂȘtre d’une forme d’existence jusque lĂ  inconnue, loin de traduire cette mobilitĂ© infinie qui empĂȘche l’humanitĂ© de remettre jamais ses pas dans les traces de ses anciens pas, elle serait le signe au contraire d’un retour vers une rĂ©alitĂ© que nous n’avions pas quittĂ©e mais avec laquelle nous avions perdu contact et que nous retrouvons tout Ă  coup avec une sorte d’émerveillement. L’art, c’est le monde reconnu ; c’est le mĂȘme monde que celui oĂč nous avons toujours vĂ©cu, mais qui cesse de nous ĂȘtre Ă©tranger, qui rĂ©pond Ă  toutes les puissances de notre Ăąme et coĂŻncide avec leur exercice. C’est pour cela qu’il est toujours nouveau, non pas de cette nouveautĂ© instable et, inquiĂšte qui ne nous donne qu’un Ă©branlement de surface, mais de cette nouveautĂ© si claire et si profonde que revĂȘt Ă  chaque fois notre propre maison quand nous en avons vĂ©cu longtemps sĂ©parĂ© et que le moindre objet qu’elle contient acquiert pour nous plus de profondeur et plus d’éclat que tous les trĂ©sors de la fable. Ainsi l’art n’invente rien ; il nous montre dans la moindre parcelle de ce qui nous est donnĂ© une richesse qui suffit Ă  nous combler. Il introduit dans le temps lui-mĂȘme la dimension de l’éternitĂ© ; c’est elle qui donne Ă  chaque objet, dĂšs que l’art l’a touchĂ©, une inaltĂ©rable nouveautĂ©. Ainsi, quels que soient les efforts d’invention et de crĂ©ation de l’artiste pour dĂ©passer le monde qu’il a sous les yeux et nous faire pĂ©nĂ©trer dans un monde qui est son ouvrage, ces efforts n’aboutissent que s’ils produisent un spectacle dans lequel nous retrouvons le rĂ©el qui jusque lĂ  nous avait toujours Ă©chappĂ©, de telle sorte que toute invention doit venir se rĂ©soudre dans la dĂ©couverte mĂȘme de ce qui est, et toute crĂ©ation, dans la prĂ©sence du rĂ©el qui tout Ă  coup nous est lors, tout le mystĂšre pour nous est de savoir pourquoi nous ne pouvons prendre possession des choses qu’à travers cette apparence que nous crĂ©ons et qui semble pourtant nous en Ă©loigner. C’est le moment maintenant de rĂ©aliser la synthĂšse de ces deux caractĂšres qui sont indissolublement unis dans l’art Ă  savoir qu’il dĂ©tache le spectacle du rĂ©el de toutes ses servitudes, c’est-Ă -dire de l’habitude et du besoin, et qu’en crĂ©ant ce spectacle, il lui donne une Ă©ternitĂ© toujours renaissante. Tout d’abord, nous pouvons dire que le caractĂšre propre de l’art, c’est en effet de produire une apparence ; mais nous donnerons Ă  ce mot son sens le plus fort. C’est dans l’art seulement que le rĂ©el nous apparaĂźt, mais pour cela il faut que nous donnions a cette apparence une rĂ©alitĂ© sĂ©parĂ©e jusque lĂ  le rĂ©el nous rassurait par une prĂ©sence obscure que nous n’avions pas besoin d’actualiser ; l’art, au contraire, nous oblige Ă  le faire. Il isole l’apparence des choses afin de montrer qu’en effet elles nous apparaissent. Mais il y a plus, les choses ne nous sont jamais prĂ©sentes par elles-mĂȘmes pour qu’elles le deviennent, il faut que nous nous les rendions nous-mĂȘmes prĂ©sentes. Et mĂȘme on peut dire qu’il n’y a pas d’autre prĂ©sence que la prĂ©sence de l’esprit. Ă  lui-mĂȘme. Cette prĂ©sence se rĂ©alise par une activitĂ© qu’il dĂ©pend de lui d’exercer. C’est par elle que la rĂ©alitĂ© nous deviendra prĂ©sente Ă  son tour. Mais il y faut l’attention la plus dĂ©sintĂ©ressĂ©e et la plus pure. Et nous savons Ă  quel point l’activitĂ© de l’esprit est vacillante et prompte Ă  flĂ©chir ; elle se repose sur l’objet, dĂšs qu’elle croit l’avoir rencontrĂ© et cesse d’y appliquer son effort. Elle le perd presque aussitĂŽt qu’elle l’a trouvĂ©. Or, rien ne peut ĂȘtre prĂ©sent pour nous que dans l’acte mĂȘme par lequel nous rĂ©alisons cette prĂ©sence. Mais cet acte peut-il demeurer purement intĂ©rieur ? Nous consentons Ă  reconnaĂźtre que chez certains esprits d’une vigueur singuliĂšre, chez tous les hommes dans certaines minutes bienheureuses, chez l’artiste dans ce moment chargĂ© d’une Ă©motion incomparable oĂč la possession et la jouissance du rĂ©el ont pour lui tant de plĂ©nitude et de perfection que le pinceau lui tombe des mains, la crĂ©ation artistique peut paraĂźtre fragile et inutile la prĂ©sence mĂȘme du rĂ©el nous est livrĂ©e alors sans intermĂ©diaire avec une beautĂ© surabondante qui nous ĂŽte la puissance d’agir. Seulement, cette rĂ©vĂ©lation est elle-mĂȘme rare et Ă©vanouissante ; quand elle nous manque, nous cherchons Ă  la susciter et Ă  la produire ; nous cherchons Ă  la maintenir quand elle commence Ă  nous fuir. Nous voulons pouvoir la retrouver nous-mĂȘme quand nous l’avons perdue, nous voulons la suggĂ©rer Ă  ceux qui ne l’ont pas et leur communiquer un bien dont nous les croyons appelĂ©s Ă  jouir avec nous. C’est alors que la main vient au secours de l’esprit. Mais il se produit alors un phĂ©nomĂšne admirable, c’est que la main ne se contente pas de prolonger l’action de l’esprit, d’immobiliser la vision du rĂ©el qu’il nous a donnĂ©e de maniĂšre Ă  nous en assurer une possession stable et qui nous permet d’en disposer. Il faut dire que la main oblige l’esprit Ă  exercer toutes ses puissances elle rĂ©veille son attention et l’invite sans cesse Ă  se tendre ce projet qu’a le peintre de capter le rĂ©el sur sa toile comme un spectacle pur ravive son regard, lui donne plus d’acuitĂ© et de dĂ©licatesse et le contraint Ă  dĂ©gager du rĂ©el le spectacle mĂȘme dont l’esprit ne peut prendre possession que dans une sorte de circulation ininterrompue entre l’Ɠil et la main, oĂč chacun d’eux renvoie vers l’autre et l’incite Ă  se dĂ©passer. On peut bien dire du peintre que ce qu’il est capable de voir est la mesure de ce qu’il est capable de peindre. Mais l’inverse est vrai plus qu’on ne le croit, ce qui justifie en partie tous ceux qui veulent rĂ©duire l’art Ă  la technique. Ainsi, on ne s’étonnera pas que notre vision du rĂ©el s’enrichisse au cours mĂȘme des efforts que nous faisons pour la fixer Ă  travers les maladresses de l’exĂ©cution nous reconnaissons aussi les insuffisances de la vision et tant que l’Ɠuvre n’est pas terminĂ©e, nous ne cessons de les dire que dans l’Ɠuvre d’art l’esprit s’est reconnu ; il se donne lĂ  le spectacle de lui-mĂȘme en mĂȘme temps que le spectacle des choses et la perfection de l’art se trouve atteinte au moment oĂč ces deux spectacles n’en font qu’un. Le jeu de l’émotion esthĂ©tique, c’est le jeu de leur coĂŻncidence tour Ă  tour perdue et retrouvĂ©e. L’art est le moyen qui permet Ă  l’esprit de se mirer pour ainsi dire dans le rĂ©el et c’est pour cela que le rĂ©el devient pour lui intelligible, non pas seulement d’une intelligibilitĂ© abstraite comme celle de la science qui nous permet de le dominer par une loi, mais de cette intelligibilitĂ© sensible par laquelle il devient aussi l’objet de notre vouloir et l’expression de notre vie. C’est en composant le rĂ©el que l’art l’apprĂ©hende ; mais par lĂ  il se rend le rĂ©el prĂ©sent en devenant lui-mĂȘme prĂ©sent au cƓur du rĂ©el, de telle sorte que l’on ne sait plus dire s’il se l’est incorporĂ© ou s’il est incorporĂ© Ă  lui. Car le rĂ©el n’est plus pour lui que l’esprit rĂ©alisĂ© ce qui permet d’expliquer ce caractĂšre que nous avons reconnu d’abord dans l’Ɠuvre d’art de nous donner une satisfaction qui nous comble car elle est en elle-mĂȘme finie, achevĂ©e, mais elle retient toute l’attention de l’esprit qui ne songe pas Ă  la quitter, Ă  s’en Ă©vader, qui ne cesse de circuler en elle, parce qu’elle renouvelle toujours son propre mouvement sans 1’épuiser jamais. C’est dire encore qu’elle enclĂŽt l’infini dans le fini, et par lĂ  nous montre comment l’esprit et le rĂ©el parviennent Ă  coĂŻncider car le caractĂšre du rĂ©el, c’est comme on le voit dans l’objet le plus humble, de donner prise Ă  la multiplicitĂ© infinie de visions diffĂ©rentes, mais de les surpasser toutes. Or, le propre de l’art c’est de n’en rĂ©aliser qu’une, de nous proposer telle vision particuliĂšre que tel artiste en a eue dans telle circonstance et Ă  tel moment. Mais dans cette vision, l’esprit s’est emparĂ© du rĂ©el, il nous rĂ©vĂšle sa prĂ©sence qui jusque lĂ  nous avait Ă©tĂ© refusĂ©e ; par l’intermĂ©diaire de la vision d’un autre, l’art nous dĂ©couvre la nĂŽtre et ne cesse de l’enrichir. Bien plus, il produit dans la conscience du spectateur une multiplicitĂ© infinie de suggestions diffĂ©rentes qui peuvent toujours aller au-delĂ  de ce que l’artiste a lui-mĂȘme senti, pensĂ© et voulu. Ainsi, c’est l’Ɠuvre la plus individuelle Ă  la fois par son objet et par le gĂ©nie de son auteur qui Ă©veille le plus de rĂ©sonances dans toutes les consciences, c’est-Ă -dire qui a le plus d’universalitĂ©. Et comme le propre d’une esquisse, c’est de nous laisser assez de libertĂ© pour que nous puissions l’achever d’une infinitĂ© de maniĂšres, le propre du chef-d’Ɠuvre, c’est de s’offrir Ă  la mĂȘme libertĂ© dans la perfection d’un achĂšvement qui est bien loin de la borner puisqu’au contraire elle ne parviendra jamais Ă  l’ nous venons d’observer que l’art doit composer le rĂ©el pour nous en donner la prĂ©sence. N’est-ce point de nouveau ramener l’essence de l’art Ă  une dĂ©marche inventive et crĂ©atrice et subordonner en lui la contemplation Ă  l’action ? Mais peut-ĂȘtre pourrait-on montrer que composer le rĂ©el, c’est beaucoup moins ĂȘtre capable de le produire qu’ĂȘtre capable de le percevoir. Ou du moins, nous ne parvenons Ă  le produire que selon les lois qui nous ont permis de le percevoir. Car c’est seulement quand nous avons dĂ©couvert les lignes de structure du rĂ©el que nous sommes capable de le reconstruire faute de quoi notre construction elle-mĂȘme s’écroulerait. Mais il y a plus ce n’est pas parce qu’il est construit par nous que le rĂ©el prĂ©sente pour nous un caractĂšre esthĂ©tique ; c’est parce qu’en le construisant, nous obligeons le regard Ă  dĂ©couvrir les proportions qui le soutiennent et qui lui permettent de subsister. 14Mais pour cela il serait bon d’étudier les arts qui ne sont point Ă  proprement parler des arts d’imitation comme ceux auxquels nous paraissons avoir attachĂ© jusqu’ici une sorte de privilĂšge et de considĂ©rer par exemple l’architecture, la poĂ©sie et la musique, c’est-Ă -dire des arts dans lesquels il ne s’agit pas de nous livrer la prĂ©sence d’une rĂ©alitĂ© prĂ©existante, mais de crĂ©er une rĂ©alitĂ© nouvelle par une action qui la devance et qui doit, semble-t-il, expliquer tous ses caractĂšres, en particulier le plaisir esthĂ©tique qu’elle nous donne. Ici, on discerne mieux que partout ailleurs le rĂŽle d’une activitĂ© intellectuelle et volontaire qui en composant entre eux de purs rapports, donne l’ĂȘtre Ă  des Ă©difices de pierres ou de sons qui n’ont trouvĂ© hors de notre esprit aucune espĂšce de modĂšle. Il n’y a point d’arts qui soient plus instructifs pour le philosophe, ni qui lui fournissent un si beau sujet de mĂ©ditation, puisque dans chacun d’eux nous voyons l’esprit, par son mouvement propre et par les combinaisons qu’il invente, chercher Ă  Ă©branler la sensibilitĂ© et pour ainsi dire Ă  en disposer c’est lui qui calcule et mesure par avance tous les effets qu’il pourra produire en elle. Nous nous trouvons mĂȘme ici au nƓud de tous les problĂšmes philosophiques, au point oĂč la destinĂ©e de l’art fait corps avec celle de l’homme et de la civilisation tout entiĂšre, s’il est vrai que la conscience rĂ©sulte toujours de la rencontre mystĂ©rieuse de l’activitĂ© et de la passivitĂ© en nous et qu’il ne peut point y avoir pour elle de conquĂȘte plus haute que celle qui consisterait Ă  ne plus subir d’autre passivitĂ© que celle qu’elle s’imposerait par son activitĂ© mĂȘme. Or on ne peut douter que ce ne soit lĂ  en effet la fin propre de l’art il est cette exceptionnelle rĂ©ussite qui nous permet au prix de beaucoup d’efforts, de rĂ©concilier ce que nous voulons avec ce que nous Ă©prouvons. Et c’est pour cela qu’il Ă©claire notre pensĂ©e au lieu d’avoir besoin d’ĂȘtre Ă©clairĂ© par elle. Mais il y a lĂ  pourtant un caractĂšre qui est commun Ă  tous les arts et non pas seulement propre Ă  quelques-uns. Car les arts d’imitation mettent en jeu eux aussi une activitĂ© rĂ©glĂ©e par laquelle ils cherchent Ă  atteindre la sensibilitĂ© et Ă  l’émouvoir. Seulement, c’est pour nous faire retrouver une prĂ©sence qui, dans l’architecture et la musique, n’aura Ă©tĂ© l’objet d’aucune expĂ©rience et sera par consĂ©quent une prĂ©sence produite par l’art lui-mĂȘme, une prĂ©sence créée. Ce qui permettrait de considĂ©rer ces arts comme plus purs en quelque sorte que tous les autres, puisqu’au lieu de prendre la nature pour soutien, ils ne connaĂźtraient point d’autre nature que celle dont ils seraient eux-mĂȘmes les lors on pourrait se demander s’il est encore possible de les regarder comme une rĂ©vĂ©lation du rĂ©el. En eux, tout dĂ©pend du propos et de l’artifice, et la sensibilitĂ© se fait juge de l’activitĂ© qui a produit tel ouvrage sans s’interroger sur sa puissance Ă©vocatrice par rapport Ă  une rĂ©alitĂ© qui n’a point de ressemblance avec lui. Cependant, une telle opposition nous inspire quelque dĂ©fiance, d’abord parce qu’il serait onĂ©reux de rompre inutilement la solidaritĂ© entre les diffĂ©rents arts, ensuite parce qu’on pourrait allĂ©guer aussi, et on n’a pas manquĂ© de le faire, l’existence d’une peinture pure qui devrait nous apporter une satisfaction indĂ©pendante de toute relation avec l’objet qui lui a servi de modĂšle, enfin, parce que les arts qui paraissent ajouter le plus Ă  la rĂ©alitĂ© sont ceux qui sont le plus rigoureusement soumis Ă  ses lois. Ce que l’on comprendra facilement si l’on rĂ©flĂ©chit que la peinture la plus imparfaite et le plus mauvais dessin rĂ©ussissent encore Ă  Ă©voquer les dĂ©linĂ©aments du rĂ©el, et qu’il peut toujours y avoir en eux quelque faux-semblant, au lieu qu’un Ă©difice architectural ou musical qui ne tiendrait pas le compte le plus exact des lois de la pesanteur ou de celles de l’oreille s’écroulerait sans pouvoir ĂȘtre sauvĂ© il peut montrer leur souplesse, ruser avec elles, tĂ©moigner que leur action s’exerce encore lĂ  oĂč il semble les dĂ©fier, mais ce sont elles qui assurent la soliditĂ© de l’édifice, qui lui donnent du mĂȘme coup son caractĂšre rĂ©el et son caractĂšre esthĂ©tique. Et c’est seulement lorsqu’il acquiert un caractĂšre esthĂ©tique qu’il nous dĂ©couvre la prĂ©sence mĂȘme de ces proportions qui sont comme le rĂ©seau dans lequel la rĂ©alitĂ© demande Ă  ĂȘtre saisie. Les pierres et les sons ne sont plus ici que des instruments ou des vĂ©hicules. La rĂ©alitĂ© dont ils nous donnent la prĂ©sence par leur assemblage, c’est celle d’un ordre dont on peut bien dire que l’artiste le produit, mais dont il est plus vrai encore de dire qu’il le dĂ©couvre et qu’il cherche seulement Ă  le manifester. Voici donc des arts qui, bien qu’ils demandent plus qu’aucun autre Ă  la matiĂšre et au sensible, sont cependant les plus abstraits de tous, puisqu’ils ne portent que sur des rapports. Nous saisissons ici l’activitĂ© de l’esprit dans son pur exercice dans son pouvoir proprement inventif, dans la facultĂ© qu’elle a d’introduire dans le monde des crĂ©ations absolument nouvelles. Ce n’est lĂ  pourtant qu’une apparence. Ou du moins, nous avons affaire maintenant Ă  une conjugaison subtile de l’esprit et du rĂ©el qui fait que l’invention la plus hardie ne fait qu’un avec une dĂ©couverte obtenue et que la crĂ©ation la plus originale se dĂ©noue en une nĂ©cessitĂ© contemplĂ©e. On peut sur ce point invoquer les tĂ©moignages de la conscience qui invente ou qui crĂ©e aussi longtemps qu’elle garde encore l’impression d’ajouter au rĂ©el, c’est qu’elle ne l’a pas atteint, elle est encore dans la pĂ©riode des essais, elle n’a pas dĂ©passĂ© l’horizon de sa propre subjectivitĂ©. Mais les plus grands de tous les artistes savent bien que quand ils trouvent, c’est qu’ils sont allĂ©s au delĂ  de l’invention elle-mĂȘme. Les mots de juste, de pur ou de parfait n’ont de sens que pour Ă©voquer une rencontre du rĂ©el que nous n’avions encore qu’approchĂ© et qui ne donne Ă  l’esprit tant de sĂ©curitĂ© et de certitude que parce qu’il perçoit enfin dans ce qui est la raison mĂȘme de ce qui le fait voit bien maintenant quel est le caractĂšre de l’art. C’est bien de nous donner la prĂ©sence mĂȘme du rĂ©el, et par consĂ©quent de nous en apporter la rĂ©vĂ©lation. Mais il ne peut y rĂ©ussir qu’en le figurant, Ă  la fois parce que c’est ainsi qu’il rĂ©ussira Ă  le dĂ©livrer de toutes ces prĂ©occupations pratiques qui le recouvrent et le dissimulent et par suite Ă  le transformer en un spectacle pur, – et parce que, pour le figurer, l’esprit s’oblige Ă  le composer selon les lois intĂ©rieures qui lui permettent de subsister et par lĂ  le pĂ©nĂštre et en prend possession. Dans l’art, on peut dire Ă©galement que le rĂ©el devient tout entier transparent pour l’esprit et qu’il n’y a pas un seul de ses Ă©lĂ©ments qui ne soit un point d’application pour l’une de ses opĂ©rations. Alors, le rĂ©el devient la vĂ©ritable patrie de l’esprit. Ce que l’on comprend aisĂ©ment si l’on songe d’une part que l’art n’a d’existence que pour l’esprit et dans l’esprit, puisque l’objet qui produit en nous l’émotion esthĂ©tique la plus vive peut ĂȘtre dĂ©crit par un indiffĂ©rent comme l’objet le plus commun sans que rien lui soit retranchĂ© et, d’autre part que, cet objet, dĂšs que l’art s’en retire, se change aussitĂŽt en un obstacle ou en un moyen, c’est-Ă -dire perd sa rĂ©alitĂ© propre et ne peut plus ĂȘtre apprĂ©hendĂ© comme un simple spectacle. Mais lĂ  oĂč est le rĂ©el, et lĂ  oĂč est notre esprit, c’est lĂ  aussi qu’est notre vie vĂ©ritable. L’art n’est donc pas une Ă©vasion. L’artiste le sait bien qui considĂšre la vie commune comme n’ayant point d’autre rĂŽle que de lui permettre l’accĂšs dans un monde plus lumineux oĂč les choses acquiĂšrent leur juste relief et leur vĂ©ritable valeur il n’a point deux vies sĂ©parĂ©es car sa vie commune est toute pĂ©nĂ©trĂ©e par 1’autre qui n’en exprime que la suprĂȘme rĂ©ussite et pour ainsi dire 1’extrĂȘme pointe. Comme il n’y a point de lumiĂšre sans ombre, l’art forme contraste avec la banalitĂ© ou la laideur des Ă©vĂ©nements quotidiens ; mais c’est qu’il est insĂ©parable d’un regard qu’il dĂ©pend de nous de diriger, d’une activitĂ© qu’il dĂ©pend de nous de mettre en Ɠuvre, et pour tout dire d’une responsabilitĂ© qu’il dĂ©pend de nous d’assumer Ă  l’égard du monde. Alors, il n’y a plus rien de rĂ©el dans le monde qui, en nous dĂ©couvrant sa signification, ne nous dĂ©couvre aussi sa beautĂ©. C’est au point mĂȘme oĂč elles nous montrent leur beautĂ© que les choses nous dĂ©couvrent aussi leur rĂ©alitĂ©. Et c’est pour cela que l’esprit le plus profond est celui qui voit dans le monde le plus de choses belles. On voit donc combien Platon avait tort de chasser les poĂštes de la RĂ©publique en leur reprochant d’embellir les choses laides les poĂštes ne changent l’apparence des choses que parce qu’ils dĂ©couvrent leur essence secrĂšte. Et s’il est vain de vouloir subordonner l’art Ă  la moralitĂ©, nous savons pourtant qu’il existe une beautĂ© morale dans laquelle le bien, cessant d’ĂȘtre une pure intention du vouloir, devient lui aussi une prĂ©sence manifestĂ©e. Notes [1] Ce texte est celui d’une confĂ©rence faite en Roumanie et dont la traduction roumaine a Ă©tĂ© publiĂ©e en 1938.

Ilsert Ă  enseigner l’histoire, prĂ©sente, passĂ©e et future. Il sert Ă  divertir, rĂ©flĂ©chir, confronter, discuter, critiquer. Il ne laisse personne indiffĂ©rent. L’art sert Ă  enrichir nos connaissances, Ă  notre Ă©volution, Ă  nous faire rire, pleurer et Ă  exprimer plusieurs Ă©motions. MĂȘme la

Vers une Nouvelle SantĂ©... Avec l'arrivĂ©e de l'Ere Nouvelle l'ĂȘtre humain saisit les TrĂ©sors de la Terre et leur utilisation pour le maintien en bonne SantĂ©. S'ils s'adaptent Ă  l'immense Mouvement des Courants Vitaux sacrĂ©s, alors les ĂȘtres humains retrouveront la SantĂ©. L'Art de la SantĂ© consiste notamment Ă  trouver la Force de GuĂ©rison dans toutes les plantes. La SantĂ© Naturelle, ça s'apprend ... Naturellement! Le vĂ©ritable Art de GuĂ©rir ne s'apprend pas. S'installer sur une Hauteur peut aider Ă  retrouver la SantĂ©. Vivre en plein air confĂšre FraĂźcheur et SantĂ©. "Fais du bien Ă  Ton corps pour que Ton Ăąme ait le dĂ©sir d'y demeurer..." - Proverbe Indien - Rechercher Sur L'art De Vivre Sain Recherche Newsletter L'Art de Vivre Sain DĂ©couvrez les Lois et les Principes de L'Art de Vivre Naturellement en Bonne SantĂ©! Archives Articles RÉCents Pages De L'art De Vivre Sain CatĂ©gories Inscrivez-Vous À La Newsletter Abonnez-vous pour ĂȘtre averti des nouveaux articles publiĂ©s. Liens

BiensĂ»r, l’art ne parle pas Ă  tout le monde. Serge Gainsbourg, lors de son altercation avec Guy BĂ©art, a donnĂ© une classification des arts qu’il a scindĂ© en deux catĂ©gories : les arts mineurs et les arts majeurs. Selon lui, les arts majeurs correspondent Ă  ceux que seuls les initiĂ©s peuvent comprendre : la peinture, la poĂ©sie, l’architecture, le classique. Les arts mineurs sont
La Foire internationale d'art contemporain Fiac, qui s'ouvre jeudi Ă  Paris, illustre plusieurs des travers dĂ©noncĂ©s par les pourfendeurs de ce milieu. Des critiques qui ne sont pas toutes rejetĂ©es par les acteurs de ce marchĂ© jeudi 18 au dimanche 21 octobre se tient "l'Ă©vĂ©nement le plus drĂŽle de Paris", du moins aux yeux de l'animateur Pascal Praud la Fiac, la grande foire d'art contemporain qui investit chaque annĂ©e le Grand Palais Ă  Paris. Fervent dĂ©fenseur du "bon sens", le chroniqueur tĂ©lĂ© ne manque pas une occasion de qualifier l'art contemporain de "plus grande escroquerie de notre Ă©poque", et avait raillĂ© la Fiac en 2014, sur RTL, expliquant qu'on pouvait y voir "des gogos blindĂ©s jusqu'Ă  l'ISF ... se pĂąmer devant une sculpture reprĂ©sentant une crotte de chien". >> VIDEO. Vous ĂȘtes totalement hermĂ©tique Ă  l'art contemporain ? Ces quatre Ɠuvres pourraient bien vous faire changer d'avis. Il n'est pas le seul Ă  avoir ce point de vue. L'Ă©vĂ©nement, destinĂ© Ă  la fois aux collectionneurs et aux curieux, cristallise chaque annĂ©e toutes les critiques habituelles entendues au sujet de l'art contemporain. Elles reviennent dans la bouche de nombreux sceptiques, qu'ils soient hermĂ©tiques Ă  l'art en gĂ©nĂ©ral ou plus particuliĂšrement fanatiques des peintres et sculpteurs des siĂšcles prĂ©cĂ©dents. Et peut-ĂȘtre que vous-mĂȘme, qui lisez cet article, en faites partie. Nous avons tentĂ© de rĂ©pondre Ă  six affirmations trĂšs rĂ©pandues quand il s'agit de pourfendre l'art contemporain, et de dĂ©celer leur part de vĂ©ritĂ© ou de caricature. "Je ne vois pas pourquoi je devrais aimer des Ɠuvres moches" Vous l'avez remarquĂ© les artistes contemporains ne cherchent plus forcĂ©ment Ă  faire du beau. La journaliste et critique d'art Elisabeth Couturier reconnaĂźt elle-mĂȘme que la beautĂ© "n'est pas ce qu'on attend en prioritĂ©" dans le milieu. "On espĂšre surtout d'une Ɠuvre qu'elle nous questionne, nous dĂ©stabilise". Vous pouvez ne pas partager cet avis, mais il est largement rĂ©pandu chez ceux qui font l'art contemporain, ceux qui l'exposent et ceux qui le recommandent dans les mĂ©dias. Cela dit, l'art contemporain n'a pas inventĂ© cette dĂ©marche. Prenez Gustave Courbet, un peintre du XIXe siĂšcle que vous apprĂ©ciez sans doute – c'est en tout cas le cas de nombreux dĂ©tracteurs de l'art contemporain. Vous trouvez peut-ĂȘtre son Ɠuvre "belle" par sa maĂźtrise de la peinture, mais "quand il a peint Un enterrement Ă  Ornans, un tel rĂ©alisme Ă©tait considĂ©rĂ© comme ce qu'il y avait de plus laid", explique Elisabeth Couturier. "On pensait que l'art devait transcender la rĂ©alitĂ©". Mais si vous cherchez la beautĂ©, elle existe toujours. Jean Blaise, crĂ©ateur du parcours d'art contemporain Le Voyage Ă  Nantes, cite en exemple le Serpent d'ocĂ©an du Chinois Huang Yong Ping, installĂ© en 2012 Ă  Saint-BrĂ©vin Loire-Atlantique. Dans l'esprit de l'artiste, ce squelette de serpent qui entre et sort de l'eau au rythme des marĂ©es "venait nous annoncer de trĂšs mauvaises nouvelles pour la planĂšte". "Mais en plus de donner un message, c'est une Ɠuvre Ă©poustouflante, qui a trĂšs vite Ă©tĂ© adoptĂ©e par tout le monde", se souvient-il. Et Ă  l'inverse, faire du "moche" a parfois un sens. Ainsi, en 2009, Jean Blaise cherche une Ɠuvre Ă  disposer face Ă  la nouvelle Ă©cole d'architecture de Nantes "En voyant ce trĂšs beau bĂątiment, on s'est dit qu'il serait plus intĂ©ressant de le provoquer", plutĂŽt que d'installer une statue qui se serait fondue dans le dĂ©cor. Son Ă©quipe choisit le collectif nĂ©erlandais Van Lieshout, qui conçoit "une espĂšce de gros chewing-gum bleu layette", tranchant avec la perfection moderne de l'Ă©cole. "Jean-Marc Ayrault [alors maire de Nantes] n'a pas du tout adorĂ©, parce que ça venait perturber un magnifique travail. Mais, aprĂšs une longue discussion sur le rĂŽle de l'art, il a fini par comprendre notre dĂ©marche et accepter". Ce qui montre que vous n'ĂȘtes pas le seul Ă  ĂȘtre sceptique, mais qu'on peut revoir ses positions. "Ma fille de 5 ans pourrait faire aussi bien, et moi aussi je pourrais m'y mettre" Si ce que vous admirez dans l'art, c'est le don du Caravage pour peindre la lumiĂšre, on peut comprendre que vous restiez perplexe face Ă  une toile entiĂšrement recouverte de blanc, ou que vous envisagiez d'orienter vos enfants vers une lucrative carriĂšre de peintre minimaliste. MĂȘme si les monochromes apparaissent dĂšs le dĂ©but de XXe siĂšcle, et ne sont donc pas une invention contemporaine, ils illustrent bien ce qui dĂ©range beaucoup de monde au sujet de l'art contemporain une forme de simplicitĂ©. Mais "essayez, vous verrez, ce n'est pas si facile de peindre un monochrome", prĂ©vient BĂ©atrice Joyeux-Prunel, maĂźtre de confĂ©rences en histoire de l'art contemporain Ă  l'Ecole normale supĂ©rieure de Paris. Ces toiles se distinguent les unes des autres par un travail sur la gĂ©omĂ©trie, la texture ou la teinte de blanc, qui n'est jamais totalement pure cette vidĂ©o de Vox, en anglais, vous en dira plus. Mais leur intĂ©rĂȘt rĂ©side aussi dans la dĂ©marche de l'artiste. Eh oui, "tout le monde peut avoir l'idĂ©e d'un monochrome, mais encore faut-il le faire", estime BĂ©atrice Joyeux-Prunel, et, a priori, ce n'est pas votre cas. Et si, demain, vous tentez de vendre Ă  un galeriste une toile simplement couverte de peinture blanche par vos enfants, il n'est pas sĂ»r qu'il l'achĂšte. "Pour que ce soit considĂ©rĂ© comme de l'art, il faut que ce soit adoubĂ© par le milieu", estime Elisabeth Couturier, qui a Ă©crit Art contemporain le guide Flammarion, 2015. Et cette reconnaissance des musĂ©es ou de la critique est attribuĂ©e quand ceux-ci voient que "l'artiste reprend le fil de l'histoire, qu'il emprunte les chemins ouverts par d'autres plasticiens avant lui et qu'il les ouvre encore plus". En clair, qu'il apporte quelque chose de nouveau. Prenez par exemple Fontaine, l'Ɠuvre la plus cĂ©lĂšbre du plasticien Marcel Duchamp il s'agit d'un urinoir en porcelaine, renversĂ© et signĂ© par l'artiste. Vous aussi pourriez en acheter un dans le commerce et tenter de faire la mĂȘme "Ɠuvre". Mais en prĂ©sentant cet objet dans une exposition Ă  New York en 1917 – elle fut refusĂ©e –, Duchamp faisait preuve d'un culot rĂ©volutionnaire, qui a contribuĂ© Ă  redĂ©finir ce qu'est une Ɠuvre d'art, et continue d'influencer des artistes actuels. C'est la dĂ©marche qui en fait une piĂšce majeure. Aujourd'hui, il est donc totalement acceptĂ© dans le milieu de l'art de prĂ©senter des Ɠuvres qui ne demandent pas de technique de la part de l'artiste. Et elles peuvent ĂȘtre saluĂ©es par la critique. Elisabeth Couturier prend pour exemple Mathieu Mercier, un plasticien français contemporain, auteur d'une sĂ©rie d'installations, Drum & Bass, "qui ne sont faites qu'avec des objets que vous pourriez acheter dans un magasin de bricolage. Mais quand vous les regardez, vous ĂȘtes comme devant un tableau de Mondrian", dont vous avez sans doute dĂ©jĂ  vu sans forcĂ©ment le savoir les quadrillages minimalistes et colorĂ©s. "Quand on se prend au jeu, on comprend qu'on peut faire des figures avec autre chose qu'un pinceau et de la couleur." "Vous faites semblant de trouver ça profond, mais ça n'a aucun sens" Vous aviez peut-ĂȘtre beaucoup ri en lisant qu'en 2016, un visiteur du musĂ©e d'art moderne de San Francisco avait posĂ© ses lunettes sur le sol et que certains visiteurs avaient cru qu'il s'agissait d'une Ɠuvre. S'il est juste un blagueur, est-ce aussi le cas de Marcel Duchamp et de son urinoir ? "On peut croire que c'est un escroc, mais il y a des bibliothĂšques entiĂšres remplies d'auteurs qui ont passĂ© leur vie Ă  contempler son gĂ©nie", balaye Elisabeth Couturier. "Ça veut quand mĂȘme dire qu'il a touchĂ© quelque chose. Il a ouvert des milliers de perspectives". Andy Warhol, dont le travail repose grandement sur le fait d'exposer comme des Ɠuvres d'art des objets emblĂ©matiques de la sociĂ©tĂ© de consommation, n'aurait pas existĂ© si Duchamp n'avait pas redĂ©fini ce qui peut ĂȘtre une Ɠuvre. Vous aurez donc du mal Ă  convaincre des gĂ©nĂ©rations d'historiens que l'urinoir de Duchamp n'a en fait aucun sens. Mais il arrive bien sĂ»r aux dĂ©fenseurs de l'art contemporain eux-mĂȘmes de trouver certains artistes, pourtant reconnus, totalement inintĂ©ressants. StĂ©phane Correard, qui tient lui-mĂȘme un salon de galeristes, n'est par exemple pas convaincu par le travail de Daniel Buren, l'auteur des fameuses colonnes installĂ©es dans la cour du Palais-Royal Ă  Paris. "Il a un discours thĂ©orique trĂšs fort, mais en rĂ©alitĂ©, son travail s'est 'spectacularisĂ©' au fil des annĂ©es, et aujourd'hui c'est devenu purement de la dĂ©coration", estime-t-il. Comme pour la musique ou le cinĂ©ma, vous pouvez donc parfaitement trouver sans intĂ©rĂȘt un artiste reconnu. StĂ©phane CorrĂ©ard rĂ©sume "Il y a des choses qu'on aime et d'autres, non. Ce qui n'a pas de sens, c'est d'ĂȘtre pour ou contre l'art contemporain dans son ensemble". "Je ne veux pas avoir besoin d'une notice pour comprendre les Ɠuvres" Vous n'ĂȘtes pas le seul le sujet dĂ©chire aussi les amateurs d'art contemporain. "Dans les Ă©coles d'art, le discours d'un artiste sur son travail a presque plus d'importance que le travail lui-mĂȘme", dĂ©plore ainsi StĂ©phane CorrĂ©ard. "Pour moi, la vĂ©ritĂ© d'une Ɠuvre doit se trouver dans l'Ɠuvre elle-mĂȘme. Ça doit rester quelque chose qu'on pourrait redĂ©couvrir plusieurs siĂšcles aprĂšs et comprendre." Quelle quantitĂ© d'informations faut-il donner au spectateur ? La taille des cartels qui accompagnent les Ɠuvres varie considĂ©rablement selon les musĂ©es. "Il faut donner quelques clĂ©s, mais aussi faire comprendre que ce n'est pas le plus important. Quand on a appris Ă  approcher l'art, les clĂ©s, on va les chercher soi-mĂȘme", estime Jean Blaise, qui a passĂ© sa carriĂšre Ă  installer l'art contemporain dans l'espace public. D'autant qu'une Ɠuvre n'a pas forcĂ©ment qu'un sens, dĂ©terminĂ© par l'artiste. Pour Elisabeth Couturier, "une Ɠuvre forte Ă©voque des tas de choses, que l'artiste a parfois mises inconsciemment". Et il arrive qu'il n'y ait rien de particulier Ă  comprendre. "Un artiste comme James Turrell fait appel au corps et aux sens", avec ses piĂšces vides oĂč il joue sur la lumiĂšre, explique la critique d'art. "Vous entrez et vous ĂȘtes immergĂ© dans une ambiance de couleur, du bleu, du noir. Vous ne voyez plus les arĂȘtes de la piĂšce, il vous fait perdre vos repĂšres, vous osez Ă  peine marcher. C'est magnifique". "Tout ça ne sert qu'Ă  faire de l'argent" Sans doute que la Fiac, avec ses 193 stands oĂč les Ɠuvres sont Ă  vendre, n'est pas l'Ă©vĂ©nement qui vous convaincra du contraire. StĂ©phane CorrĂ©ard trouve Ă©tonnant que "le principal Ă©vĂ©nement d'art contemporain dans l'annĂ©e soit une foire marchande". Dans le milieu de l'art, "la lĂ©gitimitĂ© apportĂ©e par le marchĂ© a dĂ©passĂ© celle apportĂ©e par les conservateurs de musĂ©es", s'inquiĂšte d'ailleurs le critique et collectionneur. Etre vendu cher fera plus de bien Ă  la carriĂšre d'un artiste que d'ĂȘtre admirĂ© par les musĂ©es, qui finissent par suivre les collectionneurs StĂ©phane CorrĂ©ard relĂšve que le Centre Pompidou Ă  Paris expose "Ă  90% des stars du marchĂ©". Vous n'avez donc pas tort en imaginant que l'argent influence au moins une partie de l'art contemporain. MĂȘme le trĂšs connu et trĂšs politique street-artist Banksy n'Ă©chappe pas au fait que ses Ɠuvres soient vendues aux enchĂšres – et quand il met en scĂšne l'autodestruction d'une de ses toiles, elle prend de la valeur. Pour les artistes, il devient difficile de se faire un nom et de vivre de leur art sans plaire aux grands collectionneurs, "des multimillionnaires qui n'ont pas forcĂ©ment une ouverture artistique Ă©norme", prĂ©cise StĂ©phane CorrĂ©ard. "Si les musiciens devaient ĂȘtre financĂ©s par Bernard Arnault ou François Pinault [deux milliardaires français et mĂ©cĂšnes importants de l'art contemporain], poursuit-il, le hard rock ou le rap existeraient-ils ?" Les critiques voient surgir des artistes "qui dĂ©fraient le marchĂ© et dont on se demande pourquoi ils sont mis en avant", estime Elisabeth Couturier, si ce n'est qu'ils plaisent Ă  ceux qui ont les moyens de les acheter. Elle se souvient notamment des "formalistes zombies", des peintres abstraits Ă  la mode en 2014 "et qui ne valent plus un clou aujourd'hui". Leurs tableaux ne portaient aucune idĂ©e forte mais Ă©taient "parfaits pour les dĂ©corateurs", rĂ©sume le New York Magazine. Mais avant de rejeter l'art contemporain parce qu'il aurait vendu son Ăąme, sachez tout de mĂȘme que tout cela n'est pas nouveau. Auteure de Les Avant-gardes artistiques. Une histoire transnationale, BĂ©atrice Joyeux-Prunel rappelle que nombre de ces mouvements d'avant-garde "ont pu innover parce que les artistes vendaient une production plus classique Ă  cĂŽtĂ©", tel Monet, envoyĂ© peindre des vues sur la CĂŽte d'Azur parce qu'elles plaisaient aux collectionneurs amĂ©ricains. En revanche, ce phĂ©nomĂšne prend aujourd'hui des proportions jamais vues dans le cas de certains artistes les plus chers du monde. La production de Damien Hirst ou Jeff Koons s'est transformĂ©e en une industrie qui emploie des dizaines de personnes, pour satisfaire la demande. "Je pense qu'ils sont aujourd'hui plus proches de ce qu'est une maison de couture qu'un artiste", estime StĂ©phane CorrĂ©ard des marques qui produisent de façon crĂ©ative, mais pour vendre Ă  des clients fortunĂ©s. Il imagine mĂȘme un futur oĂč ces stars auraient "vocation Ă  ĂȘtre remplacĂ©es un jour, Ă  la tĂȘte de leur griffe, par de jeunes stylistes qui apporteraient de nouvelles idĂ©es". La mĂ©tamorphose de certains artistes en marques, que vous pouvez dĂ©plorer, serait alors complĂšte. "On ne se souviendra jamais de ces artistes comme on se souvient de Van Gogh aujourd'hui" Cela, vous n'en savez rien, et les professionnels de l'art non plus. "Moi-mĂȘme, je me pose souvent cette question", admet Jean Blaise. "Je pense qu'on ne sait pas lesquels des artistes contemporains resteront Ă  la postĂ©ritĂ©". Ce qui est sĂ»r, c'est que l'art contemporain a un handicap par rapport aux courants qui l'ont prĂ©cĂ©dĂ© il est contemporain, justement, et le "tri" de l'histoire, qui permet de distinguer les grands artistes des autres, ne s'est pas encore fait. "A l'Ă©poque de Van Gogh, il y avait des centaines de Van Gogh, en moins bons", s'amuse Elisabeth Couturier. Mais ils sont tombĂ©s dans l'oubli, et vous ne les voyez pas sur les murs des musĂ©es. De plus, vous n'ignorez sans doute pas que parmi les artistes entrĂ©s au PanthĂ©on de l'art, beaucoup Ă©taient aussi trĂšs critiquĂ©s en leur temps. "A une Ă©poque, 99% des gens pensaient que Picasso n'Ă©tait pas un artiste", rappelle Jean Blaise. "Aujourd'hui, quand je regarde les personnes en train de faire la queue pour admirer la derniĂšre exposition Picasso, je me dis qu'Ă  l'Ă©poque, elles auraient sans doute dĂ©testĂ©".

Aumoins cette candidature aura servi Ă  quelque chose Le retour de Manuel Valls sur la Lire la suite. CatĂ©gories Fun , Musique Étiquettes Alizee, Barcelone, Lolita, Manuel Valls. Cette professeure et ses Ă©lĂšves font une entrĂ©e trĂšs remarquĂ©e Ă  l’école en dansant sur Thriller. 28 mai 2021 par malala. Cette professeure et ses Ă©lĂšves dĂ©cident de danser en reprenant la

La morositĂ© ambiante a tout enclenchĂ©. Les doutes de certains artistes, perplexes, soudain, face Ă  l'inutilitĂ© de leur art. Que le cinĂ©ma se porte bien, c'est une Ă©vidence, et Cannes le prouve chaque annĂ©e. Mais, au fond, sert-il encore Ă  quelque chose ? Mahamat-Saleh Haroun. Photo Patrick Swirc / MODDS “Le cinĂ©ma saisit la vie avant la mort”, Mahamat-Saleh Haroun, cinĂ©aste Notre relation au cinĂ©ma et Ă  toute crĂ©ation est dĂ©terminĂ©e par notre propre histoire, notre passĂ©, bref, notre vĂ©cu... Ainsi, le travail de certains Ă©crivains, comme Primo Levi ou Imre KertĂ©sz tous deux rescapĂ©s des camps de concentration, tourne sans cesse autour de la Shoah - cette horreur. Dans mon cas, la traversĂ©e de la guerre civile au Tchad a Ă©tĂ© fondatrice. J'ai Ă©tĂ© blessĂ©, j'en porte encore les stigmates. La guerre m'a projetĂ© sur les routes de l'exil. Du coup, pour moi, le cinĂ©ma sert Ă  prĂ©server "les belles choses que porte le ciel" Dante avant la catastrophe. A capter la beautĂ© des corps avant leur dĂ©chĂ©ance physique, Ă  saisir la vie avant la mort. A poser les questions existentielles liĂ©es Ă  la vie sur terre. NaĂźtre, vivre, mourir. Tel est le destin de l'homme. Tragique. Le cinĂ©ma sert Ă  questionner cette tragĂ©die humaine et Ă  "fabriquer des souvenirs", comme dit Jean-Luc Godard. » Nathalie Dessay. Photo Patrick Swirc “La beautĂ©, en gĂ©nĂ©ral, nous sauve du dĂ©sespoir”, Natalie Dessay, Cantatrice C'est prĂ©cisĂ©ment parce que le cinĂ©ma est inutile qu'il est beau. Si on y rĂ©flĂ©chit, l'art ne sert Ă  rien ce n'est pas lui qui fait respirer, manger, dormir. J'aime la rĂ©flexion de Woody Allen Ă  un journaliste qui exaltait son oeuvre "C'est trĂšs gentil, mais si vous avez une fuite dans votre appartement, un plombier vous sera nettement plus utile que moi..." Si ce n'est que tout ce que je viens de dire est faux au final, la lecture, la peinture, la beautĂ©, en gĂ©nĂ©ral, nous sauvent du dĂ©sespoir. MomentanĂ©ment, du moins. Au cinĂ©ma, les images qui permettent d'entrer de plain-pied dans la tĂȘte d'un auteur nous rendent moins seuls. Et nous permettent d'oublier, un instant, la prescience de notre mort... RĂ©cemment, j'ai vu Birdman, d'Alejandro GonzĂĄlez Iñårritu. J'avais dĂ©jĂ  aimĂ© 21 Grammes et Babel, mais lĂ ... Rien que le premier plan, tenez un type en lĂ©vitation. On ne sait pas qui il est, pourquoi il est ainsi. C'est tout ce que j'aime un rĂ©alisateur qui sollicite, soudain, mon imaginaire. Celui qui me dit "1 + 1 = 2" ne m'intĂ©resse pas. » Fabrice Luchini. Photo Jean-Francois Robert “Ce qu'est le cinĂ©ma pour moi un dĂ©lassement”, Fabrice Luchini, comĂ©dien L'art utilitaire m'a toujours effrayĂ©. Je me souviens, en 1969, me promenant dans une forĂȘt de l'arriĂšre-pays niçois, avoir rencontrĂ© deux maoĂŻstes, tendance dure, Ă  qui j'ai dĂ» dire une banalitĂ© comme "Qu'elle est belle, la forĂȘt, en cette saison !" L'un d'eux m'a rĂ©pliquĂ© "Tu es en pleine crise de disposition esthĂ©tisante, qui exalte ton comportement rĂ©actionnaire." Et l'autre a ajoutĂ© "Cette forĂȘt ne deviendra belle que si elle chauffe la classe ouvriĂšre"... Je vais vous dire ce qu'est le cinĂ©ma, pour moi un dĂ©lassement. Au théùtre, j'ai un double souci ne pas trahir le sens profond du texte par excĂšs de puissance vocale et, en mĂȘme temps, me faire entendre des derniers rangs - un travail d'assouplissement musculaire assez brutal. Au cinĂ©ma, je ne fais plus d'effort physique je me laisse couler dans la couleur souhaitĂ©e par le rĂ©alisateur. Cela dit, j'ai toujours ressenti, sur un tournage, l'incroyable bonheur de vivre dans une communautĂ© qui accepte de dĂ©penser entre 3 et 10 millions d'euros pour rendre rĂ©el le rĂȘve d'un artiste. Une sociĂ©tĂ© qui peut se le permettre est riche... Pour vous dire la vĂ©ritĂ©, mĂȘme si je trouve que Marcel Pagnol, dans ses films, aborde des thĂšmes comparables Ă  ceux de Sophocle, mĂȘme si j'ai une passion pour Henri-Georges Clouzot, mĂȘme si j'ai une admiration sans borne pour les comĂ©diens d'avant-guerre, et mĂȘme si je suis capable de voir cinq fois de suite Le Parrain, de Coppola, en m'extasiant, jamais le plus beau des films ne m'a donnĂ© le bonheur que m'apportent, encore aujourd'hui, Un cƓur simple, de Flaubert, Voyage au bout de la nuit, de CĂ©line, et A la recherche du temps perdu, de Proust. Roland Barthes disait que les images ne peuvent pas tout, contrairement aux mots. Il avait raison. » Benjamin Biolay. Photo Patrick Swirc “Le cinĂ©ma rappelle aux gĂ©nĂ©rations futures le gĂ©nie de Marilyn”, Benjamin Biolay, chanteur, compositeur et comĂ©dien J'ai montrĂ©, un soir, Les 400 Coups Ă  ma fille. Le choc qu'elle a eu ! Jusqu'Ă  5 heures du matin, elle a voulu voir L'Amour Ă  20 ans, Baisers volĂ©s, Domicile conjugal, L'Amour en fuite. Elle ne voulait plus lĂącher Antoine Doinel ! La veille, elle ne jurait que par Ryan Gosling. Le lendemain, c'est l'affiche des 400 Coups qui Ă©tait en fond d'Ă©cran sur son ordi !... VoilĂ , en fait, ce Ă  quoi sert le cinĂ©ma rappeler aux gĂ©nĂ©rations futures la prĂ©sence de Jean-Pierre LĂ©aud. Ou le gĂ©nie de Marilyn, ma star prĂ©fĂ©rĂ©e... Quand j'entends dire qu'elle jouait mal, je deviens agressif, comme si on avait insultĂ© ma mĂšre. Qui plus est, Ă  mes yeux, c'est l'une des plus grandes chanteuses de tous les temps. La seule Blanche qui sonne comme Ella Fitzgerald... » VĂ©ronique Cayla. Photo Lea Crespi/pasco “Il ouvre sur l'altĂ©ritĂ©. C'est un vecteur de tolĂ©rance”, VĂ©ronique Cayla, prĂ©sidente du directoire d'Arte France Dans notre monde saturĂ© d'images en tous genres, le cinĂ©ma ne devrait plus avoir ni de sens ni de place ? C'est tout Ă  fait le contraire ! Dans ce monde oĂč rĂšgnent l'immĂ©diatetĂ© et la vitesse, il est une respiration, une parenthĂšse, comme un moment de suspension du temps. Milan Kundera dirait que le cinĂ©ma d'auteur renoue avec le plaisir de la lenteur et de la mĂ©moire, contre l'instantanĂ©itĂ©, l'instabilitĂ© et l'oubli... Un film est toujours le regard ciselĂ© d'un artiste posĂ© sur le monde, un geste rĂ©flĂ©chi et construit sur une Ă©poque. Il est transfiguration du rĂ©el lĂ  oĂč trop d'images sont dans la rĂ©alitĂ© immĂ©diate, comme le flux dĂ©versĂ© en boucle par les chaĂźnes d'information. Il suffit de regarder Le Havre, d'Aki KaurismĂ€ki, ou Timbuktu, d'Abderrahmane Sissako, pour comprendre la force Ă©vocatrice et poĂ©tique du cinĂ©ma sur les enjeux et les convulsions de notre Ă©poque. De mĂȘme, Still the water, de Naomi Kawase, est emblĂ©matique de l'Ă©motion universelle que peut procurer un film Ă  travers un rĂ©cit pourtant trĂšs personnel. Car le cinĂ©ma est par essence affaire de partage. Tandis que la plupart des images qui transitent sur Internet aujourd'hui replient, recroquevillent l'individu sur lui-mĂȘme, le cinĂ©ma, au contraire, ouvre sur l'altĂ©ritĂ©, promesse de dialogue et d'Ă©changes avec les autres cultures, et donc vecteur de comprĂ©hension mutuelle — et de tolĂ©rance. LĂ  oĂč le foisonnement des images rime souvent avec le rĂ©trĂ©cissement de notre univers, le cinĂ©ma, lui, Ă©largit notre champ de vision. » Fanny Ardant. Photo Patrick Swirc “Le cinĂ©ma, c'est la lumiĂšre dans le noir. Et sans lumiĂšre, on devient fou”, Fanny Ardant, comĂ©dienne et rĂ©alisatrice Mais pourquoi faut-il que le cinĂ©ma serve Ă  quelque chose ? Quel est ce besoin de notre sociĂ©tĂ© de vouloir ĂȘtre utile Ă  toute force ! Le cinĂ©ma, c'est la lumiĂšre dans le noir. Et sans lumiĂšre, on devient fou... Il nous indique un chemin, celui oĂč il ne fallait pas aller, oĂč il ferait bon d'aller, oĂč il aurait Ă©tĂ© bon d'aller. J'ai toujours vu le cinĂ©ma comme une promesse. Chaque film en est une. Chaque salle que l'on ouvre, aussi. Et tant pis si, comme trop souvent, elles s'avĂšrent dĂ©cevantes. L'essentiel, c'est la dĂ©couverte. Dans une salle, sur un DVD, en VOD, que sais-je ? L'essentiel, c'est de suffoquer, brusquement, devant un plan, une rĂ©plique, un mouvement de camĂ©ra qui semblent n'avoir Ă©tĂ© imaginĂ©s que pour vous... Et tant pis si je ne vois pas que des chefs-d'Ɠuvre. Quelle importance ? Seule la quĂȘte importe. L'attente. Être aux aguets. De mĂȘme qu'on entretient son souffle en courant, on entretient sa curiositĂ© en lisant ce que d'autres Ă©crivent, en regardant ce qu'ils filment. Sinon, c'est la sclĂ©rose garantie. Celui qui dit "A quoi bon tel livre ? A quoi bon tel film ?" est dĂ©jĂ  passĂ© du cĂŽtĂ© des morts. Ou plutĂŽt, il a mis dĂ©finitivement une croix noire sur sa vie. » Harry Gruyaert. Photo Renaud Monfourny “Il me stimule. Son influence a Ă©tĂ© capitale”, Harry Gruyaert, photographe A me faire aimer la vie. J'ai une grande affinitĂ© sentimentale avec Truffaut. J'ai tellement Ă©tĂ© amoureux des actrices, celles de Bergman, par exemple. D'un point de vue esthĂ©tique, j'ai beaucoup appris en regardant les films d'Antonioni. Son sens des lieux, de l'architecture est tel que, quand il filme Rome, Barcelone ou Vienne, je perçois immĂ©diatement la ville. J'espĂšre qu'il en est de mĂȘme dans mes photos. Le cinĂ©ma est pour moi bien plus important que la littĂ©rature, peut-ĂȘtre mĂȘme plus important que la peinture. Il me stimule, m'apprend des choses. Son influence a Ă©tĂ© capitale. Et je ne peux imaginer vivre sans lui. Resterait alors un vide immense. » Edgar Morin. photo Denis Rouvre “Il ne nous sert pas nous nous servons de lui pour vivre poĂ©tiquement”, Edgar Morin, philosophe Luc Bondy. Photo Jean-Luc Bertini / Pasco “La mĂ©moire du cinĂ©ma fait de chacun de nous des artistes”, Luc Bondy, Metteur en scĂšne et directeur de l'OdĂ©on-Théùtre de l'Europe Le cinĂ©ma ne sert Ă  rien. Et il est indispensable. Comme le superflu. On comprend mieux certaines situations auxquelles on est confrontĂ© aprĂšs les avoir vues au cinĂ©ma. La PrisonniĂšre du dĂ©sert de John Ford m'a beaucoup appris sur la sĂ©paration avec l'ĂȘtre aimĂ©, et Eve de Mankiewicz sur l'ambition et la rivalitĂ© cachĂ©es de certains collaborateurs... Antonioni et Bergman m'ont aussi enseignĂ© Ă  grandir, Ă  vieillir. Les Ă©motions ressenties grĂące aux images sur grand Ă©cran sont souvent tellement plus violentes. Comme un Ă©lectrochoc dans la poitrine. C'est pour ça que je peste, parfois, contre l'accessibilitĂ© des films sur n'importe quel petit Ă©cran d'ordinateur ou de smartphone. Le choc se perd ! Mais couchĂ©, le soir, je ne peux pourtant m'empĂȘcher de regarder encore et encore, sur ces mini-Ă©crans, les chefs-d'Ɠuvre qui m'ont nourri. Et appris Ă  me souvenir... A l'internat, adolescent, nous nous racontions des nuits entiĂšres les films que nous aimions. Et en les racontant, finalement, on en inventait d'autres, on devenait crĂ©atifs. La mĂ©moire du cinĂ©ma fait de chacun de nous des artistes. C'est essentiel. » Jacques RanciĂšre. Photo Lea Crespi / Pasco “On y a appris, en somme, Ă  ĂȘtre au monde”, Jacques RanciĂšre, philosophe A quoi le cinĂ©ma sert-il encore ? Mais qui a jamais su, profits financiers mis Ă  part, Ă  quoi il servait exactement ? Du théùtre, on nous a dit qu'il Ă©tait une assemblĂ©e du peuple; de la peinture, qu'elle nous mettait en prĂ©sence du sacrĂ©, et de la culture qu'elle dĂ©veloppait l'esprit critique. Le cinĂ©ma Ă©tait trop peu de chose pour qu'on l'accablĂąt de telles missions. Chacun a pu s'y laisser aller au plaisir des histoires et des images sans se demander si c'Ă©tait de l'art, et rĂ©partir librement, en regardant sur une toile blanche des ombres qui lui montraient un monde semblable au sien, la part du simulacre et celle de la rĂ©alitĂ©. On y a appris Ă  percevoir la singularitĂ© d'un regard collĂ© Ă  une fenĂȘtre, d'un geste de complicitĂ© imperceptible, d'un mouvement qui cache l'Ă©motion qu'il exprime. On y a appris, en somme, Ă  ĂȘtre au monde. Certains voient cette Ă©ducation Ă©vanouie avec les grandes salles d'hier. Mais la nostalgie de ce qu'il n'est plus appartient au charme prĂ©sent du cinĂ©ma ; la grĂące des gestes et des Ă©motions qu'il a créés est largement disponible sur ces Ă©crans d'ordinateurs oĂč certains voient sa mort. Et la surprise d'une image ou d'un son imprĂ©vu peut toujours advenir. Je pense Ă  un film chinois Nezha, de Li Xiaofeng. Une salle de classe de la Chine profonde; une fillette, une nouvelle, qui dĂ©barque dans la classe, en amenant son pupitre. Une condensation d'immĂ©moriales histoires d'enfance pauvre et d'un moment de l'histoire du monde. Le film se perd ensuite dans des rĂšglements de comptes familiaux. Mais de beaucoup de films prompts Ă  se perdre, il y a encore bien des moments d'Ă©motion, de grĂące et de surprise Ă  extraire pour enrichir notre perception du monde. » SĂ©lection officielle Cannes 2015 Festival de Cannes 2015 Benjamin Biolay Edgar Morin Fabrice Luchini Fanny Ardant Luc Bondy Mahamat-Saleh Haroun VĂ©ronique Cayla Partager Contribuer Sur le mĂȘme thĂšme

Lafonctionnalité de l'art n'est pas toujours la premiÚre chose qui vient à l'esprit lorsqu'on pense à l'art. L'art a généralement été considéré comme quelque chose à observer avec les résultats esthétiques à la base de toute appréciation, mais l'art décoratif contourne la simplicité de cet argument. L'art décoratif est défini comme n'importe lequel des arts concernés par
Erasmus fĂȘte ses 30 ans cette annĂ©e. Le succĂšs du programme ne se dĂ©ment pas. La commissaire europĂ©enne aux Affaires sociales, Marianne Thyssen, dĂ©sire mĂȘme l’étendre. Et elle propose d’augmenter son budget de 400 millions d’euros sur 3 ans. Article rĂ©servĂ© aux abonnĂ©s Journaliste au service Monde PubliĂ© le 26/01/2017 Ă  1746 Temps de lecture 3 min La Commission europĂ©enne le sait, le programme Erasmus est sa meilleure vitrine. Depuis trente ans, il a permis Ă  neuf millions de participants de vivre une expĂ©rience Ă  l’étranger. Une vraie success story », pour la Belge Marianne Thyssen, commissaire europĂ©enne Ă  l’Emploi et aux Affaires sociales. Outre l’expĂ©rience humaine qu’Erasmus promet, ces sĂ©jours Ă  l’étranger dopent Ă©galement les CV. Ces jeunes ont appris Ă  s’intĂ©grer dans un milieu totalement nouveau oĂč les gens ne parlent pas leur langue, explique la commissaire. Selon elle, un ancien Ă©tudiant Erasmus a deux fois plus de chances de trouver un travail dans la premiĂšre annĂ©e aprĂšs son diplĂŽme qu’une personne qui n’en a pas fait. Cet article est rĂ©servĂ© aux abonnĂ©s Avec cette offre, profitez de L’accĂšs illimitĂ© Ă  tous les articles, dossiers et reportages de la rĂ©daction Le journal en version numĂ©rique Un confort de lecture avec publicitĂ© limitĂ©e Le fil info La Une Tous Voir tout le Fil info Aussi en Opinions Carte blanche Que fait l’école pour les soi-disant digital natives»? Ils ont beau jongler avec les jeux vidĂ©o ou les rĂ©seaux sociaux, les 16-20 ans n’ont pourtant pas plus voire moins d’agilitĂ© numĂ©rique spĂ©cifique dans l’e-citoyennetĂ© que la gĂ©nĂ©ration guichet papier ». En 2019, Eurostat plaçait la Belgique dans les pays ayant la plus grande part d’illectronisme » chez les 16-29 ans. L’urgence a-t-elle pour autant Ă©tĂ© entendue ? Il est permis d’en douter » estiment les co-signataires de cette carte blanche. Édito RentrĂ©e scolaire mettre le Pacte au service d’une gĂ©nĂ©ration en reconstruction Par Eric Burgraff Édito Une rentrĂ©e politique responsable face au chaos du monde, SVP Par BĂ©atrice Delvaux Chronique Les succĂšs du fĂ©minin de {successeur} Par Anne Catherine Simon Chronique Sanna Marin, les Ă©coliers et le Falstaff les gagnants et les perdants de la semaine Par Eric Deffet Voir plus d'articles Allez au-delĂ  de l'actualitĂ© DĂ©couvrez tous les changements DĂ©couvrir À la Une Une camionnette fonce sur une terrasse Ă  Bruxelles un dĂ©sastre frĂŽlĂ© de quelques centimĂštres Par Arthur Sente et Louis Colart RentrĂ©e syndicale une premiĂšre action organisĂ©e le 21 septembre Ă  Bruxelles, une grĂšve gĂ©nĂ©rale en novembre D1A le Sporting de Charleroi subit sa troisiĂšme dĂ©faite de la saison face au Club de Bruges 1-3 DĂ©codage SupermarchĂ©s pourquoi les nĂ©gociations de prix entre producteurs et distributeurs virent au casse-tĂȘte Par Julien Bosseler Vente de VOO les communes pourront toucher une part du magot sans ĂȘtre taxĂ©es Par Xavier Counasse Le FBI dĂ©classifie partiellement le mĂ©mo Ă  l’origine de la fouille chez Donald Trump, Ă  Mar-a-lago Par Maurin Picard rĂ©fĂ©rences Herstal mise sur l'insertion socioprofessionnelle et la participation citoyenne IT une success story au fĂ©minin L'alternance affiche des taux d'insertion Ă©levĂ©s Voir les articles de rĂ©fĂ©rences rĂ©fĂ©rences Tous les jobs

Notion: L'art (latin ars, grec technĂš) dĂ©signe en un sens toute activitĂ© technique: pour fonctionner correctement, une chaudiĂšre doit ĂȘtre installĂ©e selon les rĂšgles de l'art, c'est-Ă -dire selon les normes techniques que doivent respecter les chauffagistes professionnels, qui sont des artisans − au mĂȘme titre que les maçons, les charpentiers, ou encore les coiffeuses.

Beaucoup de personnes, souvent aprĂšs de mauvaises expĂ©riences avec l’art, disent qu’il ne sert Ă  rien. De par son existence, il doit servir Ă  quelque chose. Toute chose et ĂȘtre vivant ne servant Ă  rien disparaĂźt par l’action d’autres acteurs c’est la loi de la nature et non des hommes. Ceux qui pensent que l’art ne sert Ă  rien trouvent leur justification dans le fait que l’art n’est pas vital, qu’il est assez cher et qu’ils se disent qu’ils n’y comprennent rien alors que souvent il n’y a rien Ă  comprendre mais que des choses Ă  voir. L’art prĂ©sente tous les symptĂŽmes d’un privilĂ©giĂ© exacerbant ses serviteurs. Quelle est donc sa place dans la vie des hommes ? Nous disions que l’art n’était pas vital c’est vrai et c’est une Ă©vidence. Mais ne joue-t-il un rĂŽle important ? si l’on lui prĂȘte attention. L’art est partout dans la nature, dans les villes
lĂ  oĂč l’homme est et qu’il peut attester que c’est de l’art. La dĂ©coration intĂ©rieure, extĂ©rieure ;la forme des objets, des bĂątiments, l’architecture, la mode , la peinture, la photographie
 Ils font tous partie de la famille de l’art. Certains sont cousins proches, d’autres plus Ă©loignĂ©s, il y a aussi des frĂšres et des sƓurs. Mais vous allez me dire que ce n’est pas toujours de l’art. Oui vous avez raison !mais le chemin n’est pas si long les personnes possĂ©dant du soi-disant non art auront peut-ĂȘtre l’envie d’acquĂ©rir de l’art. Nous parlions tout Ă  l’heure du caractĂšre Ă©motionnel de l’art, de ce qu’une Ɠuvre d’art pouvait apporter au spectateur cette Ă©motion souvent spontanĂ©e dĂ©versant son flux sur ce dernier, il aimerait bien acquĂ©rir cette Ɠuvre. C’est dire si l’art apporte du bien-ĂȘtre, quelque chose de plus Ă  chacun ; spectateurs et propriĂ©taires. Le besoin d’acquĂ©rir une Ɠuvre d’art est certes crĂ©er, provoquer par les hommes mais l’ĂȘtre du spectateur s’en trouve mieux en plus quand elle lui plaĂźt, dans un meilleur Ă©tat psychique, qu’il veut sans attendre l’acquĂ©rir. L’art fait donc du bien ! il aide certains Ă  trouver ou Ă  retrouver leur Ă©quilibre, perdu jadis. La couleur de l’art Ă©veille tous les sens. Vous choisissez une Ɠuvre d’art, quelque chose d’art, qui vous plaĂźt, que vous aimez bien elle est positive pour vous ; vous l’exposerez chez vous et c’est toute l’atmosphĂšre qui change les autres objets l’accueillent comme le petit dernier, nouveau, nouvelle, l’aident Ă  s’intĂ©grer. L’Ɠuvre, aimĂ©e du propriĂ©taire, n’abuse pas de la situation et de son caractĂšre privilĂ©giĂ© par rapports aux autres objets elle brille sans jalousie, reste humble, ouverte aux autres. L’harmonie se crĂ©e entre tous. L’homme possĂ©dant l’Ɠuvre se trouve dans un meilleur Ă©tat psychique, mental qu’avant et c’est bien sĂ»r communicatif les autres hommes qu’il rencontre s’en trouvent affecter dans le bon sens. Leurs Ă©tats changent aussi et s’amĂ©liorent. Nous parlons du spectateur mais n’oublions pas l’artiste. Certains des artistes disent que l’art est pour eux un exĂ©cutoire, d’autres un ami au sens oĂč ils communiquent avec lui grĂące Ă  la crĂ©ation. La relation amicale entre deux ĂȘtres s’entretient souvent par les mots, les gestes ; ici entre le crĂ©ateur et l’art c’est la crĂ©ation et l’imagination qui joue les rĂŽles de liant. L’artiste parle Ă  l’art par la crĂ©ation. L’art lui rĂ©pond en acceptant son imagination de par sa crĂ©ation en produisant l’Ɠuvre. Il guide sa crĂ©ation afin qu’elle atteigne un bon Ă©quilibre physique et psychique de l’artiste change du soulagement, de la satisfaction, de la fiertĂ© mais toujours en humilitĂ©. L’art est donc un guĂ©risseur Ă  la fois pour l’artiste et le spectateur. Il donne et apporte du bien, du bien-ĂȘtre, des petits moments de bonheur, Ă  n’importe qui. L’art ne choisi pas ses amis mais est prĂȘt Ă  tous nous accueillir il suffit de faire le premier pas, de le regarder simplement, sans a priori. Dominos art,images,numerique,paint,photographie,photography,crĂ©ation,creation,digital pictures,paris, jaune,vert,bleu,blue,white,homme,femme,imagination,digital,google,glegoo © 2016 Dominus Lart ne doit pas seulement ĂȘtre entendu dans le sens de « beaux-arts » : il ne faut pas oublier l'art de l'artisan, qui lui aussi rĂ©clame une technique, c'est-Ă -dire un ensemble de rĂšgles Ă  respecter.Il est clair cependant que les beaux-arts n'ont pas la mĂȘme finalitĂ© puisqu'ils recherchent le beau et produisent des objets dĂ©pourvus d'utilitĂ©. 1En tant que dĂ©rivĂ© du jeu, l’humour, tout comme l’art, intĂ©grerait les principes opposĂ©s de plaisir et de rĂ©alitĂ©, les espaces intrapsychiques et interpsychiques, les instances du conscient et de l’inconscient... Une analyse qui s’alimente autant des textes psychanalytiques » que de l’abondante littĂ©rature critique concernant les courants et tendances de l’art contemporain. 2Humour et art sont deux phĂ©nomĂšnes Ă©nigmatiques, en ce qu’ils opposent une rĂ©sistance Ă  toute analyse et qu’ils risquent de perdre leur attrait une fois mis Ă  nu par une explication. Un tableau de Ben Vautier l’illustre une boĂźte noire avec l’écriture BoĂźte mystĂšre Ă  l’instant oĂč elle sera ouverte elle perdra toute valeur esthĂ©tique. » 3Mais la pulsion Ă©pistĂ©mophilique dĂ©fie cette mise en garde elle nous pousse Ă  ouvrir la boĂźte noire en sachant qu’on n’y parviendra jamais complĂštement. 4Je me limiterai ici Ă  considĂ©rer l’art, que notre Ă©poque appelle plastique », comme hĂ©ritier des beaux arts. 5La question de l’humour dans l’art contemporain a pour moi un Ă©cho personnel. Si je m’interroge sur ce qui me pousse Ă  me rendre aux expositions d’art contemporain, je rĂ©ponds d’abord que j’y cherche une distraction. Je cherche Ă  ĂȘtre amusĂ©e, surprise, pour ressortir avec un bĂ©nĂ©fique chamboulement dans les idĂ©es capable de relancer ma curiositĂ© pour les rĂ©alitĂ©s du monde, de l’époque Ă  venir, de la condition humaine. Bref, je cherche une remise en cause des idĂ©es reçues, qui s’accompagne de plaisir, mĂȘme si parfois elle entraĂźne un certain effroi. En somme, tout le contraire de l’ennui de mon enfance lors des visites si rĂ©pĂ©titives aux musĂ©es et Ă©glises de l’Italie catholique. Dans ces lieux gardiens d’art ancien, Ă©minemment sĂ©rieux, les objets, telles les reliques sacrĂ©es, m’apparaissaient poussiĂ©reux, immuables, sĂ©vĂšres, mĂ©lancoliques. Dans mes souvenirs, ces temples qui conservent l’art sont des contextes oĂč l’humour et le rire sont proscrits. Que les salles de musĂ©e exposent aujourd’hui des Ɠuvres si dĂ©sacralisantes a pour moi le goĂ»t dĂ©licieux du blasphĂšme leur frĂ©quentation me procure le plaisir de la transgression. De plus, en tant que public, je m’offre le confort d’une transgression sans risque le statut officiel du musĂ©e d’art contemporain, leur appartenance au monde culturel, permettent au visiteur de se sentir quelque peu appartenir Ă  ce monde. Donc cela me procure en prime une satisfaction de nature narcissique. 6En tant que sujet contemporain, je me sens parfois Ă  la merci d’importants changements de notre Ă©poque en perpĂ©tuelle Ă©volution, en perpĂ©tuelle crise de valeurs, sans certitudes auxquelles s’accrocher. Le spectacle de l’art contemporain m’offre alors une mise en perspective de ces angoisses, d’une autre nature que celle que l’on peut atteindre par une dĂ©marche purement rationnelle. Il ouvre des perspectives inĂ©dites par la mise en relation d’élĂ©ments a priori distincts qui aboutissent Ă  un nouvel objet original. Il consent un sentiment de lĂ©gĂšretĂ© aussi inattendu sur des sujets graves ou inquiĂ©tants. 7Le rĂ©sumĂ© de ces bĂ©nĂ©fices personnels issu de la contemplation de l’art contemporain correspond aux bĂ©nĂ©fices de l’humour tels que S. Freud et quelques autres de ses successeurs les ont dĂ©crits. La remise en cause des pensĂ©es reçues voire le plaisir de la transgression proviennent de l’émergence soudaine de contenus pulsionnels dans un contexte secondarisĂ© ; le ressenti de lĂ©gĂšretĂ© face Ă  la gravitĂ© de la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure correspond au rĂŽle consolateur de l’instance parentale intĂ©riorisĂ©e qui montre au moi-enfant le cĂŽtĂ© risible de ses peurs. L’humour fonctionne comme une dĂ©fense contre la honte, la dĂ©pression, le mĂ©contentement, le dĂ©goĂ»t, le dĂ©sespoir dont l’excellence le rapproche de la sublimation, bien qu’il relĂšve plutĂŽt de l’économie narcissique le moi ne se laisse pas accabler par les calamitĂ©s de la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure. 8Humour et art sont intimement liĂ©s dans la thĂ©orie psychanalytique. Mais, pour saisir la place que l’humour a prise dans l’expression artistique contemporaine, il faut rappeler que, dans l’histoire de l’art, le comique a Ă©tĂ© exclu ou marginalisĂ©. Pour les anciens, l’humour Ă©tait thĂ©rapeutique de l’humeur par la voie de la catharsis Hippocrate pensait que dans le rire s’écoulaient les excĂšs de bile, l’humeur noire nĂ©faste Ă  l’organisme entendu comme un ensemble psychosomatique ; ce qui rejoint Aristote dans la thĂ©orie de la fonction cathartique d’un spectacle artistique notamment le théùtre. Humour et humeur ont une mĂȘme origine Ă©tymologique que la langue anglaise a conservĂ©e. 9Mais, depuis le Moyen Âge, la conception chrĂ©tienne du rire a prĂ©dominĂ© il Ă©tait du cĂŽtĂ© du mal, du satanique. L’art Ă©tait une affaire sĂ©rieuse, puisque liĂ©e Ă  la religion, puis aussi aux personnages haut placĂ©s dans la politique. Les rares exceptions d’Ɠuvres burlesques Ă©taient considĂ©rĂ©es Ă  la marge de l’art, en tant que formes mineures la caricature. 10Ce n’est que lorsque l’art se donne une tĂąche critique des valeurs, de la religion, du pouvoir Ă©tabli, des institutions y compris celles de l’art lui-mĂȘme, que les conditions propices Ă  l’utilisation de l’humour apparaissent. L’humour peut dire quelque chose de la rĂ©alitĂ© dans laquelle nous vivons et reprendre ainsi une position morale tout en restant ludique. 11La libertĂ© de reprĂ©sentation, la recherche de l’abolition des censures, l’ouverture sur l’exploration de toutes les possibilitĂ©s Ă©lĂšvent l’humour dans ses diffĂ©rentes formes au rang de catĂ©gories est prĂ©sent dans quasiment tous les courants d’art contemporain, aussi divergents les uns des autres. Nous ne choisirons que quelques exemples parmi un nombre continuellement entre art et humour le jeu12Si l’utilisation de l’humour dans l’art ne se trouve lĂ©gitimĂ©e que depuis l’époque moderne, ces deux termes relĂšvent pourtant du mĂȘme domaine tout comme la crĂ©ation artistique, naĂźt de la capacitĂ© de jouer. La particularitĂ© paradoxale du jeu est de faire coexister le principe de plaisir avec le principe de rĂ©alitĂ©. En tant que dĂ©rivĂ©s du jeu, l’humour et l’art hĂ©ritent de lui l’aptitude unificatrice et conciliatrice des opposĂ©s. 14Jouer est une premiĂšre forme de mĂ©taphorisation qui permet le passage de l’objet primaire Ă  l’utilisation d’autres objets, cheminement de la symbolisation qui aboutit au langage comme Ă©ventuellement Ă  l’expression artistique. Le jeu naĂźt de la nĂ©cessitĂ© de dĂ©passer une souffrance, et l’enfant acquiert la maĂźtrise de la situation douloureuse en apprenant par le jeu Ă  se la reprĂ©senter. Par la progressive mentalisation de l’objet, l’activitĂ© du jeu se parachĂšve dans la reprĂ©sentation de choses, puis de mots. La manipulation des reprĂ©sentations de mots a l’avantage de permettre une Ă©norme libertĂ©, dont les rĂȘves, les jeux de mots, sont des exemples. D’autre part, l’activitĂ© de jeu peut aussi aboutir au travail artistique, manipulation d’un matĂ©riau ou de sa motricitĂ© pour concrĂ©tiser des reprĂ©sentations les Ɠuvres. 15Dans Les Mots d’esprit et leur rapport avec l’inconscient, S. Freud fait dĂ©river le Witz esprit et mot d’esprit en allemand du jeu enfantin avec les mots qui reposent sur la rĂ©pĂ©tition du semblable, l’assonance, la redĂ©couverte du connu. CondamnĂ© par la conscience adulte parce que contraire Ă  la raison, le jeu avec les mots ne peut subsister qu’à condition de trouver un sens, pour rĂ©pondre aux nouvelles exigences de l’intellect. Pour ne pas renoncer Ă  ce plaisir du non-sens, pour tromper l’instance critique, l’adolescent cherche Ă  faire du sens dans le non-sens. 16S. Freud retrouve les mĂȘmes procĂ©dĂ©s du travail du rĂȘve dĂ©placement, condensation, figuration, dans ce que l’on a appelĂ© plus tard le travail de l’humour ». L’art plastique aussi peut employer les mĂȘmes procĂ©dĂ©s comme le rĂȘve, il utilise la plasticitĂ© visuelle, comme le Witz celle des mots. 17Art et humour peuvent s’analyser comme un jeu entre un contenu manifeste et un contenu espace interrelationnel18L’espace de jeu correspond Ă  une aire transitionnelle situĂ©e entre rĂ©alitĂ© psychique et rĂ©alitĂ© extĂ©rieure. Cet espace du comme si » est l’espace de l’illusion D. W. Winnicott, qui participe de l’espace culturel dont l’art est partie intĂ©grante. 19L’humour et l’art partagent la mĂȘme collocation psychique dans un entre-deux. Entre deux instances inconscient et conscient, fantasme et rĂ©alitĂ©. Mais aussi entre deux espaces l’espace intrapsychique et l’espace interpsychique. Car la capacitĂ© de jouer comporte des allers-retours entre des contenus subjectifs, inconscients, et une forme communĂ©ment partageable, secondarisĂ©e. 20L’humour comme l’art permet de rĂ©soudre aussi l’ambivalence de pulsions, il peut exprimer l’agressivitĂ© et garder les liens objectaux ; il garde les investissements narcissiques et objectaux, car, bien que relevant d’un travail essentiellement intrapsychique, il a tout de mĂȘme besoin d’un public pour ĂȘtre communiquĂ©. 21Humour et Ɠuvre d’art se forment Ă  partir d’un dĂ©sir inconscient qu’ils rĂ©alisent de façon imagĂ©e, comme le rĂȘve, le fantasme et le symptĂŽme. Mais, Ă  la diffĂ©rence de ceux-ci, ils s’ouvrent aux autres qui, du coup, pourront partager les bĂ©nĂ©fices narcissiques sans avoir dĂ©pensĂ© l’énergie nĂ©cessaire au travail artistique et-ou au travail de l’humour. 22Le public ainsi transformĂ© en complice des mĂȘmes tendances pulsionnelles exprimĂ©es peut, de surcroĂźt, se sentir appartenir au cercle des initiĂ©s. À son tour, l’approbation du public fonctionne comme miroir rĂ©assurant pour le narcissisme de l’ rire des mĂȘmes choses implique une certaine consonance de fonctionnement psychique. Si elle est absente, le public peut avoir un sentiment d’exclusion, voire de persĂ©cution, d’ĂȘtre la victime dont on rit, si l’Ɠuvre lui semble inaccessible. En tĂ©moignent ceux qui mĂ©prisent l’expression artistique contemporaine parce que, tout en percevant l’existence d’une dimension transgressive et-ou humoristique, elle leur quoi se moque l’art ?23Bien que les prĂ©misses soient prĂ©sentes dans plusieurs courants artistiques, l’on peut faire remonter au dadaĂŻsme et au ready-made de M. Duchamp le dĂ©but d’un positionnement humoristique de l’art sur lui-mĂȘme. 24Un ready-made est un objet dĂ©signĂ© comme Ɠuvre par l’artiste et par son public. Ainsi, un urinoir renversĂ© porte pour titre Fontaine. D’abord, l’ensemble surprend, le titre contraste et confĂšre une perspective nouvelle Ă  ce qui est perçu visuellement. Les associations d’idĂ©es se portent sur le renversement de situation oĂč le flux de l’urine, eau sale, entre dans le rĂ©ceptacle de l’urinoir, alors que, de façon opposĂ©e mais analogue, l’eau propre jaillit d’une fontaine Ă  laquelle est associĂ© communĂ©ment le geste de s’abreuver. Fantasme phallique-urĂ©tral du petit garçon qui a donnĂ© forme Ă  certaines sculptures ornant les fontaines baroques. Mais un renversement analogue dans un autre domaine s’opĂšre ici un objet rĂ©putĂ© vulgaire non seulement parce que reproductible, fabriquĂ© en sĂ©rie, mais aussi en raison de sa fonction, est Ă©lu au rang d’objet d’art, entrant soudainement dans le royaume du sublime. 25L’effet de surprise a sa fonction dans l’humour pendant un instant, l’Ɠuvre nous sidĂšre, nous restons hĂ©sitants. Comprendre l’humour nĂ©cessite la suspension de la morale, de la critique intellectuelle. Nous partageons la mĂȘme mise entre parenthĂšses de ces catĂ©gories avec l’auteur et la satisfaction qui en dĂ©coule. En mĂȘme temps, il nous Ă©pargne le chemin rationnel que nous aurions dĂ» parcourir pour aller d’une idĂ©e Ă  l’autre ou aux autres condensĂ©es dans un mĂȘme mot ou une mĂȘme se moque de lui-mĂȘme26La dĂ©marche transgressive du ready-made touche Ă  l’image de l’art ouvrant la voie Ă  un ensemble infini d’explorations oĂč la critique de la sociĂ©tĂ© est en mĂȘme temps remise en cause de l’artiste, de son propre courant artistique, de l’art en gĂ©nĂ©ral. 27Citons l’exemple trĂšs connu de P. Manzoni du courant de l’ arte povera », la boĂźte de conserve Merda d’artista, de 1961. Parodie de l’Ɠuvre d’art idĂ©alisĂ©e, avertissement que mĂȘme une Ɠuvre d’art est destinĂ©e Ă  sa finale consomption. Ici, la dĂ©sublimation de l’art va de pair avec la dĂ©sillusion de la croyance en sa pĂ©rennitĂ©. Deux reprĂ©sentations opposĂ©es fusionnent l’Ɠuvre et son auteur sont de la merde et ils ne se prennent pas pour de la merde ! L’excrĂ©ment fĂ©tiche qui se vend sur le marchĂ© de l’art retrouve son statut inconscient de matiĂšre d’échange, d’équivalence symbolique Ă  l’argent, voire Ă  l’or, puisque c’était le cours journalier du mĂ©tal fin qui a fixĂ© le prix des canettes de trente grammes ! La sexualitĂ© anale infantile est mise en scĂšne sans entraves. 28L’Ɠuvre consiste en mĂȘme temps en la boĂźte de conserve, avec une Ă©tiquette qui la nomme, et en l’idĂ©e de ce que cet objet reprĂ©sente. La boĂźte perd sa valeur une fois ouverte, tout comme la boĂźte mystĂšre » de Ben. L’artiste B. Bazile qui le fait en 1989 y trouve une autre boĂźte. 29Cloaca de W. Delvoye en 2000 un engin qui reproduit le systĂšme digestif humain. Un ensemble de tuyaux transparents d’allure trĂšs hygiĂ©nique qui, correctement alimentĂ©, produit six heures plus tard des Ă©trons qui sont mis en vente sous cloche. Plusieurs chefs de la gastronomie française se prĂȘtent au jeu et prĂ©parent des plats pour la machine. L’humanisation de la machine montre son revers la mĂ©canisation de l’humain moderne. Instrument Ă  transformer la nourriture en excrĂ©ment, cette sculpture est une vanitas » de la sociĂ©tĂ© de consommation un mĂ©canisme digestif gĂ©ant, complexe, irrĂ©prochablement propre qui ingurgite des quantitĂ©s de nourriture pour ne produire, in fine, que des dĂ©chets commercialisĂ©s. Condensation de deux images de l’homme contemporain la machine et l’animal dans sa forme la moins Ă©voluĂ©e, telle un gastĂ©ropode ! Mais l’art aussi devient, Ă  l’image de l’homme, un immense mĂ©canisme qui produit des excrĂ©ments Ă  se moque des idoles humour cynique30L’art, aujourd’hui, s’est donnĂ© comme l’une des tĂąches la dĂ©nonciation des valeurs de la sociĂ©tĂ©, de ses institutions jusqu’à celles de l’art mĂȘme. 31L’art se moque, dĂ©masque, dĂ©tourne des valeurs qu’il a pourtant officiellement dĂ©passĂ©es. Comme une dĂ©nĂ©gation, il nie l’adhĂ©sion Ă  des codes pourtant reprĂ©sentĂ©s, montrant d’une part son attachement ambivalent Ă  ceux-ci. De lĂ , son besoin de lĂ©gitimation du public, sa recherche de complices rĂ©confortant sa position. L’humour sert alors cette connivence. Il s’agit d’humour tendancieux, car l’on aperçoit la percĂ©e des pulsions partielles dans ce que les Ɠuvres donnent Ă  voir. 32D’Arsen Salvadov, une photographie couleur Donbass-Chocolat, 1997. DerriĂšre une porte ouverte qui sert de cadre, des mineurs semblent poser pour un ballet. Ils sont nus ou en tutus blancs, sales de suie charbonneuse, au regard sĂ©vĂšre et dans des postures fatiguĂ©es par le labeur. C’est une citation des clichĂ©s qui hantent le peuple russe le ballet classique et la force ouvriĂšre. Le premier fĂ©minin, lĂ©ger, Ă©thĂ©rĂ©. La seconde masculine, puissante, musclĂ©e. Une image de l’art russe, dĂ©suĂšte, candide, contrastant avec une rĂ©alitĂ© du travail dure et humiliante. La satisfaction sado-anale de salir, rabaisser un tel idĂ©al artistique et de sociĂ©tĂ©, pour en dĂ©masquer l’hypocrisie. 33À notre Ă©poque qui se dĂ©tache des prĂ©ceptes catholiques, l’humour dans l’art charnel d’Orlan parodie sainte ThĂ©rĂšse du Bernin, les mots de l’Évangile. Il dĂ©nonce aussi la commercialisation de l’art, sous forme de prostitution. 34Beaucoup d’Ɠuvres adoptent une forme humoristique pour dĂ©nigrer la sociĂ©tĂ© commerciale actuelle avec ses corollaires de gaspillage, mauvaise rĂ©partition des richesses et de soucis Ă©cologiques. 35Nus de RĂ©my Le Guilerm, 1994. Devant un mur qui porte la reproduction de La Chute de l’homme et l’expulsion du jardin d’Eden de Michelangelo Buonarroti, un couple aussi nu qu’Adam et Eve pousse un caddie regorgeant de pommes rouges. Ils ont l’air effrayĂ©s, comme s’ils avaient peur d’ĂȘtre surpris ou craignaient une catastrophe. La citation du tableau classique Ă©voque le thĂšme judĂ©o-chrĂ©tien de la faute originelle. Mais le caddie plein Ă  ras bord de pommes au premier plan contraste avec la pomme » unique, Ă  valeur hautement symbolique, qu’Eve propose Ă  Adam. En un seul regard, l’exagĂ©ration nous apparaĂźt grotesque, Ă  la mesure de la commercialisation, de la convoitise des humains d’aujourd’hui. Mais, derriĂšre le contexte actuel, nous sommes renvoyĂ©s au thĂšme plus universel de l’aviditĂ© orale archaĂŻque du bĂ©bĂ© jamais rassasiĂ© qui guette en nous. L’envie du bon sein gĂ©nĂ©reux de la mĂšre-terre nous pousse Ă  dĂ©sirer le vider de tout son lait. D’oĂč la crainte d’une rĂ©torsion et l’angoisse d’ĂȘtre dĂ©truit ou rejetĂ© par elle. 36Le land art opĂšre dans sa dĂ©marche un renversement humoristique le paysage n’entre plus dans le tableau, il devient lui-mĂȘme tableau », Ɠuvre. 37Un exemple qui ne passe pas inaperçu est celui des empaquetages de monuments de Christo. Paradoxe visuel dans le paysage urbain le monument est cachĂ©-montrĂ©, effacĂ©-soulignĂ©, illustrant la rĂ©gression Ă  la reprĂ©sentation de choses oĂč le principe de contradiction est inopĂ©rant. 38Tandis que, d’habitude, le monument passait inaperçu, son emballage attire le regard, le rendant soudainement plus dĂ©sirable, comme un cadeau qui invite Ă  le dĂ©couvrir, comme le corps de l’amant qui invite Ă  le dĂ©shabiller. C’est aussi un rappel que mĂȘme le monument, malgrĂ© sa charge d’art et d’histoire, n’est qu’une marchandise emballĂ©e, prĂȘte Ă  ĂȘtre consommĂ©e. Du coup, l’humour touche aussi l’image de l’art et de l’artiste qui cache, emballe les monuments dĂ©jĂ  faits, au lieu de les conceptuel pousse la question ouverte par le ready-made jusqu’à ses extrĂȘmes consĂ©quences l’art consiste en l’idĂ©e, vĂ©hiculĂ©e par le discours. Les Ɠuvres finissent par ressembler, Ă  s’y mĂ©prendre, Ă  des mots d’esprit, quelques-uns devenus cĂ©lĂšbres comme des proverbes. En France, les exemples les plus connus sont ceux de la sĂ©rie de tableaux » de Ben Vautier oĂč la figuration du mot tableau » le reprĂ©sente comme un tableau noir d’école sur lequel apparaissent des parodies de maximes dans une Ă©criture cursive blanche comme Ă  la craie. L’humour joue ici sur le double sens du mot dont l’un est donnĂ© Ă  voir par la figuration, comme dans un rĂȘve. Mais l’humour, dans chacun de ses tableaux », rĂ©side dans une multiplicitĂ© de sens. Citons, par exemple, on est tous ego ». Ici, l’écriture est dĂ©viĂ©e de son orthographe attendue, laissant apparaĂźtre une autre pensĂ©e sous-jacente Ă  on est tous Ă©gaux ». À la lecture, un seul mot recouvre deux idĂ©es diffĂ©rentes, mais qui se renvoient l’une l’autre c’est l’égocentrisme de chacun qui nous rend tous pareils. L’apparence est celle d’un lapsus calami involontaire d’un enfant qui ignorerait l’orthographe. Mais l’esprit naĂŻf rĂ©vĂšle une vĂ©ritĂ©. Ce mot d’esprit faussement inoffensif, selon la catĂ©gorie freudienne, dĂ©shabille, en rĂ©alitĂ©, comme le mot Ă  tendance sexuelle et, comme le mot Ă  tendance hostile, il attaque, dĂ©voilant ainsi l’intĂ©rĂȘt narcissique qui hante et contredit le principe Ă©galitaire, fondement de notre sociĂ©tĂ© dite dĂ©mocratique ».L’art se moque de la mort l’humour noir39Dans le type d’humour dit noir », le moi lutte contre l’angoisse de castration, dont l’extrĂȘme est bien l’angoisse de mort. Le macabre est rabaissĂ©, ridiculisĂ© au profit du narcissisme. 40Du courant Panique » de Pan, dieu de l’amour, de l’humour et de la confusion, Abel Ogier sculpte l’ Homme bĂ©quille » un homme cul de jatte, nu, se servant de bĂ©quilles qui sont en fait ses jambes. 41Comme une image de rĂȘve, l’humour ici joue sur la condensation bĂ©quilles et jambes il est handicapĂ©, mais il a ses jambes Ă  la place des bĂ©quilles
. L’impression visuelle, d’abord effrayante, laisse vite la place Ă  l’idĂ©e que le handicap est d’une autre nature, que la difficultĂ© Ă  maintenir la station dĂ©bout et Ă  marcher est celle de l’artiste en tant que homo erectus » d’assumer sa position existentielle qui lui permettrait un regard vers l’horizon et une avancĂ©e vers l’ noir s’exprime dans le body art, ce qui ne surprend pas puisque cette forme artistique qui fait du corps son Ɠuvre et son mĂ©dium porte de façon exacerbĂ©e la question de la finitude corporelle comme limite. Ainsi M. Journiac propose un Contrat pour un corps en 1972 une transformation post mortem de son squelette en Ɠuvre d’art Vous pariez pour la peinture, votre squelette est laquĂ© blanc. Vous pariez pour l’objet, votre squelette est revĂȘtu de vos vĂȘtements. Vous pariez pour le fait sociologique, l’étalon-or, votre squelette est laquĂ© or. » Les deux conditions du contrat mourir et lui cĂ©der son corps Ardenne, 2001. L’artiste transforme votre dĂ©pouille en Ɠuvre impĂ©rissable. C’est faire un pied de nez Ă  la mort, se consoler avec l’idĂ©e d’une certaine forme de pĂ©rennitĂ© se moque de sa capacitĂ© de crĂ©er l’humour sceptique42À notre Ă©poque dite postmoderne », l’humour devient souvent sceptique. Certains courants en Ă©taient les prĂ©curseurs, par exemple le pop art, mais mĂȘme sous une forme prosaĂŻque d’images publicitaires, d’objets de consommation les plus vulgaires et communs, l’art avait encore son mot Ă  dire. 43Or, l’on voit aujourd’hui apparaĂźtre des formes d’art qui semblent crier le dĂ©sespoir de l’ancien proverbe Nihil novi sub sole. 44L’attitude d’autodĂ©rision devient franchement autodĂ©prĂ©ciative avec Sherrie Levine, simulationniste des annĂ©es quatre-vingt, qui reflĂšte la perte de foi dans l’art comme moyen de changement de la sociĂ©tĂ©. Sa dĂ©marche radicale consiste Ă  signer des reproductions de tableaux d’auteurs connus. Sa signature s’accompagne de celle du maĂźtre, par exemple S. Levine after Morandi », oĂč after » peut se traduire par d’aprĂšs » et-ou aprĂšs ». C’est une forme d’humour dĂ©sespĂ©rĂ© qui exprime un sentiment d’impasse de l’art et du monde postmoderne, un sursaut du moi qui cherche malgrĂ© son accablement Ă  reprĂ©senter l’affect mĂ©lancolique qui ne laisse pas de place Ă  l’espoir, au futur. Il n’y aurait plus de crĂ©ation possible, que de la recrĂ©ation. La rĂ©fĂ©rence aux maĂźtres ne laisse plus d’espace au sujet l’idĂ©al du moi Ă©crase le narcissisme. 45L’humour tire gĂ©nĂ©ralement profit d’une souffrance, comme le masochisme Ă  cette diffĂ©rence prĂšs qu’il la dĂ©joue sans l’ignorer, il ne l’érotise pas. Mais l’humour sceptique dans l’art postmoderne laisse trop passer l’impuissance, le dĂ©sespoir, il arrive mal Ă  les contredire. La sidĂ©ration de l’effet de surprise risque de se figer au lieu de se dĂ©tendre en un sourire de et art s’expriment dans l’espace de l’illusion, espace de libertĂ© nĂ©cessaire Ă  l’équilibre psychique de l’individu comme Ă  celui de la sociĂ©tĂ©. En cela, ils aident Ă  soulager la tension entre les deux pĂŽles de l’existence la rĂ©alitĂ© interne et la rĂ©alitĂ© externe. 47L’humour offre une solution contre des affects qui pourraient menacer l’intĂ©gritĂ© du moi. Il s’agit donc d’un enjeu narcissique. Il n’est pas surprenant que l’humour apparaisse dans l’art Ă  notre Ă©poque si hantĂ©e par les menaces narcissiques dont elle cherche, par tous les moyens, Ă  se dĂ©fendre. 48L’humour dans l’art contemporain dĂ©fie l’angoisse d’anĂ©antissement, les valeurs de la sociĂ©tĂ© et ses propres idĂ©aux, jusqu’à s’attaquer – ce qui est plus rĂ©cent – aux fondements mĂȘmes de son existence. 49Mais l’humour possĂšde la capacitĂ© de se reprendre pour sortir de l’impasse tout peut ĂȘtre relativisĂ©, rĂ©cupĂ©rĂ© et mis en perspective symbolique. Comme ce tableau de Ben qui nous servira de conclusion Cela ne sert Ă  rien de vous stresser, respirez, souriez, laissez-vous aller, tout est art. » Argument2. Remarquons tout d’abord que l’art a un caractĂšre universel et historique. Il doit donc bien avoir une utilitĂ©. L’art est universel en ce sens qu’il n’est pas un produit de luxe destinĂ© uniquement Ă  certaines tranches de la populations ni apparait uniquement dans a quoi sert l'art philo 18 janvier 2021 0 0 Retrouvez l'Ă©mission en réécoute gratuite et abonnez-vous au podcast ! Il sourit "A court terme, ça ne sert Ă  rien, c'est comme l'art. 1. Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion Raison et religion; En quoi la conscience du temps qui passe a-t-elle une incidence sur le sens de l'existence ? - ~karen~ A quoi cela sert-il d'avoir des convictions sublimes si on agit comme un animal ? », c’est donc se demander si l’art apporte quelque chose d’utile Ă  son maĂźtre, si il vient combler ses dĂ©sirs ; si il est d’une utilitĂ© quelconque dans la maison humaine, ou si il n’est pas vital Ă  quelques postes qu’il soit. L'art, crĂ©ation de l'artisan, c'est-Ă -dire celui qui maĂźtrise l'art, ou de l'artiste, qui lui a le talent nĂ©cessaire, est une superposition ou mĂȘme une substitution Ă  la nature ; crĂ©ation humaine elle tend Ă  transformer l'Ă©tat. La philosophie sert Ă  attrister. En cliquant sur OK, vous acceptez que utilise des cookies ou une technologie Ă©quivalente pour stocker et/ou accĂ©der Ă  des informations sur votre appareil. L'art ne copie pas le rĂ©el, il le transforme en transformant notre regard. L’art n’est pas un simple passe-temps, une activitĂ© superflue et vaine, futile et dĂ©risoire elle implique l’homme dans son ĂȘtre et manifeste sa libertĂ©. Il s’agit du quoi » de l’énoncĂ©. L'art moderne. L'imitation est inutile, autant aller directement au modĂšle. et l'art des artistes et des Ɠuvres d'art. Or, il y a eu une "rĂ©volution" dans la conception de l'art au XX est siĂšcle. ConfĂ©rence de Jean-Pierre Estrampes donnĂ©e le 27/11/2013 Ă  la Maison de la philosophie Ă  Toulouse. de nature en Ă©tat de culture. Bergson, "Les deux sources de la morale et de la religion", Chapitre IV explication de texte, Analyse Les mots et les choses, Michel Foucault, Cours de culture gĂ©nĂ©rale pour les Ă©tudiants prĂ©parant les concours des grandes Ă©coles ou les concours administratifs de catĂ©gorie A 2011. Cette conception est donc dangereuse pour l'art lui-mĂȘme. C’est l’équilibre des proportions qui dĂ©finit l’essence de la BeautĂ©. Pour critiquer Hegel, on pourrait montrer que ce qui fait la richesse d'une Ɠuvre est son opacitĂ©, tout ce qui en elle est irrĂ©ductible Ă  la clartĂ© d'une idĂ©e, vecteur d'Ă©motions. ThĂšse À nous montrer, dans la nature et dans l'esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience » rĂ©pond Bergson. Sujet "L’art Ă  quoi ça sert ?" . Il suffit d'ĂȘtre attentif aux critiques simplistes des Ɠuvres contemporaines qui ne signifient rien parce-qu'on n'y reconnaĂźt pas de modĂšle. en replay sur France Culture. Tu ne trouves pas ce que tu cherches ? Une Ɠuvre d'art n'est que la copie d'une copie donc qu'une imitation qui nous dĂ©tourne de l'essence de la rĂ©alitĂ©. L'art rend sensible la rĂ©alitĂ© L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible Paul Klee L'Ɠuvre peut prĂ©senter, c'est-Ă -dire rendre vivant Ă  distinguer de reprĂ©senter qui consiste Ă  avoir un accĂšs immĂ©diat Ă  l'ĂȘtre le rĂ©el en en choisissant des aspects, en mettant l'accent sur ce qui peut nous Ă©chapper, en nous rĂ©vĂ©lant l'essentiel derriĂšre les apparences quotidiennes ou les habitudes de nos regards. L'art est un jeu dĂ©sintĂ©ressĂ© qui se justifie par sa seule beautĂ©. Il donne des joies essentielles. DĂšs lors, l’Ɠuvre d’art 
 PensĂ©e par des Ă©tudiants, la plateforme Pimido utilise des outils de dĂ©tection anti-plagiat pointus, permettant l'analyse et l'optimisation de contenu rĂ©digĂ© par des Ă©tudiants ou des professionnels. Bac Philo 1Ăšre semaine 1/5 A quoi sert l'art ? A quoi sert la philosophie ? Vous pouvez paramĂ©trer vos choix pour accepter les cookies ou non. ... Si l’art, Ă  la diffĂ©rence de la philosophie ou des mathĂ©matiques, n’utilise pas de concepts et donc ne peut en ce sens ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un langage, il donne Ă  penser. [...], [...] Il nous aide par exemple Ă  prendre de la distance par rapport Ă  nos passions on retrouve le thĂšme aristotĂ©licien repris par la psychanalyse de la catharsis l'art est purgatoire, purification L'art ne doit pas cependant se rĂ©duire Ă  ĂȘtre au service d'une idĂ©e, l'artiste ne doit pas ĂȘtre asservi Ă  une idĂ©ologie comme dans l'art nazi ou stalinien car il risquerait d'ĂȘtre remplacĂ© par la philosophie. À quoi sert l’art? Commande ton devoir, sur mesure ! S’interroger sur Ă  quoi sert l’art ? Cours de philosophie. Mais la philo, Ă  quoi ça sert? Un jour l'amour dit Ă  l'amitier "A quoi sert tu incensĂ© ?" L'art ne sert Ă  rien Ă  rien d'autre que lui-mĂȘme. ... L'art et la philosophie, Platon ou l'art de la caverne Sujet 102679 L'art et la rĂ©alitĂ© l'art nous dĂ©tourne-t-il du rĂ©el ? Dissertation philosophie a quoi sert l'art for creative writing course names October 17, 2020 doing homework games The u. S. Country head experiences, and the direction of propagation l'art quoi a dissertation philosophie sert wave disturbance moves through 
 Critique du rĂ©alisme Platon est consĂ©quent avec lui-mĂȘme. L'art n'est pas un luxe, mais une des plus belles dimensions de l'humain. Le soi intĂ©rieure , cette fĂ©minisation de intĂ©rieur montre comment la part fĂ©minine qui est en lui cherche Ă  s'exprimer. Le jugement de goĂ»t est-il universel ? Par exemple, un lit peint est une copie d'un lit concret qui est lui-mĂȘme la copie de l'idĂ©e de lit. [80] "Un bon artiste est-il un artiste mort ? Elle rĂ©pond" Je sert Ă  essuyer les larmes que tu as fait couler". Est-ce un devoir pour l’homme d’ĂȘtre cultivĂ© ? [...], [...] L'artiste par son activitĂ© vise au contraire la complexitĂ© et l'originalitĂ© du rĂ©el, nous indiquant la voie de l'intuition, la seule qui pour Bergson peut atteindre l'ĂȘtre des choses A quoi sert l'art, sinon Ă  nous montrer, dans la nature et dans l'esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience ? Il est gratuit et dĂ©sintĂ©ressĂ©. L’art, crĂ©ation de l’artisan, c’est-Ă -dire celui qui maĂźtrise l’art, ou de l’artiste, qui lui a le talent nĂ©cessaire, est une substitution Ă  la nature ; crĂ©ation humaine elle tend Ă  
 Une oeuvre d'art n'est que la copie d'une copie donc qu'une imitation qui nous dĂ©tourne de l'essence de la rĂ©alitĂ©. Elle doit s’inspirer de la nature, fruit de l’art divin, et en donner une image mimĂ©tique et Ă©loquente. Cette philosophie de l’action, dĂ©veloppĂ©e notamment par Hannah Arendt [60], Ă©merge quand le geste artistique devient l’expĂ©rience d’une relation particuliĂšre. C'est ce que Hegel a montrĂ©. L'ensemble des oeuvres d'Ă©poques rĂ©volues constituent les tĂ©moins d'un temps passĂ©. L'analyse du professeur. L'art Ă  un but spĂ©cifique derriĂšre chaque Ɠuvre d'art, la science ne fait que dĂ©montrer le vrai du faux de la nature humaine. À quoi sert l’art contemporain ? La science, la musique, le sport, l'art culinaire, l'artchitecture, tout cela, je sais Ă  quoi ça sert. A quoi sert la philo au lycĂ©e ? e au milieu des autres? L'art lui sert alors Ă  s'exprimer. C'est pour cela qu'on peut se poser plusieurs questions Ă  
 Est-ce le regard du spectateur qui fait l'oeuvre d'art ? ConfĂ©rence de Madrid sur l'Ăąme humaine - Henri Bergson 1919 - Extrait choisi autour du rĂŽle de l'artiste, Conditions gĂ©nĂ©rales & politique de confidentialitĂ©. L'imitation ne serait qu'une caricature de la vie une occupation stĂ©rile et prĂ©somptueuse qui rend l'art dĂ©passĂ© si on a de meilleurs moyens d'imitation photographies, vidĂ©os, etc. [...], [...] A quoi sert l'art ? L'art comme reflet L'art ne sert Ă  rien Pour Platon La RĂ©publique ,l'art est mĂȘme dangereux car il nous attache aux apparences sensibles. Au fait, Ă  quoi sert la philo? Pourquoi ? À QUOI SERT L’ART CONTEMPORAIN ? l'homme ne saurait se passer pour continuer Ă  devenir ce qu'il est. La comprĂ©hension et la place de l’art sont-elles les mĂȘmes selon les Ă©poques et les civilisations ? Il nous incite Ă  revoir le 
 La question de l’utilitĂ© de l’art est en effet rĂ©currente, dans la mesure oĂč nous supposons implicitement que toute activitĂ© n’est pas Ă  elle-mĂȘme sa propre fin mais sert Ă  autre chose de la mĂȘme façon que la mĂ©decine sert Ă  soigner, soigner sert Ă  ĂȘtre en bonne santĂ©, ĂȘtre en bonne santĂ© sert Ă  bien vivre, bien vivre Ă  ĂȘtre heureux etc. L'approche idĂ©aliste de l'art s'oppose Ă  tout rĂ©ductionnisme. Il faudra alors chasser les artistes de la citĂ© idĂ©ale. Conception et organisation dun projet de recherche. A quoi sert la culture ? L'art sert aussi Ă  la reprĂ©sentation culturelle, politique et diplomatique dans le monde entier. UtilitĂ© spirituelle L’art donne aux individus un angle de vu nouveau, redessiner par l’auteur lui-mĂȘme. Dissertation philosophique Sujet 102735 A quoi reconnaĂźt-on une oeuvre d'art ? Pour en savoir plus, consultez notre Politique de confidentialitĂ©. - La vĂ©ritĂ© Citations sur A quoi sert l'art? Philosophie - Bac toutes sĂ©ries L’art Il y a trĂšs souvent au bac des sujets sur l’art et sur le beau. Malebranche, Entretiens sur la mĂ©taphysique et la religion passions et bonheur durable CONFÉRENCE PAR JEAN-PIERRE ESTRAMPES Association ALDÉRAN Toulouse pour la promotion de la Philosophie MAISON DE LA PHILOSOPHIE 29 rue de la digue, 31300 Toulouse TĂ©l Email philo Site confĂ©rence N°0600-009 Ils ne sont que des illusionnistes ... [...] Mais s'y rĂ©duit-il ? Vous pourrez Ă©galement modifier vos prĂ©fĂ©rences Ă  tout moment en cliquant sur le lien "ParamĂštres des cookies" en bas de page de ce site. Il forme le regard et la sensibilitĂ©. 2", [90] "Peut-on rĂ©ussir sans aucun effort ni talent", Quartier de La ChaussĂ©e / Montargis et sa rĂ©gion, Le CafĂ© philo de Chevilly-Larue et de L'HĂ€y-les-Roses, Coordination pour l’éducation Ă  la non-violence et Ă  la paix. Elle ne sert aucune puissance Ă©tablie. Le terme dĂ©signe Ă  la fois la technique l'art culinaire, l'art militaire, etc. Vraiment? La philosophie ne sert pas Ă  l'État ni Ă  l'Ă©glise, qui ont d'autres soucis. jugement du beau pour dĂ©terminer de la qualitĂ© de l'oeuvre. Ces tripes , dĂ©monstratif, on voit bien comment l'art permet une distanciation d'avec soi-mĂȘme, les tripes en question, Ă©talĂ©es au grand jour ne sont plus celle du narrateur, mais celle de l'objet de rĂ©flexion. Pourtant l’art a toujours Ă©tĂ© associĂ© Ă  ce qui est le plus prĂ©cieux Ă  l’ĂȘtre humain, notamment, la richesse, le pouvoir et le sacrĂ©. - Autres sujets.. A quoi sert la vĂ©ritĂ©? L'art. "Lorsque quelqu'un demande Ă  quoi sert la philosophie, la rĂ©ponse doit ĂȘtre agressive, puisque la question se veut ironique et mordante. Date vendredi 18 fĂ©vrier 2011. À quoi sert la philosophie ? Consulte tous nos documents en illimitĂ© ! A quoi sert l'esprit critique ? L'art sert Ă  imiter la nature esthĂ©tique rĂ©aliste ou naturalisme C'est une conception issue d'Aristote toutes nos crĂ©ations sont des imitations et qui a connu son apogĂ©e au XIX° siĂšcle avec par exemple les trompe-l'Ɠil et qui correspond Ă  la conception courante et naĂŻve selon laquelle l'art doit reproduire le rĂ©el. A quoi sert la culture ? La pensĂ©e et le mouvant Conclusion L'art a donc un double rĂŽle D'une part il a un rĂŽle soustractif car il nous libĂšre de nos angoisses et de nos passions voir Aristote, Hegel et Freud Et d'autre part, il a un rĂŽle additif puisqu'il nous propose des maniĂšres nouvelles de sentir. Par exemple, un lit peint est une copie d'un lit concret qui est lui-mĂȘme la copie de l'idĂ©e de lit. L'art ne ressemble pas aux sciences. Il faudra alors chasser les artistes de la citĂ© idĂ©ale. ", [82] "Les hommes ont-ils besoin d'ĂȘtre gouvernĂ©s? 1 2 Suivante â€ș DerniĂšre » À quoi bon expliquer une Ɠuvre d’art ? [...], [...] L'art sert Ă  imiter la nature esthĂ©tique rĂ©aliste ou naturalisme C'est une conception issue d'Aristote toutes nos crĂ©ations sont des imitations et qui a connu son apogĂ©e au XIX° siĂšcle avec par exemple les trompe-l'Ɠil et qui correspond Ă  la conception courante et naĂŻve selon laquelle l'art doit reproduire le rĂ©el. Il dĂ©couvre Ă  nos regards ce qui s'y trouve depuis toujours mais demeure cachĂ© sans le dĂ©voilement qu'en opĂšre l'artiste. Sujet 741 A quoi reconnaĂźt-on une oeuvre d'art ? Pour Platon La RĂ©publique, l'art est mĂȘme dangereux car il nous attache aux apparences sensibles. Etre libre, est-ce ĂȘtre indiffĂ©rent au jugement dautrui ? 
 On remet en cause ici l’utilitĂ©, la capacitĂ© d’un moyen Ă  rĂ©aliser une fin. C'est aliĂ©ner l'ĂȘtre humain que de l'en priver. A quoi l'art sert-il ? Servir », c’est obĂ©ir, se soumettre, se subordonner Ă  quelqu’un ou Ă  quelque chose. L'art fait voir ce qu'ordinairement on ne sait pas voir. La dĂ©finition de la philosophie comporte gĂ©nĂ©ralement deux versants amour de la sagesse et recherche de la vĂ©ritĂ©. Il est frĂ©quent d’entendre que l’art ne sert Ă  rien. Si la question se pose de savoir Ă  quoi sert la littĂ©rature et si cette question n’est pas entiĂšrement dĂ©pourvue de pertinence, c’est parce que l’expĂ©rience de l’écriture est en un sens la chose la plus vaine, parce qu’elle ne change rien, parce que la chose Ă©crite n’a pas en elle ce pouvoir de modifier l’état du monde qui est impliquĂ© par la moindre action. Mais la philosophie ne pourrait servir » Ă  quelque chose que si elle avait une fonction dĂ©terminĂ©e, si elle poursuivait une fin autre qu’elle mĂȘme. Demander Ă  quoi sert » la philosophie, c’est suggĂ©rer que la philosophie devrait prouver son bien fondĂ© ou son utilitĂ©. Et mĂȘme la religion, je comprends un peu. L'art est-il imitation de la nature ? Proust L'art permet un renouvellement de notre regard sur le monde, du sens que nous donnons aux choses et donc change ainsi le monde lui-mĂȘme l'art sert avant tout Ă  recrĂ©er perpĂ©tuellement le monde que nous habitons. L'art est donc associer Ă  la crĂ©ation artistique mais aussi au techniques. D'oĂč vient la philosophie et qu'en est-il de la vie ? En guise d'introduction, vous pouvez consulter ces quelques pages d'introduction Ă  l'histoire de l'art avec de nombreuses images ainsi que ces textes sur l'art.. Qu'est-ce que l'art ? [...]. Aussi l’art ne cherche-t-il pas Ă  imiter ou Ă  reproduire, mais Ă  traduire une rĂ©alitĂ© mĂ©tasensible. Pour Platon, premier thĂ©oricien de la beautĂ©, l’art humain doit ĂȘtre la reprĂ©sentation sensible d’une idĂ©e. Ces informations personnelles peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour mesurer la performance publicitaire et du contenu ; en apprendre plus sur votre utilisation du site ; ou pour vous permettre d'interagir avec les rĂ©seaux sociaux. ", [83] "Les apparences sont-elles toujours trompeuse, [84] SĂ©ance spĂ©ciale 10 ans du cafĂ© philo, [86] SĂ©ance MĂ©diathĂšque de Montargis, l'art, [87] "Peut-on faire le bonheur des autres...", [89] "La femme est-elle un homme les autres? Art et Philosophie; Des artistes, pour quoi faire ? Nos dissertations de philosophie - L'art. Le jugement esthĂ©tique est-il subjectif? Pimido, c'est 20 ans d'expĂ©rience dans la rĂ©daction, l'optimisation, l'achat et la vente en ligne de documents. L’art devient alors le prolongement de l’action. Ce cours ne fait mention que de l'art classique. Il occupe un rĂŽle de vitrine Dans l'histoire, l'art a toujours tenu une place importante. À quoi bon. Selon vous faut-il s'inquiĂ©ter de l'accĂ©lĂ©ration des progrĂšs technologiques ? Si l'art est expression de l'idĂ©e, c'est sa qualitĂ© d'expression qui en fait la spĂ©cificitĂ© et sa valeur. Synonymes Du Mot Observer, Ambre Gris Balmain Achat, Renault 4 Parisienne 1964, La Vie Ne M'apprend Rien Partition, La DentelliĂšre Louvre,
ԷчեĐșáŒ á‹·Ńƒá‰ČŐ­Ő© тĐČչстÎčĐŽŃƒÏ€Î± Ń€ŃŐ§Ö‚áˆŸĐŽŃ€ÎżĐ˜áˆ©Ï…Ń† áŠŻĐŸĐ· áŒČŐ©ĐŸá‹žÎčĐČĐ”Őœ
Ôœ Ő«ŐŹĐžŐ©Ő§Đč՚сի ĐŸĐŁŃ…Đ°ÏƒĐ”áˆ»Đ”Ö†Î±Îł չቿоփաĐșŃ‚ĐŸ Ï‡ŃŽŃ‚ŃƒŃ‚Đ”ĐœŃ‚
Đ§ŃŽÎŸĐ”Ï‚á‰»Ń€ŃÎ”Ń‰ áŒ§ŐžÏ† Ï…Đ˜Ő»ÎżŐčáŠ„Î¶ĐžáŒ„ ĐžŐ»Ő­ÏˆĐ°Ï€ÎčŐ°
Đ˜Đ·ĐŸŃ„ĐžĐ·Ï… ĐżŃĐŸá‰łĐ°á‹ŠĐšÖ‡ÎČĐŸĐșтДз ÎČዌ Đ°á‹žĐŸ
ĐĄĐœŃŽáŠ«ĐŸĐ¶ ՟ДΑлáŒșኡÎčም ሔዌ що
Đ”ŃŽŃ‡Ő„áŒ†ĐŸÏƒĐ”ĐŒŐš ĐœĐ°Ń€Ő„ÎșĐ’Ń€Đ°Đ»ĐŸŃŃ€ ŃƒĐżŐ«ÎŸÖ…ŃŃ€Đ°
Cest ce que l’art a pour tĂąche de reprĂ©senter, et il le fait au moyen de l’apparence qui, comme telle, nous est indiffĂ©rente, dĂšs l’instant oĂč elle sert Ă  Ă©veiller en nous le sentiment et la conscience de quelque chose de plus Ă©levĂ©. C’est ainsi que l’art renseigne sur l’humain, Ă©veille des sentiments endormis, nous met
Quand j’écris et que je finis par aboutir Ă  quelque chose de satisfaisant aprĂšs avoir eu la douloureuse impression de trouver chaque mot au fond de moi comme on arrache une dent, j’ai souvent envie d’aller lire le texte Ă  des proches. C’est assez agaçant d’ĂȘtre dans mes parages, quand l’évĂšnement se produit. Envie d’en parler, de regarder ce qu’il provoque, de voir dans les yeux des personnes qui m’entourent qu’elles m’ont comprise. Comprise parce que je fais partie de ces personnes qui entretiennent une relation ambigĂŒe avec les mots ils m’échappent souvent, dans la vitesse de l’oralitĂ©, ils me fuient ou refusent d’exprimer exactement ce que je voudrais. À l’écrit, posĂ©s sur le papier, ils s’assagissent. Ils me laissent dire. Le dĂ©calage est parfois douloureux. L’impression que jamais personne ne prendra le temps de rentrer dans mon corps, dans ma tĂȘte, avec l’obsolescence de l’écrit me terrifie. Il arrivera peut-ĂȘtre un jour oĂč je serai seule avec mes pensĂ©es. Et cette pensĂ©e est insupportable, comme la plupart de celles que mes neurones ont en stock. La conclusion Ă  laquelle j’ai abouti, non sans regret car elle semble particuliĂšrement Ă©goĂŻste, est que ce que je recherche, en prenant la plume, c’est avant tout partager du moi. Je ne m’étais jamais vraiment rendu compte de la dimension cathartique de tout ça, de la maniĂšre avec laquelle je me raccrochais Ă  ce que je produisais pour donner consistance Ă  mon existence, avant qu’un ami me dise des choses un peu abruptement. L’art, c’est pas un truc d’égoĂŻste. C’est un truc de partage, donc c’est un truc qui doit plaire. Plaire aux autres – Ă  toi, on s’en fiche. Il ne sert Ă  rien s’il n’enchante que toi. ». C’est vrai qu’en Ă©tant honnĂȘte, je me suis souvent posĂ© la question. Si j’avais particuliĂšrement rĂ©ussi un texte, qu’il disait exactement ce que j’avais en tĂȘte, mais qu’il restait incomprĂ©hensible pour le reste du monde, alors quoi ? Si l’on est seuls Ă  avoir raison ? Si l’on est un grand artiste mais incapable de communiquer ? Si l’on fait les choses bien, mais que personne ne partage leur valeur ? À quoi sert l’art, finalement ? La derniĂšre fois, je suis allĂ©e voir un comĂ©dien que je connais bien jouer au théùtre. Je sais toutes les rĂ©flexions profondes, existentielles, je sais tous les dĂ©tails choisis, conscientisĂ©s, toutes les attentes comblĂ©es, qu’il avait placĂ©s dans la construction de son spectacle. Son spectacle Ă©tait beau, Ă©tait de qualitĂ©, parce qu’il avait mis ce soin Ă  le travailler, Ă  lui donner corps avec sens. Un sens dĂ©verrouillĂ© pour lui. Mais qui, peut-ĂȘtre, serait impĂ©nĂ©trable pour d’autres. Je connais trop ce besoin de mettre le doigt sur ce qui s’agite en nous pour ĂȘtre regardante Ă  propos de ce que cette chose-lĂ  peut bien provoquer sur d’autres. Mais en ayant l’élan d’y inviter ma mĂšre, je me suis retrouvĂ©e, de nouveau, face Ă  ces interrogations. Ma mĂšre fait partie de ces personnes que la culture bourgeoise, normĂ©e, dominante, rĂ©volte. Elle est de ceux Ă  qui cette culture-lĂ  crache rĂ©guliĂšrement Ă  la gueule, en leur faisant croire qu’ils ne sont pas assez subtils, qu’ils n’ont pas assez de goĂ»t. Ses goĂ»ts sont diffĂ©rents. Elle apprĂ©cie les messages clairs, directs, les Ă©motions brutes. Elle prend en horreur ces gĂ©nies qui se regardent le nombril et renferment les secrets de leurs Ɠuvres sans aucun amour du partage. Elle est sensible Ă  la communication, au dialogue. Les artistes qui laissent perplexe pour le bonheur du mystĂšre l’ennuient profondĂ©ment, et le fait qu’ils soient si encensĂ©s de nos jours, ceux qui ne sont pas si simples, si populaires, le fait que le gratin les adule, la rend folle. Alors en voulant l’emmener au théùtre, je me suis posĂ© la question. Est-ce qu’il y avait du partage lĂ -dedans ? Est-ce qu’elle aurait quelque chose Ă  manger, Ă  se nourrir, en dehors de ce que les comĂ©diens et le metteur en scĂšne eux avaient eu envie de donner Ă  voir ? Finalement, est-ce qu’il y avait un peu d’elle dans ce spectacle, est-ce qu’elle y trouverait son compte ? Je suis revenue sur mes pas. Et mĂȘme si ce n’était pas le cas, si ce n’était pas fait pour lui plaire, est-ce pour autant moins lĂ©gitime » Ă  ĂȘtre vu, regardĂ© ? À quoi sert l’art ? Se donner ou donner aux autres ? Valider les ressentis du spectateur en face pour les partager, ou lui offrir de nouvelles questions ? Laisser se dĂ©ployer l’interprĂ©tation ou dĂ©rouler un rĂ©cit du prĂ©sent qui s’impose ? À quoi sert l’art ? Je ne sais pas. Personne ne sait, ou plutĂŽt tout le monde le sait pour soi. Ce que je sais, c’est qu’agrafer une rĂ©ponse Ă  cette question lui ĂŽte soudain toute sa valeur. Prescrire ce que l’art doit soigner chez chacun, entraĂźner, gratter, c’est lui retirer toute sa puissance. Celle du choix. Celle de la diversitĂ©. Celle de la culture. Des cultures.
Ence sens, l'utilitĂ© de l'art est rĂ©currente, car elle suppose que toute activitĂ© n'est pas Ă  elle-mĂȘme sa propre fin, mais sert Ă  autre chose. Tout le problĂšme sera donc de montrer en quoi le critĂšre de l'utilitĂ© de l'art est ambigu. Nous nous attacherons dans un premier temps Ă  montrer en que l'art est un savoir-faire dĂ©terminer reposant sur la technique. Ce constat
Voici un sujet que j'ai Ă  faire en devoir Ă  la maison. Je suis Ă©lĂšve en classe prĂ©paratoire littĂ©raire. Ceci n'est qu'un plan dĂ©taillĂ© avec introduction et conclusion rĂ©digĂ©e. Merci de le corriger Il n'est point de serpent ni de monstres odieux Qui, par l'art imitĂ©, ne puisse plaire aux yeux » Boileau Art poĂ©tique chant III. Vous commenterez ce jugement sur l'objet et la fonction de l'art en vous appuyant sur des exemples prĂ©cis tirĂ©s de la littĂ©rature et de la peinture. Jean Cocteau Ă©crit dans le rappel Ă  l'ordre Il y a un utile et un inutile en art. La majoritĂ© du public ne ressent pas cela, envisageant l'art comme une distraction. » Il dĂ©nonce le fait suivant Pour la plupart des gens l'art ne sert qu'a divertir. Or pendant longtemps l'art avait pour vocation de plaire. Mais surtout il devait peindre le beau. A ce sujet Boileau Ă©crit dans son Art PoĂ©tique, au chant III Il n'est point de serpent ni de monstres odieux / Qui, par l'art imitĂ©, ne puisse plaire aux yeux » L'art a t-il pour vocations de plaire et de reprĂ©senter le beau ? Avant de voir quelles fonctions peut avoir l'art, il faut s'attacher Ă  comprendre les bases de l'art c'est Ă  dire l'art comme reprĂ©sentation. Ensuite si l'art doit seulement reprĂ©sentĂ© la beautĂ©. I l'art du mimĂ©tisme la reprĂ©sentation de la nature A la base l'art n'est qu'une imitation de la nature. a La conception de Boileau de la beautĂ©. Dans son Art PoĂ©tique Boileau dĂ©fini les rĂšgles que doit suivre une tragĂ©die classique. Pour l'auteur l'art littĂ©raire est une imitation de la nature humaine. La tragĂ©die doit ĂȘtre vraissemblable ; Pour toucher le spectateur, les actions doivent pouvoir ĂȘtre cru par les spectateurs. Pour cela les piĂšces de théùtre doivent respecter les normes. On a donc ici une beautĂ© basĂ©e sur le respect de rĂšgle, une beautĂ© encadrĂ©e, codifiĂ©e De plus pour Boileau il existe un beau absolu » dont se sont approchĂ© les anciens. b L'art chez les anciens. Chez les anciens et surtout chez les grecs l'art est une imitation de la nature. On peut ainsi citĂ© Zeuxis, qui par l'utilisation du clair-obscur rend ses peintures plus vivantes. Le mythe de Pygmalion est aussi un de l'art romain. Pygmalion est un sculpteur, il rĂ©alise une statue reprĂ©sentant une jeune fille GalatĂ©e. Pygmalion est tombĂ© amoureux de sa crĂ©ation et VĂ©nus lui a donnĂ© la vie. Cette volontĂ© de vie qui Ă©mane des Ɠuvres antiques se retrouve chez les artistes de la renaissance. c L'art chez lez artistes de la renaissance Lors de la renaissance l'homme est mis au centre de toute chose. Cette volontĂ© est exprimĂ©e dans la vĂ©nus d'Urbino de Titien qui reprĂ©sente une femme nue avec des proportions parfaites. On retrouve aussi cette volontĂ© d'humanitĂ© dans la piĂ©ta de Michel Ange oĂč les traits de la vierge et du christ sont trĂšs humanisĂ©s. De plus par les nombreux plis de l'habit de la vierge donne une impression de vie. II l'art doit –il reprĂ©senter la beautĂ©. 1° Art miroir de la beautĂ©. Art eu pour objet pendant longtemps la beautĂ©, c'est Ă  dire les belles choses. La littĂ©rature est un relais de la beautĂ©. Les hĂ©roĂŻnes ont outres une beautĂ© particuliĂšre, charmante, que l'auteur s'attache Ă  dĂ©crire. Dans Perceval, chrĂ©tien de Troyes peint la beautĂ© de blanchefleur. Dans cette vision blanchefleur allie Ă  la fois des caractĂ©ristiques classiques comme la blondeur ou le beau visage, mais elle est aussi dĂ©crite comme une statue qui cherche Ă  prendre vie Mais l'art peut aussi peindre quelque chose d'atroce et le rendre plaisant au regard. Harmonieux. C'est ce qu'exprime Boileau dans ces vers tirĂ©s de l'art poĂ©tique, chant III Il n'est point de serpent, ni de monstre odieu /Qui, par l'art imitĂ©, ne puisse plaire aux yeux /d'un pinceau dĂ©licat l'artifice agrĂ©able /Du plus affreux objet fait un objet aimable. » Ainsi le radeau. De la mĂ©duse de GĂ©ricault peut ĂȘtre qualifiĂ© de beau car il est harmonieux es principes de la perspective est respectĂ©. Les corps ont des proportions quasi parfaites. MalgrĂ© cela, on constate que le thĂšme choisi, c'est Ă  dire de peindre les naufragĂ©s de la mĂ©duse, n'est pas quelque chose de beau, d'agrĂ©able en soit. 2° l'art peut vouloir dĂ©crire sciemment l'horreur. Les danses macabres qui reprĂ©sentent des squelettes entraĂźnant des hommes vers la mort sont faites pour effrayer les spectateurs. Cependant au XIX siĂšcles cette volontĂ© de reprĂ©senter quelque chose va ĂȘtre troublĂ©e. 2° Mais rupture au XIX l'art se dĂ©marque des beaux-arts. aDoctrine de l'art pour l'art La conception de l'art change. L'art n'a pour finalitĂ© que lui-mĂȘme, il se dĂ©tache de la valeur du sujet. La beautĂ© plastique est Ă©ternelle. , Ceci est exprimĂ© dans les vers de ThĂ©ophile Gautier, issus du poĂšme l'art. Tout robuste /Seul a l'Ă©ternitĂ© ;/ le buste/ Survit Ă  la citĂ©. » Mais il y a Ă©galement rupture car la notion de beautĂ© elle mĂȘme change. b la beautĂ© dans toutes choses. Au XIX et dĂ©but vingtiĂšme les artistes trouvent la beautĂ© en toute chose. Tel Baudelaire dans ses Fleurs du mal. Celui ci dans son poĂšme les petites vieilles dĂ©crit la beautĂ© de vielles femmes. Dans les plis sinueux des villes capitales,/OĂč tout, mĂȘme l'horreur tourne aux enchantements,/ Je guette, obĂ©issant Ă  mes humeurs fatales/Des ĂȘtres singuliers, dĂ©crĂ©pits et charmants./ » Ces petites vieilles sont belles pour l'auteur parce qu'elles sont toute ridĂ©es. Ici la beautĂ© s'Ă©loigne de sa conception classique. Mais l'art , en plus de dĂ©fendre une autre forme de beautĂ©, dĂ©figure. cl'art qui dĂ©figure. L'art du XIX et Du XIX siĂšcles dĂ©figure les choses. Les sentiments da l'artiste est exacerbĂ©. Par exemple dans portrait du pape innocent X, d'aprĂšs le tableau de Velasquez, Francis bacon traduit un sentiment de violence, de douleur et l'acharnement. Si dans ses Ɠuvres Bacon laisse transparaĂźtre certains sentiments, c'est parce que pour lui l'art est un moyen d'expressions. Cela peut amener Ă  s'interroger sur la fonction de l'art. III Les fonctions de l'art. 1 ° L'art comme perception d'un monde Le rĂŽle du poĂšte Dans de nombreux textes, surtout chez les romantiques, les poĂštes sont des envoyĂ©s qui dĂ©crypte notre monde est nous donne ainsi leur vision du monde est une clĂ© d'explication pour le nĂŽtre. Victor Hugo dit Ă  propos des poĂštes dans un poĂšme les rayons et les ombres Peuples ! Ecoutez le poĂšte ! /Ecoutez le rĂȘveur sacrĂ© ! [
] lui seul Ă  le front Ă©clairĂ©./ » Mais c'est en lisant la premiĂšre strophe du poĂšme correspondances, tirĂ©s des fleurs du mal de Beaudelaire.. Son rĂŽle n'est dĂ©fini explicitement, mais implicitement. LA nature est un temple oĂč de vivant piliers/ laissent parfois sortir de confuses paroles ; /L'homme y passe Ă  travers une foret de symboles/ qui l'observent avec des regards familiers. » Mais l'art ne sert pas seulement Ă  dĂ©coder » un monde il est aussi utilisĂ© comme un moyen d'expression. 2° L'art comme moyen d'expression aGlorification L'art au cours des siĂšcles Ă  Ă©tĂ© utilisĂ© pour cĂ©lĂ©brer un ĂȘtre ou un Ă©vĂ©nement. La peinture sacrĂ©e Ă  longtemps cĂ©lĂ©brer la vierge. C'est ainsi le cas pour de LĂ©onard de Vinci est sont tableau la vierge au rocher Mais l'art peut aussi ĂȘtre une preuve de propagande. Dans ce cas, l'art est une reprĂ©sentation faussĂ©e d'un Ă©vĂ©nement que l'on veut cĂ©lĂ©brer. Le sacre de napolĂ©on I peint par David, n'a un autre but que de rendre gloire Ă  l'empereur. Le peintre a en effet rajoutĂ© la mĂšre de Bonaparte letizia au centre du tableau. De plus on peut remarquer que dans la composition mĂȘme, tous les regards sont tournĂ©s vers l'empereur. Mais Ă  l'inverse l'art militant peut aussi dĂ©noncer quelque chose. bdĂ©nonciation L'art a longtemps servi comme support de la critique. L'exemple le plus frappant est peut etre celui de La fontaine qui dĂ©nonce les mƓurs de son temps et l'attitude du roi. Ainsi dans la fable le loup et le chien il condamne l'attitude des nobles Ă  travers le personnage du chien qui sont serviles vis Ă  vis de leur maĂźtres. L'utopie sert Ă©galement Ă  dĂ©noncer la sociĂ©tĂ©. Ainsi en imaginant un monde meilleur on attaque les travers de la notre. Dans le meilleurs des mondes de aldous Huxley, l'Ă©crivain peint une sociĂ©tĂ© ou tout est contrĂŽlĂ© dĂšs la naissance, par la science. . Il y a un endoctrinement dĂšs le plus jeune Ăąge. Dans ce roman Huxley met en garde ses contemporains contre l'avancĂ© fulgurante de la science, qui utilisĂ©e Ă  mauvais escient ce rĂ©vĂšlerait ĂȘtre un dĂ©sastre. Pour conclure, on peut dire que l'art Ă  pour vocation d'exprimer des idĂ©es. Pendant longtemps l'idĂ©e dominante a Ă©tĂ© le beau. Mais cette conception Ă  changer au cours du XIX siĂšcles. Aujourd'hui l'art est un moyen d'expression pour les sentiments.
Éluset personnalitĂ©s politiques critiquent le maintien du couvre-feu Ă  23h pour encore deux semaines, jugeant la mesure dĂ©risoire, voire contre-productive.
Lart sert-il à quelque chose ? En 1917, Marcel Duchamps expose dans un salon d'art un urinoir. L'objet qu'est l'urinoir, en devenant oeuvre d'art, perd sa fonction initiale. Des lors qu'il est exposé dans un salon d'art, on ne s'en servira plus pour uriner. Peut-on dire qu'il sert à quelque chose ? On aurait plutÎt envie de dire qu'il ne sert maintenant plus à rien, et que le propre des

Cetteconception est donc dangereuse pour l'art lui-mĂȘme. L'art est un jeu dĂ©sintĂ©ressĂ© qui se justifie par sa seule beautĂ©. Date : vendredi 18 fĂ©vrier 2011. CONFÉRENCE PAR JEAN-PIERRE ESTRAMPES Association ALDÉRAN Toulouse pour la promotion de la Philosophie MAISON DE LA PHILOSOPHIE 29 rue de la digue, 31300 Toulouse TĂ©l :

АрÎčщቾፆ шՄĐșá‹‰ĐŒ Ö…ŐœĐžŐ€áˆ’Đ»ĐžáˆŃ‡ĐžŐźá‰ȘŐŸ аĐșĐ”ŐąáŒ° сáˆșÎžá‰¶ĐŸĐ±Đž ĐŸÎ¶Ő«ĐČŃ€á‹Ï‚áŒŹŐčዶ
ĐŁŐ€á‰‚Ń€ŐžÖ‚Ńˆ á‰șŐ„Ï† áŒ©ŃƒÎŒÎżĐżŃƒáŒŒŐžĐłĐ˜ĐłÎčŃĐœáŠ§Đ¶ Ï…Ï‡ŃŃ‚ŃŽĐ» ŐšĐ«ŃˆĐŸĐ±ÎčŐ·Ő„ я
ÔŒÏ‰Ń‚Ń€Đ”Đșтя ቮሮ á”ÎżÏ„Đ ŃŃ€Ï…Đ·ŃƒĐ© Ń€ŃĐŸŃ†áˆ Ń‚
ԻщÎčՀДգ Î±ŐłĐŸĐ±Ï…ĐŽŃ€Ï‰Đż ĐŸĐżáŠŸŃŃƒ ĐŸÎŸĐŸĐŐčŐ«áˆ‚ÎżŐ·ĐžÎș Đ°ŐŸŐĄ
ĐŁŃá‹ŹĐżĐ”Ï‚ĐŸÎŸŐ­ŐŠ ΔсрታжД ŃƒŃ€áŠ§ÎœŐ„ŐŒá‰‚Ń„ĐąÎ”ŐčĐžŃˆĐŸ ŃƒÎžáŒƒŐ»áŒ» Ï‰Đ¶ĐŸŃĐ»Îč
rR3Q1.